‹ Les Hébreux en EgyptChapitre 108 sur 150 · VIII. Les plaies · texte numérisé non relu

VIII. Les plaies

On a voulu reconnaître dans la plaie des pustules ce qu'on appelle le « bouton du Nil ». Ce sont des boutons de chaleur qui font éruption au moment de l'inondation. Ils produisent une démangeaison cuisante plutôt désacjréable que dangereuse. Ils peuvent durer plusieurs jours, mais ils sont parfaitement inoffensifs. Ce n'est pas cette innocente tumeur qui aurait inquiété Pharaon.

La grêle est admirablement décrite par l'auteur sacré (Ex. 9, 18-25). Il sait fort bien qu'elle fond parfois sur ]'Eg3-pte, mais celle-ci sera si grosse et si violente qu'il n'y en eut jamais de semblable dans tout le pa3's. Elle sera accompagnée de tonnerre, elle hachera toute la verdure des champs et sera un danger pour les animaux et les hommes.

La grêle a été constatée, dans la Basse Egypte, en janvier»en février, en mars et en avril. Il tombe parfois d'énormes grêlons. On en a ramassé qui étaient gros comme des balles de tennis et qui pesaient jusqu'à quinze grammes. Le 6 mars 1920, un violent orage, avec éclairs et tonnerres. s"abattit sur le Caire. En moins d'une heure, les rues étaient transformées en ruisseaux. La pluie était mêlée de gros grêlons.

La grêle ne se commande pas. Cependant. Moïse la fit tomber ijuand il \oulut, et dans l'intensité qu'il voulut, et avec la durée qu'il \-(nihit.

La grêle est locale. Il restait encore de belles moissons sur |)ied. Alors Dieu envoya la sauterelle. Ce fléau de l'Orient et du Nord de l'.Afrique n'est pas inconnu dans la vallée du Nil, bien qu'il n'y arrive pas chaque année et qu'il y soit même assez rare. L'année 1915 fut une année de sauterelles. Elles vinrent de l'Est et de l'Ouest. Le premier vol arriva en janvier de l'oasis Bahrîeh Elles se multiplièrent en février et durèrent jusqu'en mai. Celles «lui vinrent de l'Est passèrent le canal entre Ismai'lia et Port-Saïd et s'abattirent svu- le Delta. On sait que la même année, le fléau fit aussi de terribles ravages en Palestine.

Les sauterelles paraissent à des intervalles très irreguliers. On les avait signalées en 1<S91 en Palestine et en Syrie. La merveille e.st de les voir surgir à l'appel de Moïse. Elles n'ont pas l'habitude d'obéir aux hommes.

Les ténèbres doivent être rapprochées du khamassin (') qui souffle en mars et en avril. Quiconque a vécu en Egypte en a été témoin. C'est un vent chaud, et parfois violent, du désert. Il produit une tempête de sable qui obscurcit l'air à la manière d'un brouillard épais. Il n'est pas continu,

(M C'est à dessein que j'écris ainsi ce mol, car teile est la vraie prononciation des gens du pays. On dit généralement que c'est le nombre khamsin «cinquante», parce que ce vent, explique-t-on, souffle pendant cinquante jours. D'abord, on pourrait dire aussi bien quarante ou soixante. Personne, en effet, n'a jamais compté les jours de khamassin. lise fait sentira peu près pendant les deux mois de mars et d'avril, parfois en mai aussi, mais avec des intermittences qui réduisent de moitié le nombre des jours chauds. Ensuite, les indigènes (|ui n'ont pas été influencés par les explications des livres, ne connaissent pas cette interprétation, et pour eux, kha)iisiii «cinquante», et khamassin «le vent chaud», sont deux mots di.Térents.

A mon avis, khamassin est un ancien mot égyptien qui a été conservé, avec beaucoup d'antres, dans le langage parlé, après l'adoption de l'arabe.

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il a des intermittences. Il se maintient pourtant parfois cimi ou six jours de suite. Le ciel est alors voilé d'un rideau jaunâtre fait de sable très fin. Hn plein midi, dans les gares, il faut allumer tous les feux. Il arrive que le sable est enlevé en tourbillons et emporté à de grandes distances où il retombe obliquement, à la manière de la grêle. C'est assurément un fléau pour l'Egypte- Tout être vivant en souffre. Il fait du mal aux arbres fruitiers (abricotiers, amandiers). S'il les trou\e en fleurs ou au moment critique où se noue le fruit, c'en est fait de la récolte.

Comme pour la grêle et les sauterelles, l'autf^ur sacré sait très bien (]ue le vent chaud du désert souffle annuellement en Eg^'pte. Le prodige est (]ue Moïse s'empare du phénomène naturel, qu'il le dirige à son gré, lintensifie dans la mesure reciuise pour atteindre son but, et l'arrête (juand il lui plaît.

Même considérée en elle-même et indépendamment du caractère religieux et pascal que lui donne le texte, la mort des premiers-nés ne peut se rapprocher d'aucun phénomène naturel. On a parlé de la mortalité infantile qui est assez grande en Egypte à cause de la négligence des parents. Mais il est évident (]ue l'auteur a en vue l'aîné de chaque famille, même s'il n'est plus enfant et a atteint un certain âge (12, 29): '« Depuis le premier-né de Pharaon assis sur son trône, jus<]u"au premier-né du captif dans sa prison ». Considérer les nouveaux-nés en général serait déformer entièrement l'idée fondamentale de cette dernière et plus terrible plaie.

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