QUELQUES NOTES SUR LES HALLUCINATIONS
porté l'idée fixe, rhallucination, le penchant irrésistible, la vo lonté pervertie, etc., mais il a toujours existé.
QuVt-on voulu dire en déclarant que l'hallucination « n'est presque pas autre chose que le résultat un peu forcé d'un acte normal de l'intelligence ».
En est-elle moins pour cela un phénomène pathologique? N'en est-il pas de même de toutes les autres anomalies intellectuelles? Ne peut-on dire d'une idée fixe qu'elle n'est presque pas autre chose qu'une conviction ordinaire un peu forcée? Exemple: une mère apprend que son fils vient de se noyer : sa tète s'égare. Peu après on amène devant-elle son fils que sur un faux renseignement on avait cru mort. La mère n'en persiste pas moins à le croire mort. Le témoignage de ses sens, les efforts de ses amis sont impuissants pour la dissuader.
Une pareille manière de voir ne tend-elle pas à confondre, à supprimer toute ligne de démarcation entre deux choses essentiellement distinctes. La santé et la maladie, le délire et la raison, le rêve et l'état de veille?