ÉSAÏE, IX
laissant ses fruits; ôtez à toute verlu sa souffrance en lui laissant sa douceur; ôtez à l'amour ses épreuves , victorieusement subies sur terre , et désormais inutiles aussi bien qu'impossibles au ciel ; ôtez surtout, ôtez avant tout le péché, le mal intérieur y de sorte qu'au dehors il n'y ait » plus de mal; alors, quels que puissent être les changements apportés à la partie muable de la nature humaine, ses immuables attributs conservés, agrandis et sanctifiés, la suivent dans une existence bien différente sans doute de celle que nous connaissons ici-bas , mais moins différente cependant qu'on ne l'imagine quelquefois ; une existence où l'amour, la science et le travail, mais l'amour sans souillure ni combat, la science sans aspérités ni erreurs , le travail sans sueur ni dégoût , forment sans nul doute le côté humain de cette vie éternelle dont le côté divin doit rester caché jusqu'au jour des grandes surprises de la résurrection.
Si notre lecteur nous a suivi aveç quelque
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attention jusqu'ici, nous avons encore h lui dire, a\ec une tendre sollicitude, qqe les récompenses glorieuses et miséricordieuses de l'Église triomphant avec son chef, ne sont promises qn'à l'Élise militant dans l'Esprit de son chef. Nous croirons donc n'avoir pas assez fait pour nqtre lecteur, si la conquête de la croix n'est écrite $n vivants caractères dans son propre cœur. C'est là, après tout, ce qui lui importe ; c'est ^ssi le grand but que nous avions en vue dès \ql première ligne, et auquel devaient servir ftftf spéculation»
apparence les plus sèphe§. Bfal^dç gnéri , pn d» moins eonyalescent, rempli de gwtttntle envers le Médecin suprême, et de sympathie pour cens qui souffrent encore loin de Lui , nous avons vouln» en décrivant, en analysant le remède, le f§ire désirer avec ardeur et prendre avec courage. Si Ton accepte nos arguments sans mettre nos avis en pratique, si l'on croit assez pour adhérer, mais pas assez pour prier, mais pas ^ssez pour agir, on aura fait en vain toute cette pénible route, Si, au contraire, quelque âme, fati-
LA CROli tRlOtiPËANtfe. 255
guéfe d'ombres et avide de réalités, brisée de doutes et soupirant après là certitude, essaye par mi sèul regard vers la fcroix, pâr uti seul cri, un seul élan, un seul vœu, d'invoquer la divine miséricorde , le salut est tout près ; qu'elle persévère, et dans ce nouveau triomphe de la croix elle assurera son propre triomphe.
Notre tâche est terminée. Nous savons par qui, pour qui, et pourquoi, fut élevée au Calvaire la croix du Rédempteur. Nous en avons constaté la divine nécessité , contemplé l'angélique beauté, savouré l'humaine bonté. Les ennemis de Jésus- Christ, avoués ou masqués, ses rivaux, audacieux ou timides, ont été signalés. Son triomphe, sur terre, dans chaque âme sauvée, au ciel, dans l'ordre final, couronne à nos regards les merveilleuses grandeurs de sa divinité, et devient le magnifique salaire de son humanité. Le Dieuhomme est glorifié.
Puissent les harmonies de sa croix s'emparer
des cœurs, frapper les nouvelles générations qui s'avancent, et remplir notre siècle des divins échos dont elles rempliront les siècles éternels !
NOTE A (voir page 49).
Il est facile de voir que le sens du mot justice a été restreint ici, la nature de l'argumentation n'exigeant pas la plénitude absolue de signification qu'il comporte. H ne s'agit pas, en effet, de la face qui porte récompense, mais de celle qui porte punition. Inutile d'examiner de quelle manière serait placé l'innocent devant la justice pure ; l'homme n'est plus innocent.
NOTE B (voir page 52).
Le mot ange s'applique aussi bien, il est vrai, aux esprits des ténèbres qu'aux habitants des deux, dans la théologie biblique surtout. Mais l'usage général de la langue en réserve l'application aux bienheureux. On dit un ange de douceur, des vertus angéliques, etc. Tout ce chapitre traite donc exclusivement de l'influence de la rédemption sur les anges du ciel.