‹ Les hannetons; comédie en trois actesChapitre 6 sur 33 · PIE RUE · texte numérisé non relu

PIE RUE

Il y a ici une quantité de livres instructifs... Couperaoi des petites bandes de papier gommé, je n'en ai bientôt plus.

CHARLOTTE

Je m'ennuie... Je pense, je pense, alors je m'ennuie.

PIERRE

Plains-toi, tu es rentière, [[l bourre une pipe.)

CHARLOTTE

Écoute... J'ai réfléchi à quelque chose, tantôt, toute seule.

PIERRE

Tu vois : tu as réfléchi. C'est excellent cela. A quoi as-tu réfléchi ?

1 CHARLOTTE

Tu devrais t'habituer à ne plus fumer.

PIERRE

Tu crois} [Naturellement.) Passe-moi donc les allumettes.

CHARLOTTE

Non.

PIERRE

Passe-moi les allumettes.

CHARLOTTE

Non... Voyons, quand ce ne serait que pour Isabelle. La pipe!...

PIERRE

Allons ! Je fais ce sacrifice à Isabelle.

CHARLOTTE

Tii lie l'an ais pas fait pour moi : je te remercie.

PIERRE

Tu es jalouse?

CHARLOTTE

C'est mon affaire.

Nf te fâche pas. Je t'ai cédé. Au fond, tu désirais siin|)leiiient me commander, m'interdire quelque chose.

CHARLOTTE

C'est pour ton bien.

PIERRE

iSon. C'est comme lorsque tu me mets, de force, des morceaux dans mon assiette. Ce n'est pas pour que je mange davantage, c'est pour te prouvera toimême le pouvoir que tu as sur moi... J'attends mon papier gommé...

CHARLOTTE

Voilà... {Un petits lence.) J'ai encore réfléchi à autre chose, cet après-midi.

PIERRE

Tu me fais peur.

CHARLOTTE

Tu ne m'aimes plus.

PIERRE

Bah!

CHARLOTTE

Tu m'aimes, si .tu veux, mais tu ne m'estimes pas.

12 LES HANNRTONS

piKiiniî Qu'est-ce qui te fait croire cela?

Tu ne me parles jamais de ta famille.

PIKRHE

En quoi ma famille peut elle t'intéresser ?

CHARLOTTE

Tu aimes bien ton père, n'est-ce pas ?

PIERRE

Gomme un fils.

CHARLOTTE

Et ta raère? Ce doit être une sainte femme, dis?

PIERRE

Si tu continues, j'allume ma pipe.

CHARLOTTE

Je te comprends. Je ne suis pas digne de parler

d'elle.

PIERRE

Mais si, mais si... Ah ' voilà deux nouveaux types de plus dans ma collection... avec des belles étiquettes écrites par ma petite Charlotte, qui est bien gentille et que j'adore, quoiqu'elle fasse bien malles chiffres... Je t'adore... tu sais... tu as tes petits défauts, comme tout le monde, mais je suis bien heureux avec toi... Et toi, es-tu heureuse ?...

CHARLOTTE

Je voudrais connaître ta mère.

PIERRE

Sois juste, mon petit ange. Est-ce que je t'ai jamais

manifesté le ^ésir de connaître la tienne? Non ? Alors, imite ma discrétion. i^On frappe à la porte de gauche.^

CHARLOTTE

C'est Isabelle. [El'e va ouvrir. Entre Isabelle, vingtdeux ans. Charlotte l'embrasse. La toilette d'Isabelle est élégante, sans être tapageuse.)

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