‹ Les Hébreux en EgyptChapitre 133 sur 150 · Le Passage · texte numérisé non relu

Le Passage

1. I^us Ainers. Cette opinion est assez répandue et elle ne se heurte à aucune objection essentielle. Pour le dernier campement d'Israël elle a la belle et vaste plage qui se déroule à l'Ouest du grand bassin, entre les eaux, le Gebel Genëfeh et le pic Chebrezuet. Ce dernier pic peut même servir à fixer le nom de Baalséphon. Arrivant du Nord, les Kgjptiens s'arrêtèrent sur les hauteurs qui dominent le lac, bien sûrs que les fugitifs ne leur échapperaient pas (').

2. Seuil de Chalouf. L'appui le plus ferme de cette h3-pothèse lui vient du fortin égyptien découvert par Clédat sur la colline ^ Abcm Hasa. Ce fortin-temple existait au Nouvel Empire (Séti I, Ramsès II), donc au temps de l'exode, et il y a toutes les chances qu'il soit un des trois lieux nommés par la Bible, Migdol, Phihahirot, Baalséphon, plus probablement Migdol (*). En effet, il réalise admirablement les conditions géographiques exigées par le texte sacré. Les Hébreux campèrent entre Migdol et la nier (Ex. 14, 2). Le fortin ég\'ptien est à peu près à 8 kilomètres du canal maritime. La mer pouvait occuper alors deux ou trois kilomètres en largeur dans la dépression. Il reste encore cinq ou six kilomètres pour le campement. Quel site plus approprié trouvera-t-on dans toute la région ? Le pic de Chalouf, dans la plaine, au Sud-Est du fortin û' Adoîi-Hasa, peut convenir à Phihahirot. Quant à Baalséphon, il semble, d'après le texte, qu'il faut plutôt le chercher sur la rive asiatique (''), si toutefois ce n'est pas le Gebel 'Attdka, à l'Ouest.

On ne peut obiecter que la garnison de la forteresse aurait arrêté les Hébreux, car celle du migdol, en quelque endroit qu'on le place, pouvait faire de même. Mais que pouvaient (]uelques gardes contre une pareille invasion -

(') En faveur de cette hypothèse: M. Jullien, L'EgypU, souvenirs bibliques et chréliens, 1889, p. 131. Le P. JuUien avait visité les lieux lui-même en 1885, et selon son habitude, il les décrit avec beaucoup d'exactitude et de science. Il n'a rien omis de ce qu'on peut dire pour appuyer cette opinion. Victor L. Trumper, The route of Exodus : from Pithom to Marah dans Quart. Stat. du Pal. Expl. Fund, Jan. 1915, p. 22-29, avec une carte. Cet auteur fait passer les Hébreu.x au milieu du grand lac. Dans la même revue (Avril 1915, p. 64), J. D. Crace apporte deux modifications au système de Trumper, il veut que le bras de mer qui communiquait avec les bassins fût beaucoup plus étroit, et il localise le passage entre le grand lac et le petit lac. Colonel Watson (même revue, July 1915, p. 132) adopte cette manière de voir. Lecointrk, La campagne de Moïse pour la sortie d'Egypte, 1882, et autres écrits réfutés longuement par Vigouroux, La Bible et les déc. mod.. Il, liv. 4, chap. 15, p. 391 sqq.

(2) Cledat veut que ce soit Phihahirot parce que ce temple portait probablement le nom de Pi-Hathor. Nous n'avons pas admis cette identification.

(3) De nouvelles recherches dans cette région amèneraient peut être la découverte de monuments qui nous rendraient Baalséphon. .Si Phi-ha-hirot signifie «l'entrée desgoufires», ce mot pourrait désigner la pointe sud des Lacs Amers.

Nous avons dit que le migdol <\' Abou Hasa avait peut-être pour but de protéger la route du .Sinaï qui aurait franchi la mer à gué en cet endroit. Cela ne nuit en rien au miracle, car un gué ne pouvait fournir un passage à la multitude des enfants d'Israël avec tous leurs bagages et leur bétail. Ajoutons qu'ils passèrent rapidement, />tfn<^a«/ la nuit, et que les Egyp tiens les suivirent avec leurs chars.

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