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CHAPITRE DEUXIEME

Le catéchisme du Concile de Trente enjoint aux Pasteurs d'enseigner aux fidèles que l'Eucharistie n'est pas seulement un Sacrement, mais encore un Sacrifice. Il appuie cette injonction sur un canon du concile ainsi conçu : « Si quis dixerit in Missa non offerri Deo verum et proprium sacrificium, aut quod otferri non sit aliud quam nobis Christum ad manducandum dan, A. S. »*.

1. Denzinger, 948. « Si quelqu'un ose prétendre que » dans la Messe il n'y a pas un vrai sacrifice, au sens » propre du mot, ou qu'il n'y a pas de différence entre » ce qui est offert, et le Christ qui nous esi donné à » manger, qu'il soit anathème. »

On ne saurait être plus explicite. Ce n'est pas au même litre que le Giirist est le sujet du Sacrifice et du Sacrement. Par le Sacrement le Christ s'offre à nous en nourriture ; par le Sacrifice, il s'offre à son Père en qualité de victime. Ce sont là deux aspects essentiels et irréductibles du même mystère eucharistique.

Il importe au premier chef de ne les point confondre. Mais peut-être importe-t-il plus encore de ne pas trop les séparer. Or, la transsubstantiation, telle que saint Thomas l'entend conformément aux décisions doctrinales de l'Église, a ce mérite singulier d'unir, sans les confondre, ces deux aspects de l'Eucharistie.

Et c'est précisément ce que nous voudrions mettre en lumière en montrant : 1° que la Transsubstantiation, envisagée sous sa forme symbolique, la séparation sacramentelle

du corps et du sang de Jésus-Christ — explique l'essentiel du Sacrifice, comme nous avons vu qu'en réalité, par lacté de conversion de la substance du pain au corps du Christ qui la constitue, elle explique l'essentiel du Sacre-

ment;— et 2°que la même Transsubstantiation,

en quoi consiste sous différente rapports l'essentiel du Sacrement et du Sacrifice, projette une lumière très vive sur leur harmonieuse unité.

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