‹ Les harmonies eucharistiquesChapitre 15 sur 36 · S. Thomas, Summa iheol.. IIIa P.. o. 75, a · texte numérisé non relu

S. Thomas, Summa iheol.. IIIa P.. o. 75, a

imaginée par Scot ; il n'y aurait pas conversion au sens catholique défini par l'Église.

C'est la substance même du corps du Chrisl. envisagée non pas absolument, c'est impossible (Fe hypothèse de Scot), mais relativement à la substance du pain : prout converse ex pane.

La substance du pain disparaît physiquement, mais en vertu d'une dépendance métaphysique de la substance du Christ à la substance du pain, avec laquelle, avant la consécration, elle n'avait de relation d'aucune sorte.

Ce qu'il y a de nouveau, c'est cette dépendance, qui suppose une action métaphysique portant non sur un suiet commun au pain et au corps du Christ, mais sur la substance du Christ, terme de la conversion ; et mettant son corps, sans changer sa substance, en relation de dépendance avec la substance du pain du fait que celle-ci devient le corps du Christ.

On doit cependant soutenir que c'est la substance du corps du Christ qui est, non le sujet, mais le terme de l'action divine, en tant qu'elle fonde cette relation de présence, par le fait de la conversion substantielle.

La conversion est donc bien la raison nécessaire et suffisante de la présence réelle, entendue catholiquemenl. dans son symbolisme intégral.

Celle magnifique doctrine de saint Thomas, que le Concile de Trente a reprise à son compte, el dans les termes mêmes où sainl Thomas l'a posée, cadre harmonieusement avec le but de l'Eucharistie, tel que nous l'avons défini précédemment, et avec la cailla lité créatrice de Dieu. Puisque c'est, en définitive, pour faire circuler dans les membres du corps de l'Église une grâce plus abondante de nutrition, par une incorporation réelle et vivante à son humanité, que le Christ s'est tait notre nourriture, il fallait mettre en jeu les ressources infinies de l'activité créatrice de Dieu, pour réaliser dans sa plénitude le symbolisme sacramentel. Il fallait, en un mot, inventer la Transsubstantiation, par quoi le pain et le vin, qui sont la nourriture par excellence, -ont changés au corps et au sang du Christ, et mettent son corps et son sang en

Les Harmonies Kucharistique.s. "

relation avec les espèces du pain et du vin de la façon la plus intime.

Sans doute, du fait de la Transsubstantiation, les accidents du pain et du vin ne deviennent pas les accidents du corps et du sang du Christ. Dieu, en vertu de la même opération transsubstantielle donne aux premiers de se soutenir eux-mêmes dans letre sans leur propre substance, et aux seconds d'emprunter, pour accompagner le corps et le sang du Christ, un mode substantiel d'exister, qui n'est pas exclusif de la présence locale du même Christ dans le Ciel.

Mais, à cela près, la substance du corps et du sang du Christ soutient avec les accidents du pain et du vin des relations de valeur et de présence analogues à celles de la substance même du pain et du vin avec ses propres accidents.

Les accidents du pain et du vin conservent par rapport à la substance du Christ toute leur valeur symbolique ; ils signifient que le Christ est là substantiellement au titre de nourriture. En revanche, le corps et le sang du Christ sont tout entiers sous chaque par-

celle, ou sous chaque goutte des espèces eucharistiques qui l'enveloppent de la richesse de leur symbole.

Par la vertu même des paroles sacramentelles, vi verborum, comme parle le Concile après saint Thomas, le corps du Christ est tout entier sous les apparences du pain, et son sang tout entier sous les apparences du vin. Mais, parce que le Christ qui est là tout entier, quant à son corps et à son sang, sous les espèces du pain et du vin, est le même Christ qui est tout entier au Ciel, il s'ensuit que, par concomitance, sous les espèces du pain nous avons, avec son corps, son sang, son âme et sa divinité, et avec son sang, sous les espèces du vin, son corps, son âme et sa divinité.

La présence réelle, ou terme de la Transsubstantiation, est donc une présence vraie, identique et intégrale du Christ.

Quand nous communions, s'il est certain que nous recevons formellement le corps du Christ en nourriture, c'est cependant tout le Christ, que nous recevons, homme et Dieu. Nous sommes réellement incorporés à son humanité, unie hypostatiquement à sa divinité,

et de Dieu où elle coule à pleins borde dans le Christ, la grâce se répand à profusion dans chacun des membres du corps de l'Église que le Christ s'incorpore, et, par chacun d'eux, dans le corps mystique tout entier, s'il est incontestable que la force vitale de chaque membre rejaillit sur tous en vertu de l'unité vivante qui les rassemble sous un même chef, le Christ, et les fait uns en Lui comme Lui et son Père ne $ont qu'Un.

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