‹ Les Hébreux en EgyptChapitre 15 sur 150 · Les Admonitions d'un sage égyptien · texte numérisé non relu

Les Admonitions d'un sage égyptien

raon devait être nommé dans la partie disparue du papyrus. C'était, sans doute, un Amenemhat ou un Sésostris.

Pris à part, ce texte n'est qu'un recueil de phrases sans suite. Etudié à la lumière du papvrus précédent (discours de Neferrohou), il s'explique et prend <iuelque unité. Nous avons là deux discours semblables. Ici, le début manque, mais le manuscrit de Pétrograde nous laisse entendre ce qu'il était. Le roi est dans son salon, il appelle ses conseillers et leur demande de lui trouver un sage. Ils lui indiquent Ipouwer. scribe renommé. Celui ci entre et repond au roi. C'est par cette réponse que débute le présent papxrus.

Le discours lui-même comporte deux parties : désolation générale dans le pays et restauration de toute chose. Le but manifeste de l'orateur est de faire l'éloge du roi qui a rétabli l'ordre. Ce roi est un des successeurs d'.Amenemhat I-

Voici queljues phrases de ce discours tout haché de coupures. Les .A.siaticiues y sont nommés dans les deux états, dans l'état de misère et dans l'état de prospérité.

LE DISCOUR.S.

1" partie. DK.soL.A'rroN.

Les Egyptiens sont en guerre et tout le pavs est en armes.

On va ajc labojir avec le boticlier...

Un homme regarde son fils comme son ennemi...

iJn homme tue son frère...

Le malheur est dans le pays, le sang est partout...

L'enfant d'une femme noble devient le fils de sa servante. Le Delta envahi par les Asiatiques:

Le désert est dans le pays, les champs sont ruiiiés.

Les Bédouins sont venus de loin en Egypte...

Z«? < Pays des marais » {Delta) tout entier nest pas couvert.

La Basse Egypte peut se vanter de chemins battus...

Les Asiatiques sont habiles dans les travaux du ^ pays des marais ».

Les Bédouins sont devenus comme des habitants d'Egypte en tout lieu. Phrases détachées et décousues, mais qui caractérisent bien l'infiltration asiatique dans les riches plaines du Delta oriental.

2"* partie, Rkst.auk.ation.

Naturellement elle est attribuée au roi: // apporte la fraîcheur à ce qui était chaud. On dit: c'est le pasteur des hommes.

Il n'y a pas de tnal en son cœur.

Si ses troupeaux so7it peu nombreux, il passe le jour à les réunir ensemble. La ti(i»i'>ie est dans les cœurs.

26 //. Pénétration asiatique en Egypte

Et plus loin, il parle de la suppression des maux, de la destruction dos dommages, d'un retour à la prospérité :

Voici qui est bien, les mains des Jiommes constntiseut des pyramides. Des étangs sont creusés. On fait des plantations d'arbres aux dieu v.

Dans les lambeaux de phrases qui restent, il n'est pas dit expressément que les Asiatiques ont été chassés, mais le texte complet devait contenir cet éloge inévitable du pharaon. Au reste, voici une phrase qui ne peut s'expliquer que dans ce sens :

// résulte de là que les Asiatiques connaissent la condition du pays.

et que les Bédouins sont sous sa crainte.

Cette phrase est composée de deux membres parallèles qui se correspondent terme à terme: Asiati(]ues — Bédouins, condition du pays — sa crainte- Le second membre est clair, les Bédouins sont sous sa crainte, ils ont donc été expulsés ou bien ils se sont soumis. Le premier membre, en vertu du parallélisme poétique, a un sens analogue, les Asiatiques connaissent la conditioti du pays, c'est-à-dire, la puissance du pa\s.

Ainsi, comme Neferrohou, Ipouwer termine son discours en félicitant le roi d'avoir libéré le Delta oriental de l'invasion progressive des Orientaux.

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