XI. L'époq7ie et les Pharaons
nastie (Séti I. Ramsès II, Ménephtah) s'attache indubitablement à diverses localités et monuments de la marche asiatique. Nous avons rencontré le migdol de Séti I à Tell el-Hc>\ un autre migdol au seuil de Chalouf, les temples et viagasins de Ramsès II à Tell Artabi, à Tell el-MaskhoiUa, à Pi-Ramessé, à Tanis, le khetem de Ménephtah à Thékou. Cette prédilection de la XIX' d3-nastie pour le Delta oriental lui vint peut-être de ce qu'elle avait tiré son origine de cette province (voir p. 125 .
Les Hébreux travaillèrent à la construction des villes-magasins Pithom et Ramsès. Or. les recherches récentes nous montrent ces villes édifiées, en partie du moins, par Ramsès II, Pithom soit à Tell Artabi, soit à Tell el-Maskhonta, Ramsès à la grande et belle résidence royale de Pi-Ramessé, vers l'embouchure du Nil pélusiaque. Et pour tous ces sites, il est fait mention de temples et de magasins.
La résidence pharaonique de Pi-Ramessé établit une harmonie remarquable avec la Bible. Les scènes de la vie de .Moïse }' trouvent un cadre à souhait. Petit enfant, il est exposé sur les eaux du Nil, du Shihor qui arrose le pa}s habité par les Hébreux et baigne les murs de Pi-Ramessé. La fille du Pharaon qui a son palais dans cette ville, descend aux bords du fleuve. L'enfant est sauvé, il grandit à la cour. .'X quarante ans, âge des décisions, il sort pour aller visiter ses frères. Il est témoin de leurs humiliations et de leurs souffrances. C'est le point de départ de sa \ocation.
Le long règne de Ramsès II 66 ans) s'accorde avec les 40 ans de séjour du libérateur au .Sinai. Il faut attendre que disparaisse ce monarcjue ombrageux et autoritaire, cet impit03able persécuteur du peuple de Dieu. Dès que l'obstacle est ôté, Moïse, armé de la force de lahvé, revient à Pi-Ramessé, et c'est avec le débonnaire et indécis Ménephtah qu'il entreprend ces longs pourparlers si bien décrits dans l'Exode. Sur les bords du fleuve, il accomplit ces merveilles qu'on a appelées les plaies d'Egypte. Quand enfin il a eu gain de cause, c'est de là, de Ramsès (Pi-Ramessé), qu'il part avec la masse du peuple pour la Mer Rouge et le Sinaï.
Ajoutons encore la présence du migdol de -Séti au seuil de Chalouf, migdol reconstruit par Ramsès II, et qui existait sûrement à l'avènement de Ménephtah. Voilà, sans aucun doute, une série d'appuis fermes et de première valeur pour l'interprétation du texte sacré.
Nous a\'ons suivi les Hébreux jusqu'à la Mer Rouge ; avec eux. après le passage miraculeux, nous chantons rh\-mne de triomphe. Nous ne les suivrons pas plus loin. C'est une vie nouvelle qui s'ouvre devant eux, vie errante dans la grande liberté des montagnes et des déserts. Pour eux, désormais, l'Egypte n'est plus qu'un .souvenir qui s'usera avec le temps, mais où les amertumes de l'esclavage n'arrivent pas à effacer les joies et les avantages d'une existence facile et longtemps heureuse-