ROMANA
Die îï) seplembris 1906.
Per Summaria precum.
Dans le décret du 20 décembre 1905 De Quotidiana SS. Eucharisliœ sumptione, le Souverain Pontife Pie X recommande f ù tous les chrétiens de tout rang et de toute condition la communion fréquente et quotidienne, comme répondant aux vœux du Christ et de l'Église catholique, de telle sorte que personne ne saurait en être écarté, à la seule condition d'être en état de grâce et de s'approcher de la Sainte Table avec une intention droite et pieuse ».
Le même décret dit à l'article 7 : « La communion fréquonto et. quotidienne devra être favorisée
surtout dans les Instituts religieux de tout genre... on doit la promouvoir particulièrement dans les Séminaires des clercs, dont les élèves se destinent au service de l'autel, de môme dans les autres maisons d'éducation chrétienne de tout genre, item in aliis christianis omne genus ephebeis. »
Pour propager de plus en plus une pratique si louable et si agréable à Dieu, Sa Sainteté a accordé, le 30 mai 1905, des indulgences à tous les fidèles qui réciteront une prière pour la diffusion du pieux usage de la communion quotidienne ; de plus, par décret du 14 février 1906, Pie X a déclaré que par la communion quotidienne on peut gagner toutes les indulgences plénières, sans être astreint à la condition de la confession de tous les huit (ou quinze) jours.
Ce décret a été reçu par tous avec respect, par un grand nombre avec joie, comme le prouvent les lettres nombreuses reçues à ce sujet par la S. C. du Concile. Parmi ces lettres se trouvent aussi plusieurs questions et demandes, dont deux surtout méritent une attention particulière ; il s'agit des enfants qui viennent de faire leur première Communion et des malades atteints d'une infirmité chronique.
Voici les questions adressées à ce sujet au Saint-Siège :
I. Quotidiana Eucharisliœ sumptio in catholicis ephebeis suaderine débet etiam pueris quibuscumque post susceptam primam communionem ?
II. Infirmis, qui diulurno niorbo tabulant, nec naturale jejunium in sua integritate observare queanty nuilum remedium sujjragari potest, ne pane euchatislicu tam longo tempore privenlur?
I. — Quant au premier point, on connaît les raisons communément apportées pour ne pas admettre les jeunes enfants à la communion fréquente.
Ces enfants ne possèdent pas encore la discrétion requise pour recevoir souvent la Sainte Communion avec respect et avec fruit. Ils sont facilement distraits, et ne peuvent s'appliquer facilement à la méditation des mystères divins ; ils s'approchent très souvent de la Sainte Table sans préparation et action de grâces suffisante, et exposent par là le sacrement au danger d'irrévérence. En outre, il est à craindre qu'en poussant les enfants à la communion quotidienne on ne favorise chez eux l'hypocrisie, et on ne les expose, par suite d'un certain respect humain à commettre même des sacrilèges. C'est ainsi qu'un auteur italien (Tarino, il libro del buon paslore), tout en engageant les directeurs des Séminaires à recommander en général la fréquentation des sacrements, surtout de la communion, ajoute : « Mais gardez-vous avec soin de dire à un jeune homme de s'approcher plus souvent de la communion, parce que vos paroles pourraient être cause de sacrilège et d'hypocrisie. »
Innocent XI, dans la Bulle Cum ad aures du 12
lévrier 167U, enseigne lui-même que lu permission de lu communion quotidienne doit être réglée ex conscientiarum puritaie et frequentix fruclu, et ad pietatis profeclum, conditions qui se vérifient rarement chez les enfants.
Enfin, les paroles mêmes du décret, recommandant la communion quotidienne in aliis christianis omne genus epliebeis, semblent restreindre cette pratique aux enfants qui vivent dans les maisons d'éducation chrétienne.
D'autres raisons aussi fortes semblent cependant recommander la communion fréquente aux enfants.
Cette pratique a pour elle l'ancienne discipline d'un grand nombre d'églises, en vertu de laquelle le sacrement de l'Eucharistie était donné même aux petits enfants, pratique qui, si elle est tombée en désuétude, n'a jamais été réprouvée par l'Église l.
En effet, il est nécessaire que les enfants soient nourris par le Christ avant qu'ils ne soient dominés par les passions, pour qu'ils puissent repousser avec plus de courage les attaques du démon, de la chair et des autres ennemis du dehors et du dedans, selon la belle parole de l'Imitation (L. iv, c. ni) : Proni enim sunt semus hominis ad malum ab adolesceniia sua ; et nisi succurrat divina medicina, labitur homo mox ad pejora... Reirahlt ergo