MON RETOUR CHEZ MOI A PARIS
Me voilà donc de nouveau étendu sur ma banquette, la position horitontale étant Ja seule . qui me parût supportable. Un voyageur que je ne connaissais pas, et que j'ai su plus tard s'appeler M. Kintzinger, avait bien voulu monter avec moi. Comme il s'était précautionné à la gare d'une
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bouteille d'eau et d'un verre, il continua les applications froides sur mes plaies.
Il était près de minuit quand nous arrivâmes à Arles. Mon état s'était notablement amélioré, en ce sens que je pouvais me regarder comme à peu près maître de l'hemorrhagie. Aussi ne songeai -je pas à descendre.
Nous atteignîmes Lyon à six heures du matin. Là je pus obtenir un oreiller qui me parut d'autant meilleur que j'eus enfin de quoi reposer ma tête.
Nous quittâmes Lyon à sept heures et arrivâmes à onze à Dijon, où il y eut un nouvel arrêt d'une demi-heure, puis le train se remit en marche. Je supportai cette dernière partie de la route mieux que je n'avais osé 1 espérer, mon courage se retrempant, à mesure que nous approchions, dans la perspective de ma prochaine délivrance..
Six heures sonnaient comme nous entrions dans la gare de Paris. Les premières personnes que j'aperçus furent ma femme et mes enfants qui étaient venus au-devant de moi, ne sachant rien encore. Ge fut seulement en me voyant tout couvert de sang qu'ils apprirent la triste réalité....
Quand de part et d'autre l'émotion se fut un peu calmée, on lit approcher une voiture et on me ramena chez moi, où mes confrères, mandés en toute hâte, procédèrent à un premier pansement. Un premier pansement ! Et il y avait quelque chose comme vingt heures que j'avais été frappé! Ce pansement fut très-laborieux, par cette circonstance surtout que le contact prolongé de l'air sur les plaies les avait séchées au point que les cheveux et les chairs, agglutinés par Je sang, .ne formaient plus qu'un tout inextricable.
Mais laissons ces détails, dont ce n'est pas ici la place. Ne parlons pas davantage des complications graves qui s'en suivirent et qui, après avoir mis à plusieurs reprises mes jours en danger, entraînèrent une longue convalescence. Qu'il me suffise de dire que, grâce à la Providence qui m'a protégé d'une manière si visible, ma santé est redevenue aujourd'hui ce qu'elle était avant l'accident.