LA PARPAILLOTE
Je ne vous refuse pas Suzanne, seulement je voudrais connaître au juste ses sentiments à votre égard.
JONATHAS
Ils sont parfaits, puisque c'est à vous que je
m'adresse, au lieu de commencer par mademoiselle.
LA PARPAILLOTTE.
Cependant...
JONATHAS
Elle m'aime et je l'aime, vous dis-je. Demandezlui si je me trompe.
LA PARPAILLOTTE.
Je ne comprends plus. Voyons, Suzanne ?. ..
SUZANNE
Tu as donc oublié ce queje viens de te raconter?
JONATHAS, joyeusement.
Parbleu ! . . .
SUZANNE
J'ai beaucoup d'amitié pour monsieur Jonathas, mais je ne l'aime pas d'amour.
JONATHAS
Plaît-il?
LA PARPAILLOTTE.
Elle ne vous aime pas d'amour.
JONATHAS
A mon tour de n'y plus rien comprendre. {Avec désolation.) Comment! elle ne m'aime pas?... Cet aveu inattendu me porte un coup terrible. Je ne m'y attendais guère, c'est pardonnable! Mille millions de tonnerres, mais qui aimez-vous donc alors? Ce n'est pas, je l'espère, cet inepte et rustique Jean Pot... J'aime une fois dans ma vie, et je suis assez infortuné pour avoir un rival préféré. Est-ce Jean Pot?
SUZANNE
Non.
JONATHAS
Personne ne vous épousera, tant que moi^Jonathas, aidé de ma rapière, je serai vivant pour m'y opposer. Je ne sais quel mélange de douleur poignante et de rage insensée tourbillonne en ce moment dans mon cerveau; car je vous aime, Suzanne; je suis un être plein de franchise... Suzanne... je vous adore. Hélas! malgré mes eiïorts... au mépris de mon orgueil, sous vos yeux... voici que je pleure comme un enfant. {De grosses larmes inondent son visage.)
LA PARPAILLOaXE.
Pauvre garçon î
SUZANNE
Monsieur Jonathas, vous êtes un homme de cœur, et je souffre de ne pas vous aimer. Écoutezmoi; je vous estime assez pour ne rien vous cacher» Puissiez-vous ne jamais abuser de ma confiance !
JONATHAS
Ne parlez pas... je préfère ne rien savoir.
SUZANNE
Gomme vous voudrez.
JONATHAS
Ah! je suis*stupide. Dites-moi son nom, je vous en supi)lie... je brûle d'envie de le connaître. J'ai Pair d'être en contradiction avec moi-même, mais par pitié ! son nom ? je ne me vengerai pas.
C'est votre maître.
Mon maître!... M. de Ponthau?
SUZANNE
Oui.
JONATHAS
Miséricorde!... il m'a trompé!
SUZANNE
Il ne sait rien. Je vous jure qu'il ne sait rien^ rien! . .. Il ne se doute môme pas de mon amour. Quant àmoi, jamais, — soyez-en persuadé, — jamais je n'aurais osé ouvrir la bouche devant lui, mon origine et ma douleur vous en sont une garantie certaine.
JONATHAS, après un violent effort sur lui-même. N'en parlons plus. Je sais ce qu'il me reste à faire. C'est égal^ quand je me souviens des galanteries et du baiser, mon esprit croit difficilement que M. de Ponthau n'est pas cause de la catastrophe... Je n'ai pas de chance. Dans ce genre d'aventures, les moins coupables sont souvent les plus punis. La confiance est un vice originel que le baptême ne dissout pas. Moii cœur n'est plus qu'une loque sanglante. Pour qui ne connaît pas la souffrance, souffrir, c'est mourir. — Suzanne, je n'ai pas de chance.
[En ce moment de Ponthau apparaît dans le seyitier.)
LA PARPAILLOTTE.
Chut! monsieur de Ponthau...
Que le Seigneur soit avec vous, mes frères I (A Jonathas qui veut s'en aller,) Reste, j'ai besoin de toi.
LA PARPAILLOTÏE.
Monsieur le baron est-il de retour?
Oui.
SUZANNE
Comment va mademoiselle Hélène?.
Elle pleure toujours.
SUZANNE
La chère demoiselle doit beaucoup souffrir, car elle aimait son fiancé.
Les souffrances pour la bonne cause ne sont jamais perdues. Elles montent à travers les nuages, à travers Téther impalpable, silencieuses et sereines, jusqu'au séjour de lumière où Dieu les recueille pour ne pas les oublier.
JONATHAS, très calme.
Croyez- vous, monsieur?
Oui, Jonathas, je crois que Dieu est infaillible.
LA PARPAILLOTTE.
Le mariage de Suzanne avec Jean Pot est rompu.
Tant mieux ! un pareil cuistre n'était pas digne
de Suzanne. — La Parpaillotte, j'avais l'intention de vous parler longuement a ce sujet. Voulezvous me confier le bonheur de votre fille?
LA PARPAILLOTÏE.
Oui, certes ; mieux que personne vous êtes capable de la diriger dans la bonne voie.
Suzanne, votre main? {Suzanne la lui donne.) Jonathas, ta main? je veux vous fiancer. [Suzanne et Jonathas reculent vivement,)
SUZANNE
Non, non, je vous en prie.
JONATHAS, sourdement.
Je ne me soucie plus d'elle, puisqu'elle en aime... un autre.
Suzanne m'avait pourtant affirmé qu'elle n'aimait personne.
SUZANNE
C'est vrai...
LA PARPAILLOTTE.
Mais, aujourd'hui, elle aime quelqu'un.
Ami Jonathas, je te plains sincèrement. Tu ne trouveras pas facilement un trésor de beauté comparable à celui que tu perds. Cette jeune fille aviat tout pour elle, une foi éprouvée, un cœur aimant et une grâce adorable. Mon pauvre Jonathas, tu n'as pas de chance.
JONATHAS^ furieux.
Mille diables! monsieur, allez-vous bientôt vous taire ? A présent^ je vois où vous espériez en venir. Ma parole d'honneur ! vous vous moquez de moi et vous avez voulu abuser de mon attachement pour vous. Croyez- vous donc que je ne sente pas assez vivement mon malheur? Par le Christ ! si seulement vous étiez le valet et moi le maître, je serais aimé comme... Sangdieu ! je m'en vais.
[Exit.)
Mauvais drôle ! je te rosserai d'importance afin de t'apprendre à vivre. — L'insolent! quelle mouche l'a piqué ? [Prenant les deux mains de Suzanne,) Suzanne, il est donc vrai que nous aimons de toute notre âme?... Je le connais? Hypocrite, voyons, levez les yeux... Vous aurez en moi un puissant auxiliaire, et je vous garantis que vous épouserez votre amoureux.
LA PARPAILLOTTE.
Veuillez nous excuser si nous vous quittons, monsieur le comte, mais la ferme nous réclame.
J'allais vous prier de me laisser seul. A bientôt, la Parpaillotte; à bientôt, Suzanne. [Il T embrasse .) Je ne sais pourquoi, mais quand je vois vos joues fraîches comme des fruits mûrs, je meurs d'envie d'y déposer un baiser. Oh! ce sont des baisers fraternels, mon enfant, ne craignez rien. Au revoir.
LKS HAUTS FAITS m: M. DE PONTHAU 257
Un grand salon solitaire éclairé par trois immenses fenêtres.
DE GHISTELLES
Maintenant que ma fille n'est plus mêlée à nos intrigues, je suis prêt à tout. Pour mon compte, je me charge d'une cinquantaine d'hommes dévoués. Je vous avouerai même qu'un peu de rancune s'unit dans mon cœur au désir de convertir le roi. Je lui en veux de votre disgrâce, je lui en veux de la mienne et des mauvaises pensées qui l'ont assailli quand il a voulu m'obliger de nouveau à fiancer ma fille au comte de Helly.
Le roi est le plus grand paillard de notre siècle. Aucune vilaine action ne lui coûte pourvu qu'il arrive à ses fins. 11 est fort heureux pour lui que des amis à toute épreuve s'occupent dans l'ombre de sa réputation et de son salut.
DE GmSTELLES.
Il y a deux heures à pehie, un courrier est arrivé à bride abattue. Cet homme m'apportait une lettre du roi m'intimant l'ordre de revenir en toute hâte à Paris avec ma fille. J'ai supposé une maladie occasionnée par la longueur du voyage — nous gagnerons ainsi quelques jours, mais nous n'avons pas de temp^ à i)erdi'f'.
Nous n'en perdrons pas. Réunissons notre pha-
lange dévouée et je lui apprendrai dans quel but et en vue de quelle a(;tion mémorable elle doit nous servir. D'un autre côté^ je rassemblerai une petite armée de deux ou trois cents hommes^ tous protestants. Ceux-là ne connaîtront pas nos projets. On leur parlera vaguement d'un enlèvement à opérer^ d'un service à rendre à la cause de Dieu, et je ne doute pas qu'en leur promettant une récompense proportionnée à ce que nous attendons de leurs bras, ils ne se fassent les esclaves de nos volontés.
DE GmSTELLES.
Dans quinze jourS;, soyons en route vers Paris. 11 importe que nos amis arrivent au rendezvous un à un^ ou par petits groupes, n'est-ce pas ?
Chacun devra s'armer d'un poignard et de deux pistolets. On en aura certainement besoin. Je commanderai F arrière-garde chargée d'assurer la retraite. Si je succombe, le roi étant entre vos mains, vous n'aurez plus besoin de moi pour | mener à bien notre entreprise.
DE GHISTELLES
En ma qualité du plus âgé, je désire commander cette arrière-garde. -
Impossible ! qui protégerait votre enfant ? D'ailleurs, le danger ne sera pas si grand que vous le pensez. Bien entendu, nous prendrons le roi à l'improviste, soit pendant une partie de chasse,
LES ÏÏAIJTS FAITS DE M. DE PONTIIAU :")')
soit aiitreineiit, selon les circonstances. Nous passerons impitoyablement au fil de Tépée Tentourage composé presque exclusivement de catholiques. Ce ne sera point un acte condamnable. Et enfîn^ nous conduirons le roi, au fond de mon château, dans un carrosse hermétiquement fermé, sous la garde de trois ou quatre hommes : vous, moi, — si j'en réchappe, — Jonathas et l'un de vos serviteurs... vous choisirez. De cette façon, nous paraîtrons moins suspects.
DE GHISTELLES
Prendrons-nous des masques ?
Non^ il vaudra mieux nous barbouiller la figure et changer nos coupes de barbes.
DE OmSTELLES.
Est-il nécessaire que je reparaisse à la Cour?
Oui, sans votre fille. Elle ne partagera pas nos dangers. Avons seul doit incomber Thonneur du guet-apens.
DE GHISTELLES
Je serai à la hauteur de ma tache.
Allons donc sur-le-champ, nous occuper de nos moyens de réussite.
[Exeant.)
Un sentier encadré par un paysage plein de soleil. On aperçoit à une certaine distance un village. Quelques maisons isolées le précèdent avec leurs toits de chaume, leurs vignes chargées de raisins au-dessus des portes et leurs jardinets couronnés de haies vives. La plaine luisante s'allonge vers l'horizon. Cà et là, des moissons à moitié fauchées, des sentiers à peine indiqués, des buissons et des arbres, vieux pour la plupart, qui semblent les sentinelles avancées d'une forêt voisine et gigantesque. Quelques rochers resplendissent. On entend trembler dans l'herbe le chœur plaintif des grillons. Tout au fond du ciel, semblable à une mer fantastique, les alouettes se baignent dans les flots du jour et chantent de toutes leurs forces. Des hirondelles se poursuivent avec de petits cris d'amour. La nature verdoie sous une chaleur torride. — Dans le sentier, Barrabas rouge, vêtu d'un froc marron et le visage en sueur marche péniblement et tire un âne par son licou. De temps en temps il s'arrête, et arrache des touffes de fleurs qu'il dépose sur les paniers ventrus de son compagnon aux longues oreilles.
BARRABAS
J'ai soif ! un quart d'Jieure se sera bientôt écoulé depuis que je m'escrime h détacher ma langue de mon palais. Les mouches tourbillonnent autour de moi comme si j'étais une charogne. Doucement, mes bonnes amies, doucement, vos petits visages noirs m'horripilent; vos suaves ailes d'argent m'agacent, et le son de vos trompettes singulières ne me donne aucune envie de sautiller. Adressezvous à Lariflette, mon une, je vous en saurai un gré inhni. Aiguillonnez ses flancs, tracassez ses arabes, mordez ses oreilles, mais prenez garde à
LES HAUTS FAITS Di: M. 1)1-: PONTIIAU 201
sa queue. Voyons, Larillette, du courage! J'aperçois les chaumines hospitalières. J'ai donné à cet animal le nom de l'eu Larillelte, vengeance digne d*un amaut trompé... Si je faisais des vers pour tuer la longueur du chemin ?... Oui, mais l'habitude commande aux poètes de s'abslenir pendant la canicule. Je nargue l'habitude. Foin des chemins tracés ! les i)oètes comme les soldats doivent être toujours prêts à combattre... Quel sujet traiterais-je bien ? Barrabas, n'oublie pas que tu es novice dans un monastère réputé pour ses vertus. Travaille donc à édifier ton prochain et à sanctifier ta vie si coupable autrefois. Le Nouveau Testament est bondé de pensées poétiques dont tu peux tirer un parti avantageux. Cherche^ tu trouveras, « etaccipiesl » [Son front se ride, son regard devient fi.xe, son pas se ralentit et il s'absorbe dans une contemplation et dans une recherche muettes. Au bout d'une assez longue marche , son visage prend une expression béa te, une douce aménité s'y peint, ses yeux pétillent d'un feu particulier, sa bouches entrouve avec un fin sourire et les vers suivants s en échappent .)
Alidi ! les champs gras et silencieux
Ruissellent de bien-être.
Au loin la terre est chaude ; dans les cieux,
Le soleil trône en maître.
Chaque rocher porte un éclair au flanc ; A nos pieds, rien ne bouge.
Sur riiorizon se traîne étincelant Un lourd nuage rouge .
Nos sens charmés éclatent en chansons
Que n'entend pas la foule^ Et sous nos pieds^ l'océan des moissons
Lentement se déroule,
Avec ses bleus navires printaniers
Et ses barques vermeilles, Et ses blés verts qui servent de huniers
Aux matelots-abeilles.
Sur un chemin s'éloignent des troupeaux.
Presque sans efforts d'ailes, Autour de nous voltigent sans repos
De sveltes hirondelles.
Dirait-on pas des cailloux blancs et noirs
Dans leurs élans risibles, Lancés du haut de souterrains manoirs
Par des mains invisibles ?
Nous les voyons passer en bataillons,
Au bruit clair des cimbales Que font tinter dans l'herbe les grillons
Repus et les cigales.
Obien-aiuiéo! il faut que ce beau jour Rayonne dans ta tète,
LES HAUTS FAITS l)i: M. m; PONTIIAU 203
Me compronds-tu?Gar c'est pour notre amour Que la plaine est en fùte !
Rose, Rose, comme je te regrette I Mon costume de moine n'est qu'un déguisement pour toi; Rose, hier, couché sur mon grabat, la nuit, dans ma cellule, A l'heure où je rêvais, après avoir simulé une indisposition pour manquer l'office nocturne, ton spectre m'est apparu ; non pas décharné, non pas claquant des dents, non pas épouvantable de courroux^ mais riant, adorable, avec ton auréole de cheveux roux, tes regards verts comme la saison des amours, ta chair épanouie et les parfums de ta jeunesse en fleur. Oh ! Rose, je te pardonne la trahison dont tu m'as accablé. Je t'aime encore, et je te voudrais malgré la mort et malgré tes terreurs du tombeau. Que la tombe te soit douce ! douce comme les caresses que tu m'as prodiguées, douce comme le velours odorant de ta peau. Ne crains rien, je n'ai pas éparpillé ton souvenir sur la poussière des routes où j'ai marché. — Ouf! me voici arrivé ! bénie soit la maison qui m'ouvre sa gracieuse porte, je vais donc me rafraîchir !
// attache son âne à une barrière et pénètre dans la maison rustique. Le silence nest troublé pendant un instant que par des modulations de lâne ; mais bientôt^ un bruit de voix assez animées se fait entendre, puis des éclats de colère, et enfin, on distingue une voix féminine et perçantey des cris mâles et
le vacarme d'une lutte. Tout d coup, deux corps enlacés roulent deiant la porte, au milieu du jardinet. Lâne se cabre de frayeur.
BARRABAS, se relevant en toute hâte.
Peste ! quelle laronne î
LA FEMME
Au secours ! à l'assassin !
BARRABAS
Taisez- VOUS, je me sauve.
LA FEMME
Au secours !
Silence ! ou je te tords le cou. On ne te croira pas.
LA FEMME
On ne me croira pas; nous verrons bien. Au secours !
BARRABAS
Si tu veux ne plus crier, à toi le contenu de mes paniers.
LA FEMME
Mauvais moine, tu seras puni ! Ali ! canaille ! Lu veux L'en aller! Eli bien, essaie. [Elle tempoiyne var son froc) BARRABAS, lui meurtrissunt la face d coups de poinys.
Eh! lâclie-moi, drôlesse ; lâche-moi, jument poussive. Tu tiens donc à ùLre défigurée ?
LA FEMME
Aïe! aïe! aïe ! aïe! A l'assassin ! A moi! à moi! — Enhn ! on m'a entendu, on vieuLl
LES HAITS FAITS DK M. Db] PONTUAU 2Cr>
BARFxAnAs, npri's lui avoir lîriovhé un coup de pied
dans le vctilrc.
Bonne santé! [La femme s'évanouît^ Barrabas détache son line et se sauve d foutes Jambes suivi par le roussin qui cabriole. Des bondes de moissonneurs accourent de toutes parts. Ils s'arrêtent d^ abord d la moisoUy puis quelques-uns restent aujjrés de la femme évanouie, tandis que les autres se mettent à la poursuite du moine en poussant de grands cris. On n'entend plus sur la route que le fracas et, les hurlements des coureurs. Barrabas a de l avance, mais pas assez mur être perdu de vue.)
Une chapelle dans un couvent. L'autel est dominé par un Christ en bois sculpté. Le plafond est couvert de mousses. Les fenêtres sont composées de petits vitraux blancs derrière lesquels se balancent des pariétaires, des giroflées et des gueules de loup. Dans un coin se dresse une espèce de pupitre en fer sur lequel brûlent et se morfondent des cierge.s minces de plusieurs tailles. Une cloche lancée à toute volée emplit l'air d'éclats argentins. Le soleil jette dans la chapelle à travers les fenêtres de longues traînées lumineuses où voltigent un monde d'utomes. A droite un confcSbionnal. — Barrabas, essoufflé, entre précipilanimciil, se gliôse dans le confessionnal et en ferme la porte sur lui. Au même moment, un charivari de voix se déchaîne comme une tempête, des moines arrivent de tous côtés et la cloche cesse de tinter.
VOIX, au dehors.
Ouvrez ! ouvrez !
LE PRIEUR
Pourquoi venez-vous troubler la sérénité de ce monastère ? C'est ici la maison où règne la paix.
UNE VOIX
Nous le savons^ ouvrez !
LE PRIEUR
Que voulez-vous ?