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LE SISTRE

Sa description. — Son usage chez les anciens. — Son origine.

Le sistre est un instrument de percussion qui était fort en usage chez les anciens, surtout chez les Égyptiens. Il consistait en une lame sonore, taillée en ovale et assez

Fig. 9S. — Sistre h quatre verges.

Fig. 92. — Sistre h trois l>arres. Musée de Berlin. D*après les peintures du ma-

nuscrit de Tlièbes.

semblable à nos raquettes, percée de trous pour y poser des baguettes métalliques, sur lesquelles on frappait pour en tirer des sons. Cet instrument était ajusté dans un manche qui servait à le tenir et à Tagiter en cadence.

La partie supérieure du sistre était souvent ornée de trois figures : de celle d'un chat, placée dans le milieu;

de la tète d'Isis, du côté droit, et de celle de Nephté , du côté gauche; quelquefois aussi cette partie supérieure ne présentait qu'une feuille de lotus, ou même n'était accompagnée d'aucun ornement.

Fiff. M. — Sistre égypUen. Musée de BeriiD.

Fig. 95. — Sistre à quatre barres.

Musée de Berlin.

Il parait, d'après Virgile, que le sistre est égyptien d'origine; il dit, en parlant de la reine Cléopâtre :

Cléopàtre elle-même , au milieu des combats , Du sistre égyptien anime les soldats.

(Deulle.)

Regina in mediis, patrio vocat agmina sistro.

(JBncia., lib. Vm.)

Les Égyptiens faisaient usage de cet instrument de musique dans leurs cérémonies religieuses , principalement dans le culte d'Isis qui passait pour Tavoir inventé, et dans les fêtes qui se célébraient lorsque le Nil commençait à croître.

Les Hébreux se servaient du sistre dans leurs réjouissances. Quand David revint de Tarmée^ après avoir tué Goliath , les femmes sortirent de la ville en chantant et en dansant avec des tambours et des sistres. Les Grecs se servaient de cet instrument pour marquer la mesure dans Texécution de la musique notée; et à Rome, lorsque les superstitions égyptiennes devinrent en vogue , les personnes crédules secouaient leurs sistres à des heures fixes.

Le cabinet d'antiquités de la Bibliothèque nationale possède plusieurs de ces instruments , qui sont figurés sur beaucoup de monuments et de médailles.

LE PAVILLON CHINOIS, LE TIMBRE, LE CARILLON A LAMES D'ACIER, LE TRIANGLE.

Le pamllon chinois^ dit aussi chapeau chinois^ bonnet chinois, est une espèce de petit parasol de cuivre mince, garni de grelots et de clochettes. Celui qui en joue le tient par un long manche qui lui est adapté et le secoue en mesure.

Cet instrument n'est guère susceptible de perfection-

nement ; on s'en sert en Asie comme en Europe, dans les musiques militaires^ dans les ouvertures et les finales d'opéra et, en un mot, dans tous les orchestres à grand fracas.

Fig. 90. — Chapeau chinois.

Fig. 97. — Timbre d^ane octaTe.

Fig. 98. — Carillon h lames d'acier à une ocuve chromatique.

Un instrument qui peut trouver place à côté du pavillon chinois, est le a'm&re pour musique militaire, fig. 98, et le carillon à lames d'acier, fig. 99.

Le triangle est un instrument de musique en fer, qui a trois angles ou trois côtés. On voit, pai* quelques monuments, que les anciens en connaissaient Tusage. Celui qui en joue le soutient par un anneau posé à sa partie la plus élevée, et bat les trois côtés avec une petite baguette de fer. Dans le côté d'en bas qui forme la base du triangle, on met quelquefois des anneaux de fer roulants, qui augmentent le son par leur frémissement.

On a admis cet instrument dans la musique militaire ; on s'en sert sur les théâtres, pour marquer la danse des montagnards d'Europe et les airs des nations sauvages.

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