LA DAME
Je passais... J'aperçois du raonde, je cours, je descends et je vois monsieur qui ramenait cette pauvre
chère dame dans son bateau. [Tout le inonde se tourne vers le sauveteur.)
LE SAUVETEUR
Oui, monsieur, c'est moi qui suis le sauveteur. Jean Perrin. marinier. Cette dame a eu de la chance que j'aie été là avec mon bateau... Quand je Tai accrochée avec ma gaffe, elle allait disparaître. Je n'ai écouté que mon courage : moi, j'aime rendre service au monde.
PIIiRRB
Enfin, elle n'a rien ?
LA DAMR
Rien, grâce à un miracle.
PIERRE, timidement, à lui-même, A- Pourquoi la ramène-t-on ici, puisqu'elle n'a rien ?
BROCHOT, au sauveteur. Monsieur, vous êtes un de ces héros obscurs qu'on n'honore jias assez. Permettez-moi de vous serrer la main.
LE SAUVETEUR
Si ça vous fait plaisir.
LE MONSIEUR
Moi aussi.
BUOCHOT
Et moi encore une fois.
LE SAUVETEUR
C'est vous le monsieur de la petite dame ?
BROCHOT, un soupir.
Hélas, non. [Désipiant Pierre.) C'est monsieur.
LE MONSIEUR, à Pierre, qui était à f écart .
Mon cher, vous manquez de tenue. Allez le remercier.
PlEiiRK, faiblement.
Mais... elle... elle ne... Nous étions séparés.
LE MONSIEUR et TOUT LE MONDE
C'est révoltant !
ISABELLE, révoltée.
Comment ! vous vivez cinq ans avec une femme ; par vos mauvais procédés, vous la conduisez au suicide, et lorsqu'on vous ramène votre victime, c'est tout ce que vous trouvez à dire à son sauveteur I
Tu es un galant homme. Ne l'oublie pas... Va le remercier.
PIERRE, résigné.
J'y vais... {Au sauveteur.) Je vous remercie, monsieur. (// lui serre la main.)
LE SAUVETEUR
A votre service. (// tend la main.)
LE MONSIEUR, bas, à Pierre.
Il faut lui donner une récompense.
ISABELLE
Il me semble que c'est la moindre des choses.
PIERRE
Ah !... Il faut!... (// re^'ient et donne vingt francs au sauveteur.)
LE SAUVETEUR, faisant sauter la pièce dans sa main. C'est pas lourd...
PIE 1! RE
Mais...