LES HARIK^IES D SON
conclu que Pinsuccès des tentatives faites dans notre pays en vue de fabriquer les tam-tams et les cymbales, avec le métal des Chinois et des Turcs , devait tenir à ce qu'on travaillait Talliage à la température ordinaire, au lieu de le marteler à chaud comme le prescrit TEncyclopédie japonaise^
Les analyses du métal des Chinois qui ont été faites par différents expérimentateurs, ayant montré que cette matière est formée d'étain et de cuivre, environ dans le rapport de 20 d'étain à 80 de cuivre, on a coulé des barres de bronze dans ces proportions ; puis on les a soumises à Taction du marteau à des températures comprises entre le rouge vif et la température ordinaire. A froid, le métal est cassant comme du verre ; vers 300 à 350 degrés, on observe une amélioration sensible; au rouge sombre, on croirait avoir affaire à un métal entièrement différent. On le voit s'aplatir sans rompre sous les plus puissants marteaux, et on réduit sans difficultés des lames de six à huit millimètres à l'épaisseur de 1 millimètre. Les feuilles obtenues ont l'aspect du métal des Chinois, et elles sont douées d'une grande sonorité.
L'action du laminage est plus saillante encore , parce que sous le marteau le métal est si vite refroidi, qu'il faut recuire d'instant en instant, ce qui allonge et complique le travail ; tandis qu'au laminoir on peut donner des passes très -fortes, et amincir la lame avec rapidité si l'on opère au rouge sombre. A froid une seule passe suffit pour la réduire en écailles.
Cet alliage se coupe à chaud comme le fer et l'acier ;
il présente le grain fin et homogène de ce dernier. On le soude sans difficulté avec la soudure des bijoutiers.
Il suffit de regarder les tam-tams chinois ^ pour s'assurer quMls portent la trace de nombreux et violents coups de marteau y qui indiquent qu'on les a frappés longtemps
Fig. 85. — - Concert exécuté par quatre musiciens assyriens. Diaprés un bas-relief trouvé à Koyoundjek (ruines de Ninire).
à une température assez élevée pour amollir le métal , et pouvoir diminuer considérablement l'épaisseur au centre, en faisant refluer la matière sur les bords, qui ont une épaisseur beaucoup plus forte.
M. Champion ayant étudié toutes les phases de la fa-
bricatipn des tam-tams près de Shang-Ha'i\ et ayant constaté que le travail ne consiste qu'en un martelage à chaud y prolongé pendant plusieurs heures et suivi de la trempe , M. Riche s^est proposé de reprendre avec lui des essais sur cette fabrication. En voici le résultat :
On a coulé des plaques horizontales de 23 millimètres d*épaisseur avec l'alliage en question. On les a laminées au rouge sombre, et il a suffi de quelques passes pour les amener à l'épaisseur de 4 millimètres. On a découpé à chaud les bords qui avaient été gercés y et Ton a martelé ces plaques ou disques ramenés au rouge sombre y en commençant par le centre et en frappant ensuite à grands coups sur des points de circonférences concentriques. Le métal a été ainsi étendu d'une façon régulière , et aminci vers le centre. Il a fallu réchauffer environ vingt fois le disque pour atteindre l'épaisseur désirable, le battage devant s'arrêter dès que le métal n'est plus rouge ; sans cette précaution le tam-tam serait inévitablement brisé. On a trempé , réchauffé et martelé de nouveau ; enfin , lorsqu'on jugea que l'épaisseur était convenable , on releva les bords au marteau et on trempa l'instrument une deuxième fois.
C'est ainsi que les deux premiers tam-tams complets fabriqués en Europe, et mis sous les yeux de l'Académie des sciences en 1870, ont été obtenus ; mais on a reconnu que la fabrication de ces instruments serait impossible, économiquement parlant , dans nos pays , si Ton suivait, à la lettre y le procédé des Chinois; c'est-à-dire si l'on étendait le disque uniquement par le martelage à chaud, parce que Ton ne peut travailler le métal qu'au rouge
sombre ^ et qu'aloris il faut un temps considérable pour réduire la pièce *. •