‹ Les Hébreux en EgyptChapitre 112 sur 150 · Villes anciennes loi · texte numérisé non relu

Villes anciennes loi

d'Héliopolis. Sur cette dernière, entre Serapiu et Héro (Tell el-Maskhouta), \ Itinéraire marque 18 milles, ce c]ui est un peu faible, mais nous ignorons le parcours de la route, et il est notoire (lue les distances indiquées ne sont qu'approximatives '). Il est probable que les deux routes avaient une section commune au sortir de Serapiu, et qu'elles bifuniuaient seulement vers le milieu du seuil de Sérapeum, Celle de Thaubastum montait tout droit vers le Nord, celle de Héro inclinait à TOuest vers le Ouadi Toumilat ("). La localité <^ El-Avdmk n'est pas le Migdol de l'Exode, comme l'insinue Clédat {loc. cit. p. 218). Les Hébreux campèrent entre Migdol et la mer (Ex. 14, 1). Or, si la mer communic]uait alors avec les lacs, où et comment étal)lir un campement considérable de manière à vérifier l'expression biblitiue "

On n'a noté aucun monument égyf)tien en cet endroit. Nous n'avons aucun indice sur rantifjuité pharaonique ni de la ville ni de la forteresse. Elles n'existaient peut-être pas au temps de l'Exode. D'après le texte cité plus haut, la forteresse était en relation avec le canal des anciens. Elle fut probablement construite à l'époque même oîi le canal fut creusé, sous le pharaon Nékao ou sous Darius, roi de Perse, pour protéger le débouché dans les lacs ('').

(') Le ms. 7230 A de la Bibl. Nal. de Paris (X" siècle), qui est un des meilleurs d'après les éditeurs de VIlinéraire (Parthev et Pinder), donne 28 milles (au lieu de 18) pour le même parcours. Le mille romain dont il s'agit était, croit-on, de 1482 métrés.

(^) Clédat a retrouvé quelques tronçons des anciennes routes romaines dans cette région et spécialement au Sud des Lacs Amers. Il semble qu'une de ces routes traversait ces lacs qui, par conséquent, étaient alors à sec, au moins en partie (Notes sur l'isthme de Suez, carte, /. /. p. 228, texte dans 17, p. 112-114).

(3) Pourquoi ce nom, évidemment déformé, de Serapiu? Les niss. donnent comme variantes Seraphium, Séraphin, Seraphui, Séraphin, Serapio, Serapto. Ce nom est inconnu des historiens et des géographes. Strabon qui décrit fort bien la région, l'ignore. Il attache, au contraire, une grande importance à Héroonpolis. Ce ne fut donc guère autre chose qu'un poste militaire ou un relai, à l'époque romaine.

On admet généralement que Serapiu suppose une forme primitive Sérapeum Seçou-iEtov (temple de Sérapis). Les savants de l'E-xpédition française, sous Bonaparte, crurent avoir trouvé les traces de ce monument dans quelques blocs de granit et quelques arasements de construction qui émergeaient du .sable, à peu prés au milieu du seuil. Ces blocs étaient les débris de la stèle de Darius (voir plus loin), et les amorces de murs marquent, croit-on, l'emplacement d'une tour de garde. Le nom, Sérapeum, est resté à l'endroit et au seuil.

Existait-il un temple de Sérapis, un Seqcwteîov, un ancien temple d'Osiris, dans la région des lacs? C'est très controversé. Un seul indice est fourni par la stèle de Ptolémée Philadelphe découverte à Tell el-Maskhouta. On y lit ces paroles : «i Osiris, seigneur de Ro-iebt (porte de l'Orient), habitant Pi-kerehety> (Naville, Store-city, pi. 8). D'où on conclut que Pikerehet était un temple d'Osiris. Mais, ni la stèle, ni les textes géographiques d'Edfou qui nomment se-kerehei «le siège du serpent», (De Rougé, Inscriptions et notices recueillies à Edfou, p. 145) ne fournissent la moindre indication sur l'emplacement de ce temple. C'est par pure hypothèse qu'on le situe dans la région des lacs. En outre, on ne voit pas pourquoi les Grecs l'auraient >^ppelé Seecuieiov alors qu'ils distinguaient fort bien Osiris et Sérapis.

Du point de vue morphologique, le mot constitue un petit problème. Rapprochons-le de deux autres mots de V Itinéraire : Heliu et Thaubasio. Personne n'hésite à redre.sser Heliu en Héliopolis et Thaubasio en Thaubastum. Alors, pourquoi ne pas faire de même pour Serapiu ?

152 IX. La Mer Rouge au temps de l'Exode

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