‹ Les hallucinations volontaires (l'état hallucinatoire)Chapitre 6 sur 29 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

il rhacun d'inix aux [ails pnmilifs géiiL'taU^urs communs

'un et de l'autre.

lur cein, force nous est de remonter jusqu'à l'origine

e de la formation des idées, cette élude étant la seule

nous peniiette d'asseoir sur une base sérieuse nos recher-

postérieures.

Ce qu'on ne saurait nier, disait Delasiauve (I) c'est que et quel qu'il' soit, nous avons en nous, un vaste inagaouverl aux idées, qu'elles s'y accumulent avec un cerordre, de manière à s'éveiller ou à se correspondre par des ailinilés ou des oppositions et que là, soit qu'il aille les chercher, soit que sponlaiiément elles s'offrent a lui sous une insrigalton étrangère, le nini les retrouve plus ou moins nettes, abondantes ou rebelles, pour le besoin des opérations mentales, ii

Ce vaste magasin ouvert aux sensations et aux idées qui en dérivent nous est aujourd'hui connu en grande partie. Il est formé tout d'abord des centres de la fonction du langage : centre de la mémoire motrice de l'articulation, de la , inéinoTTé "motrice graphique, de la mémoire visuelle des mots et. de la mémoire auditive des mots. Il se compose ensuite des aulres localisations moins précises du cerveau sensitif, (sensibilité tactile, sensibilité générale, centre visuel commun, centre auditif commun, centre olfactif etc.). Enfin, il renferme le cerveau intellectuel, malheureusement le moins bien connu de lous. C'est, là que les idées acquièrent ce nouveau pouvoir de s'éveiller et de se correspondre par alliaité et par opposition, c'est là que les sensations viennent s'associer entre elles pour former l'idée.

Ceci posé : 1" Reconnaissance de la É'e'usation comme fait primordial ;

2" Existence de divers centres sensitifs indépendants.

\ 3" Faculté d'association des diverses sensations et des idées

qui eu découlent ; voyons comment se développe l'idée.

tlj'exemple classique est celui cité par Cbarcot, celui de la clop DEL.S1

(. 2>sychol. 1833.

PORHATion vn "L'iatË 99

che el de l'eiifanl; nous le reproduisons, loul en taisant rfr marquer qu'avec un olijel quelconque, la déiiioiisIraLîon sérail la même.

Supposons donc une cloche qui résonne pour la première fois à l'oreille d'un enfant,. Les vibrations sont Iransaiisei par l'intermédiaire du nerf sensoriel jusqu'au centre'auditU commun. Les cellules de ce centre sont dès lors fonctionîi nellement différenciées et elles le seront d'autani plus, l'empreinte qu'elles auront reçit sera d'autant plus profonde^ d'autant plus durable, que la sensation aura été plus forte ou plus souvent renouvelée.

Dès loi's, l'eufant a eu la perception et a le souvenir d'uni son et rien de plus. Mais qu'il se passe ensuite pour la vue, puis pour le toucher, ce que nous avons vu se passeï pour l'ouïe, el l'enfanl associant les unes aux autres, les images auditives, visuelles et tactiles, les centralisera pouf en faire une idée unique, l'idée de cloche. L'associatioa sera dès lors assez intense, pour que l'une seule de cea images apparaissant, elle fasse surgir les autres.

Certes, il est difficile par l'observation directe, de se rendre compte de la façon précise dont l'enfant emmagasiné ces diverses sensations, plusieurs sens étant le plus souvent impressionnés en même temps. Cependant, en observant de, près l'enfant en bas âge, l'on verra qu'il cherche toujours à isoler ces diverses impressions, à soumettre un objet suc^ cessivement à l'épreuve di; ces divers sens. Il fait involontairement ce que fait de parti pris, un médecin qui examine son malade, il regarde, il palpe, il percute, et souvent, lorsqu'il a soumis un objet ii cet examen, celui-ci n'offrant plus aucun intérêt, il le rejette.

Plus avancé en âge, il veut Irunsmellre au dehors les idées qu'il a emmagasinées pendant de longs mois ; dès lorsune nouvelle fonction se développe, la fonction du laogage : « Les idées, dit M. Séglas. ont désormais une élt quette, et cette étiquette, c'est le mot. »

On a prononcé plusieurs fois devant lui le mot clocbO; r ^ lui nionli'aul l'objet, les cellules de sa iuénioii'e au

fîSAPlTHB PREMIEH

S mots se sont différenciées et à préscnl. celle image audi- Htc du mot associée h l'image coucréle de l'objet, déjà acquise, ne fera plus qu'un avec elle.

Il connaît, il comprend le mot cloche, il va chercher îi le prononcer. Après quelques tJllonuemeiils, il (luira par graver dans le centre de sa mémoire d'articulation des mois, les mouvements appropriés k la prononciation de cloche et cette iiuage viendra, elle aussi, s'associer aux images déjà acquises.

Si on lui apprend à écrire, après un long apprentissage, les cellules de son centre de mémoire graphique seront différenciées à leur tour, par suite de la répartition des mouvements coordonnés de la main. Il écrira d'abord en copiant et puis enfin sous la dictée.

En résumé, nous voyous l'idée puiser son origine dans la sensatiou et se former d'un coniple.\us d'images mentales, le mot auxiliaire et étiquette de l'idée se former, lui aussi, par le même procédé ; enfin les diverses images qui composent l'idée comme celles qui composent le mot, s'associer ensemble de la façon la plus intime.

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