CHAPITRE VI
:«ment diles, à celles qui soniblenl naîtrpsous l'influence d'un simple efïorl inlellectuel du malade, lequel entend ou voil ce qu'il désire, avec autant de facilité qu'un individu normal peul ae représenter mentalement tel ou tel objet, tel ou tel son.
Mais, avant de citer des observarions, je désire une dernière fois bien préciser ce que j'entends par hallucinalions volontaires.
Si tani est qu'un acte volontaire puisse exister, nous ne pourrions le concevoir que comme précédé de la délibération et suivie de l'exécution; la volonté proprement dite consislanl à faire passer la délibération à l'élat d'exécution.
Or, si d'une part nous avons conscience que la volonté ne saurait exister, la délibération étant absente, il n'en est pas moins vrai que nous voyons celle ci varier à l'infini, comme durée et comme profondeur suivant les cas. De même pour l'exécution, elle est indispensable pour témoigner que nous jouissons du libre exercice de notre volonté, mais elle offre des degrés très divers dans sa perfection.
Un acte parfaitement et idéalement soumis à l'empire de la volonté, serait celui que l'on pourrait commencer, finir, interrompre, modifier, continuer par un simple effort cérébral ; cependant, l'on s'accorde aujourd'hui à reconnaître pour volontaire, tout acte délibéré, ayant déjà subi un commencement d'exécution.
Un malade qui aura une hallucination après une délibération plus au moins longue, et, quelle que soit ensuite l'influence de volonté sur ce phénomène, sera toujours reconnu par un halluciné volontaire.
Nous avons déjà dit que l'hallucination, pas plus que la représentation mentale ou que la perception, ne saurait se produire sous l'influence directe de la volonté. Dès lors, ne reconnaissant qu'un r61e médiat h la volonté, nous pouvions désigner sous le nom d'hallucinations volontaires, toutes celles dont nous venons de parler, et en particulier celles qui se produisent d'une façon toute mécanique, chez les malades se trouvant déjà sous l'empire de l'état hallucinatoire. Non seulement, en effet, dans
HALLUCINATIONS VOLONTAinES
ces cas-là. la volonté a un pouvoir indirect sur la production des hallucinalions, mais encore les malades peuvent oublier complf-tement les moyens employés pour atteindre le but.
Habitués à voir toujours les mêmes causes suivies des uiémes eiîpls. nous finissons parfois par user d'une façon lout à fait auloiiialique, de moyens donnés, pour atteindre un but; la délibération pour employer ces moyens est presque nulle, l'exécution presque inconsciente, et ce que nous voulons en réalité, c'est ta lin et non les moyens.
Mais nous n'avons pas voulu que l'on puisse nous reprocher de nous écarter par trop de la façon dont procèdent ordinaireinenl la mémoire et l'imagination ; jwws déclarerons donc, comme hallitcinations volontaires, celles par lesqrielles un individu peut voir un objet ou entendre un son avec autant de facilité gu'un homme normal se représente mentakment ce son ou cet objet.
Pour chaque observation, nous prendrons soin de noter si :
Cette faculté est constante, ou ne se présente qu'à certaines périodes ;
La sensation est égale ou inférieure à la réalité ;
Le sujet peut, dans le cours de son hallucination, l'arrêter ou la modifier ;
Quel est le degré de croyance, en la réalité de l'objet perçu ;
S'il existe en même temps des illusions volontaires ;
Si, enfin, cbex le même malade, dans les périodes où l'état hallucinatoire semble moins développé, la représentation mentale est normale.
Bodin (') nous raconte que Jeanne Hervillier voyait le diable
toutes les fois qu'elle le voulait; le peintre Blaké(') évoquait les
fantômes des rois et les faisait poser devant lui; HolTniann,
quand il composait, se fanlosmotisail à volonté. Enfin, Jérôme
^^^■Rrdan voyait ce qu'il voulait et lorsqu'il le voulait.
^^^fef^uoique nous jugions l'opinion de ce dernier comme tout à
^^^n insuffisante pour nous prouver l'existence des hallucinations .
Ï^Bnipni, Dëmonomanie, Paris iSSiJ.
jrStMe eticyclop. 1830. L-ouise Bellec.
er comme tout à les hallucinations -