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CHAPITRE V

Théorie de la gamme. — Gamme chromatique , gamme diatonique, gamme majeure , gamme mineure. — Dièse , bémol , bécarre , comma , tempérament, battements et dissonnances. — Le diapason, ses variations suivant les divers pays et les diverses époques. — Diapason normal. — Étendue de la voix humaine. — Découverte importante intéressant ia musique ancienne. — Invention et formation de la gamme actuelle. — Différentes gammes chez les diverses nations. — Y a-t-il une gamme naturelle? — La mélodie. — Chose curieuse à noter. — L'harmonie dans les temps modernes et dans l'antiquité.

Bien que la théorie de la science musicale n'entre pas d'une manière spéciale dans cet ouvrage , nous ne pouvons nous empêcher d'en dire quelques mots ici.

Les sons musicaux , depuis le plus grave jusqu'au plus aigu 9 peuvent être partagés, mesurés; la gamme peut être regardée comme leur unité de mesure. Elle comprend une série de sept sons qui se succèdent, en allant du grave à l'aigu, et qui sont compris entre deux sons extrêmes.

dont le plus aigu, nous Tavons vu précédemment, est produit par le double du nombre des vibrations du plus grave. Le son le plus grave est le premier de la série , le son le plus aigu le huitième : c'est ce que Ton exprime en disant qu'ils sont à Toclave Tun de l'autre ; le premier est Toctave grave, le second l'octave aiguë. Il est évident que la gravité ou Tacuité des sons n'est que relative : tel son, grave comparativement à un autre , peut être aigu par rapport à un troisième.

Les sons se reproduisant dans le même ordre par périodes de sept; chaque période est désignée sous le nom de gamme, et les sept sons ou notes de chaque gamme, par les noms ut, ré y mij fa, sol y la, si.

<( Chez tous les peuples anciens qui eurent une notation musicale, dit Fétis, les éléments de cette notation ont été tirés de l'alphabet de la langue du pays : tel fut le point de départ dans les notations de l'Inde, de la Perse, de la Grèce, de l'Italie et de la Chine. Diversement tournés, inclinés à droite ou à gauche, tronqués, modifiés enfin , de diverses manières, les lettres ou les signes des mots sont devenus les notes des divers systèmes d'échelles des sons *. »

Bien qu'en général, dans la pratique , la limite des sons musicaux soit comprise entre 40 et 4,000 vibrations complètes par seconde, ce qui correspond en nombre rond à 7 octaves, ces deux nombres extrêmes sont quelquefois dépassés : la note la plus basse d'un orchestre est le mi inférieur de la contre-basse, qui répond à 41 vibrations

^ Ftris, ffist. générale de la Musique, t. I, p. 297.

par seconde ; la note la plus haute est le ré supérieur de la flûte, qui nécessite 4,752 vibrations par seconde. L'échelle des vibrations du piano de sept octaves va de 33 à 3,960. Dans quelques orgues on a construitdes tuyaux qui n'ont que 16 vibrations par seconde; mais des notes si basses, de même que les plus hautes, ne produisent que des sons peu satisfaisants. Ce n'est pas là cependant la limite des sons pour Toreille humaine, puisque l'on est parvenu à classer les sons depuis 32 vibrations sim* pies jusqu'à 73,000.

La gamme est donc Téchelle des notes de musique disposées selon l'ordre naturel des tons. Son nom lui vient de gamma , troisième lettre de Talphabet grec, qui , dans l'ancienne notation-, représentait le sol y d'où partait la gamme normale.

Il y a plusieurs espèces de gammes, déterminées par Tordre dans lequel les sons qui les composent sont disposés. On peut, dans l'octave, distinguer douze sons différents, placés à égale distance Tun de l'autre ; c'est ce que Ton nomme des demi- tons, et leur série continue forme la gamme chromatique.

Cette série peut se simplifier et se réduire à sept tons principaux, qui constituent la gamme diatonique y que Ton désigne • d'habitude simplement sous le nom de gamme.

Au lieu de procéder uniquement par demi-tons, la gamme diatonique procède par tons entiers et par demitons, et donne la série : ui, ré^ mi, fa, sol^ la^ si. On peut considérer Toctave comme formée de deux, fractions égales, composées chacune de deux tons entiers suivis d'un demi-ton. Dans la première fraction, d'ut à /a, on trouve en effet , entre ut et ré un ton ; de ré à.mt un ton , et de mi à fa un demi-ton; dans la seconde, de sol à ut on trouve la même quantité : de sol à to, un ton, de la à si un ton et de si à ut un demi-ton. En plaçant ces deux séries Tune à la suite de Tautre, on trouve de plus, entre le fa et le soly un ton entier, en sorte que l'ensemble de la .gamme diatonique se compose de deux sections, chacune de deux tons et demi, iréuniespar un ton entier.

La gamme diatonique se divise en gamme majeure et en gamme mineure; elles se composent toutes deux de six tons ou douze demi-tons , mais dans un ordre différent; elles se distinguent par la place qu'occupe le premier demi-ton : dans la gamme majeure il se trouve placé du 3* au 4** degré , et dans la gamme mineure il se place du 2® au 3"; ce que Ton exprime en disant que, dans la première, la tierce est majeure, et que, dans la seconde, la tierce est mineure.

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