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LES CYMBALES

Lear emploi dans Torchestre. — Leur antiquité. — Curieux passage du CM' Hing, — Sonorité brillante et argentine des cymbales turques. — Leur facture.

Les cymbales sont un instrument de percussion ^ composé de deux disques métalliques égaux , de trente-trois centimètres de diamètre et de^ deux millimètres d'épaisseur, ayant chacun à leur centre une petite cavité , percée de façon à recevoir une double courroie, dans laquelle on passe la main pour frapper les disques l'un contre l'autre.

Cet instrument s^emploie avec la grosse caisse , le triangle, le pavillon chinois , le tambour et les castagnettes afin de marquer les temps forts de la mesure les marches militaires, les ouvertures et les finales d^opéra, etc.

Le son que rend cet instrument, quoique très-éclatant, ne se fait pas beaucoup remarquer dans l'orchestre; il se mêle et se confond avec l'harmonie générale.

Il est fait mention des cymbales dans l'un des plus anciens livres chinois, le Chi-Hing, mis au rang des livres canoniques de cette nation. Nous citons le passage sui-

* Comptes rendus de VAcadémie des sciences, 1869, 2"* semestre ; et 1870, 1" semestre.

vant à cause de son originalité, et aussi parce qu'il marque Tantiquité de cet instrument : /

ce Heureux le sage qui, dans la vallée où il vit solitaire, se plaît à entendre le son des cymbales; seul, dans son lit, s'éveillant, il s'écrie : Jamais, je le jure, je n'oublierai le bonheur que j'éprouve! .

Fig. M. — Gjmbales assyriennes. D*aprts un bas-relief trouvé h KoyoundUek (ruines de NInive).

« Heureux le sage qui, sur le penchant d'une montagne, se plaît au son des cymbales ; seul dans son lit en s'éveillant, il chante : Jamais, je lé jure, mes désirs n'iront au delà de ce que je possède !

ce Heureux le sage qui, sur la colline où il habite , se plaît à entendre le son des cymbales; seul dans son lit, en s'éveillant, il demeure en repos, et jure que jamais il ne révélera au vulgaire le motif de sa joie * ! »

* Chi-Bing, Mv. des vers, v. 2.

Fig. 87. — Instruments anciennement en usage en Perse : 1, sanal, espèce de flûte ;t2, longue trompette; 3, mandoline; ft, kémanschah ; 5, trompette recourbée ; 6, flûte de Pan ; 7, 8, 9, 10, 11 et 12, différentes espèces de petits tambours ; 13, 14, 15, cymbal es ; 16, tambour & caisse de bois et sur lequel on frappe des deux côtés avec les mains. Le milieu de la peau d*un des côtés est enduit d'un mastic de riz de couleur noire, qui change le sonde rinstrument et forme une espèce d'accord avec les bords et l'autre côté.

Le Rapport sur Texposition de 1867* dit que^ depuis longtemps, des études ont été Taites en France pour donner aux cymbales la sonorité brillante et argentine des cymbales turques. L'analyse chimique de la compo-

Fig. 88. — Scène de théâtre. Une femme tient de chaque main de petites c)inbales: derrière elle la Joueuse de double flûte , et près d'elle un enfant qui tient un cornet. Mwai^ue trouvée en 1762 dans une maison située hors des murs de Pompéi.

sition du métal de celles-ci a été faite avec soin, et l'on a la connaissance certaine des proportions du mélange dont elles sont formées. Ce qui parait aujourd'hui hors

* Rapport du Jury international, publié sous la direction de M. Michel Clieyalier, de Tlnstitut ; t. II» classe 10«; instruments de musique, par Félis.

de doute, c'est que la belle sonorité des cymbales turques est le résultat du travail du marteau des ouvriers musulmans; malgré tous nos efforts nous n'avons pu atteindre encore la finesse, la distinction, ni la brillante résonnance de ces dernières.

Cependant, depuis 1867, MM. Riche et Champion ont fait de nouveaux essais qui paraissent avoir été couronnés de succès ; nous les résumons en parlant du tam-

Fig. 80. — Cymbales turques.

tam; la fabrication des cymbales est en tout semblable à celle de ce dernier instrument.

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