QUATRIÈME CLAVIER DU RÉCIT EXPRESSIF
(D'ut à ut 61 noies.)
Jeox de fond.
I® Bourdon 16 pieds. 61 tuyaux.
2» Corni-dolci 10 » 61 »
3® Flûte harmonique 8 » 61 »
4" Flûte à papillon 8 » 61 »
o® Viole de gambe 8 » 61 »
6® Voix céleste S » 49 »
7® Dulciana 4 » 61 »
8® Flûte octaviânte 4 » 61 »
Jeux de mutation et jeux d'anohes.
9® Octave 4 pieds. 61 tuvaax.
10® Flageolet 2 » 61 »
n® Musette 8 pieds. 6i tuyaux.
12<» Voix humaine 8 » 6i »
130 Basson Ig „ 61 »
14° Trompette harmonique 8 » 61 »
15® Clairon harmonique 4 » 61 »
16° Cornet de 5 rangs 8 »» 185 »
16 jeux. 1,088 tuyaux.
CINQUIÈME CLAVIER DE SOLO- EXPRESS IF (D'ut à ut 61 noies.)
Jeux de fond.
1® Soubasse 16 pieds. 61 tuyaux.
2* Flûte-conique 16 » 61 »
3° Flûte traversière harmonique 8 >: 61 »
4» Diapason 8 » 61 »
5» Quintaton 8 » 61 »
6» Fiûte octaviantc 4 » 61 »
Jeux de mutation.
7® Nazard 2 2/3 p. 61 tuj^aux.
8« Doublette 2 » 61 »
9" Tierce 13/5 61 »
10» Larigot 11/3 61 »
11» Septième 11/7 61 d
12« Piccolb 1 » 61 »
Jeux d'anohes.
13® Cor anglais. / 16 pieds. 61 tuyaux
14» Clarinette 8 » 61 »
15° Trompette harmonique 8 » 61 »
16® Violon harmonique 4 » 61 »
16 jeux. 976 tuyaux.
Malgré le nombre considérable des pédales d'accouplement et de combinaison, qui s'élève à 28, la manœuvre serait néanmoins facile. Les pédales seraient disposées en deux rangs, en quinconce, de façon à rendre leur position
466 LES HARMONfES DU SON.
claire et commode pour Tartiste ; cependant , si on le jugeait utile, rien ne serait plus aisé que de faire agir quelques-unes de ces combinaisons au moyen de boutons pneumatiques placés à la portée des mains de Torganiste. En parlant de cet orgue monumental, dans un rapport officiel, adressé à Son Excellence M. le ministre de rintérieur de Belgique, sur Tétat actuel de la musique en Italie, M. le chevalier van Elewyck s'est exprimé en ces termes : « Le plan a été conçu par amour de l'art et ne sortira peut-être jamais du cabinet où il a été élaboré. Que de fois cet hiver, en écoutant dans la basilique vaticane les accords des petites orgues portatives qu'on y emploie, ai-je pensé à la belle conception de M. Aristide Gavaillé-CoU ! Son œuvre serait le complément naturel des splendeurs que le Bramante, Raphaël et Michel-Ange y ont accumulées. »
Uorgue du nouvel Opéra sort également de la maison Cavaillé-Coll. Cet instrument, dont la fabrication a demandé des soins tout particuliers, se compose de deux claviers de dix-huit jeux et de deux soufflets superposés. Ce système de soufflets donne une telle pression d'air, que cet orgue, quoique de petite dimension , peut produire au besoin des sons aussi forts que ceux des plus grandes orgues de nos cathédrales. Cet instrument est pourvu d'une double botte expressive, composée de lames qui s^ouvrent
et se ferment à volonté par la pression qu'exerce l'organiste sur une pédale.
L'orgue de TOpéra est installé dans Tavant-scène du rideau de droite, à la hauteur des troisièmes loges. L'organiste tourne le dos à la scène; mais un système de glaces très-ingénieusement disposées lui permet, au besoin, de suivre les mouvements des chœurs.
Les boites expressives dont nous parlons plus haut s'ouvrent du côté de la scène et de la salle, où elles renvoient les sons de l'instrument. Faul-il, au contraire, imiter des sons lointains? ces mêmes boites s'ouvrent du côté opposé, et les sons vont se perdre dans les cintres, à une hauteur de 60 à 70 mètres.
Parmi les orgues les plus célèbres et les plus remarquables dont l'histoire de la musique nous ait conservé le souvenir, nous devons citer celles de Compiègne, de Wimgarten , en Souabe, desquelles nous avons parlé ; l'orgue de Harlem, qui se composait d'environ 5,000 tuyaux; les orgues de Liverpool, d'York, de Birmingham en Angleterre; d'Ulm, de Dresde, de Strasbourg, de Nancy, de Saint-Denis, de la Madeleine, de Notre-Dame de Paris, etc. La Suisse possède plusieurs orgues renommées, entre autres celles de Luceme, de Berne, de B≤ mais le plus célèbre est celui de Fribourg; son timbre est incomparable, ses voix humaines sont vraiment célestes; nous n'avons rien entendu de plus ravissant.
On a pu voir, à l'exposition de i 867 , de grandes orgues d'une exécution bien remarquable, entre autres le grand orgue de la nouvelle église Saint-Epvre, de Nancy, qui se distingue soit au point de vue de la puissance so-
nore, soit au point de vue de l'exécution de ses diverses parties. Ce bel instrument, composé de quarante-quatre jeux, sort des établissements Merklin-Schùtze. On se rappelle également un orgue de petite dimension placé dans la chapelle du parc de l'exposition par M. Cavaillé-CoU; il fixait l'attention par Texcellence de sa sonorité et le fini du travail. Nous pourrions citer d'autres noms remarquables dans la facture de l'orgue, tels que Bevington^ de Londres; Charles Hesse, de Vienne, etc. ; mais il faut nous borner.
Le grand orgue de la salle des fêtes de la prochaine exposition de Paris, exposé par M. Cavaillé-Coll, réunira l'ensemble des perfectionnements de la facture d'orgue moderne.
M. Frédéric Kastner, qui étudie les flammes chantantes d'une manière toute spéciale et avec le plus grand succès, est parvenu à construire un orgue à flamme, qu'il nomme pyrophone , instrument nouveau et Vraiment curieux, que les amateurs apprécient justement, et dont nous avons parlé précédemment*. L'artiste n'a qu'à appuyer sur les touches et sur le pédalier pour en tirer des sons inconnus jusqu'à ce jour, imitant les voix humaines avec un timbre mystique , et susceptible de produire dans la musique religieuse les effets les plus merveilleux. Cet instrument fonctionne dans d'excellentes conditions à l'aide de la combustion de l'hydrogène, gaz facile à préparer et d'un prix peu élevé. Mais son ingénieux inventeur est aujourd'hui en mesure de substi-
* 2* partie, chap. !•'■.
tuer à l'hydrogène le gaz d'éclairage que Ton peut se procurer encore plus facilement; ce qui permettra de changer, si l'on veut, en instruments musicaux de trèsgrande puissance et d'effets magiques, les lustres de salon, les rampes des théâtres, etc.
Que l'on nous permette de terminer ce que nous avions à dire sur l'orgue par ces vers suaves et gracieux, et qui nous paraissent d'ailleurs bien placés ici :
L'église est en lumière, et Torgue des grands jours Prélude avec lenteur. — La foule émerveillée Écoute la voix grave et s'est agenouillée Dans un frémissement de soie et de velours.
Les vitraux, racontant des scènes hébraïques Où sont peintes les fleurs des moissons et des prés, Promènent des bleuets et des pavots pourprés Sur les dalles du chœur aux riches mosaïques.
Les sons religieux, largement répandus, Font pleuvoir à torrents leur musique sacrée Dans ta petite oreille à la conque nacrée, S'ouvrant comme une fleur sous tes cheveux tordus;
C'est un alléluia dont les voix sont en fête. Pourquoi pâlir avec de longs tressaillements? L'orgue tient renfermés ses tonnerres dormants. Et rien n'éveillera ses éclairs de tempête.
André Lbhoyne. — Prieuse,