Stèle de Nessoianotiloii
Pour chaque mot d£ cette stèle, c'est la vérité ce qui a eu lieu par mon bras, cela s'est fait en vérité, point de vanterie, point de 7nensonge en elle.
.r ai écrasé les Anou Asiatiques (Ann Ment in) (') et les * gens des sables » .
J'ai renversé leurs forteresses comme si elles n'étaient pas.
J'ai cojtru dans les champs, fai bondi en avant, (comme ils étaient) derrière leurs défenses.
Il n'y avait pas mon égal, (ainsi) comjiiandnit Monthou.
Il est donc bien certain qu'au début de la XII' d\nastie et sous le recfne d'Amenemhat I, les Eg3ptiens durent prendre les armes pour repousser les Orientaux et qu'ils dirigèrent une expédition assez loin vers la Palestine méridionale. On se souvient du grand lecteur Neferrohou discourant devant Amenemhat I et chantant ses victoires sur les Asiatiques. Son panégyrique était bien basé sur les faits.
(^') Voici deu.x nouvelles appellations. Les Anou Menliou étaient une peuplade des régions voisines de la frontière orientale d'Egypte, et spécialement du Sinaï. Le ternie Anou se trouve déjà sur la pierre de Païenne (p. 7) dans l'expression stéréotypée « la fête de frapper les .-Xhou ». Cette phrase contient toute une histoire. Elle nous laisse entendre que les Anou occupaient à l'origine la vallée du Nil et qu'ils furent vaincus par des nouveaux venus que nous appelons les Egyptiens. On leur attribue généralement, et à bon droit, la fondation de deux villes très anciennes qui portent leur nom : On (Héliopolis) et Onit (Dendéra).
Vaincus, les Anou se disloquèrent en trois tronçons : 1. Les Anou Salit, en Nubie et dans la région des cataractes ; 2. Les Anou Tehenou, à l'Ouest de la vallée, de la Méditerranée jusqu'en Nubie, donc les Lybiens anciens, appelés aussi Timihou ; 3. \^^% Anou Mention, à l'Est et au Nord-Est, surtout au Sinaï. Cette peuplade asiatique est signalée dans les inscriptions de Snéfrou (p. 121. Elle est différente des Àamou (p. 15) qui vinrent après. On ne trouve jamais le nom des Anou accolé à celui des Aamou. Le terme Menliou semble être plutôt un nom commun signifiant « pasteurs, bédouins ». Voir Ed. Naville, Rec. de Trav. XXXII, p. 52.
On a rapproché les Anou des Anamim de la Bible (Gen. 10, 13; 1 Par. 1, 11). Voir ViGoUROUx, Dicl. de la Bible, art. Anamim. Les Anamim, fils de Misraim, apparaissent, en effet, comme une peuplade primitive de l'Egypte et le rapprochement est e.xtrémement tentant. Il se recommande même des grands noms de Maspero, de Lenormant et de Rougé (voir références clans Dicl. de la Bible . Quel que soit le poids de ces autorités, il faut pourtant remarquer que, du point de vue philologique, l'identification offre de sérieuses difficultés. Le terme Anamim, est loin de l'égyptien 'anu,. avec un alif.
En réalité, ces deux mots diffèrent par deux radicales et n'en ont qu'une seule de commune n. C'est donc une base très fragile à l'identification et celle ci reste tout à fait problématique. Au reste, observons que Maspero la donne comme telle, et nu'lement taine (Hisl. Ane, 1905, p. 16).
//. Pénétration asiatique en Egypte