‹ Les Hébreux en EgyptChapitre 113 sur 150 · Les canaux · texte numérisé non relu

Les canaux

Jusqu'où arri\ait la Mer Rouge au temps de TExode ? Atteignait-elle les Lacs Amers ? Les dépassait-elle ? C'est la question capitale dans notre matière. Et, à vrai dire, il est difficile de le déterminer avec quelque certitude. La géologie est une science prodigue en siècles. Pour elle, les temps historiques sont si peu de chose !

Quelque lumière jaillirait-elle de l'étude des canaux anciens .' On admet généralement en égyptologie que déjà au i\Io\en Empire, un canal, se détachant du Nil vers Bubaste. traversait le Ouadi Toumilat et débouchait dans les lacs. Pure hypothèse qui a d'ailleurs quehiue vraisemblance. Il }• avait, en effet, alors dans cette vallée des villes considérables à Tell el-Maskhouta, à Tell Artabi et ailleurs. Sans l'eau du Nil à proximité, avec les seules saqidehs, auraient-elles joui de quelque prospérité .'

La même raison devient plus pressante au Nouvel Empire, alors que les pharaons firent accomplir de grands travaux dans les localités mentionnées. Peut-être même entreprit-on de prolonger le canal jusqu'à la Mer Rouge, pour ouvrir une voie navigable au commerce avec les régions enchantées d'Orient d'où venaient les parfums et les métaux précieux. Cette assertion est assez commune, elle n'est pourtant appuyée d'aucun document précis.

Peut-on faire fond sur les dires de quelques anciens géographes qui attribuent l'honneur de cette entreprise à Sésostris .? ('). Dans le style de cette époque, .Sésostris c'était Ramsès II. De toute l'antiquité on ne connaissait guère que -Sésostris et c'est à lui qu'on faisait remonter la plupart des monuments. Mais ces auteurs sont trop loin des faits pour que leurs paroles aient quelque chance de nous livrer la vérité. En outre, Hérodote, qui écrivait bien avant eux, ne parle pas de Sésostris et dit expressément que ce fut Nékao qui le premier conçut le plan de creuser le canal jusqu'à la mer (^).

On ne peut, non plus, s'appu3'er sur les documents concernant les navigations des Eg3'ptiens sur les côtes de la mer Erythrée. La plus célèbre de ces expéditions, et, sans doute, la première en importance, a été peinte en vives couleurs au temple de Deir elbahri, à Thèbes. Elle eut lieu au temps de la reine Hatschepsit et cette orgueilleuse fille des Pharaons voulut en immortaliser le souvenir dans le sanctuaire de la déesse Hathor. On y voit les villages de Pount avec leurs arbres à résine, les navires égxptiens

Notons surtout la forme Serapto donné par un manuscrit (C des auteurs, Paris, Bibl. Nal. 4848, XII° siècle). Il est donc bien plus probable que le mot primitif est Seraptum. Ainsi, s'évanouirait le mirage du vieil Osiris. Ainsi, serait définitivement différencié Serapiu ^Seraptum) de Pi-kerehet et l'on aurait toute liberté de localiser celui-ci où indiqueraient les monuments égyptiens. Nous venons de voir qu'il se trouvait peut-être au Gebel Mariam. (Appendice).

(') Strabon, 17, 1,2.5; Pline, Hist. Nal. 6,33. Voir les textes en appendice III, 4, 6.

(2) Hérodote. 2, 158. Texte en appendice 111, 1.

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