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Relations commerciales

Les relations entre TEgypte et la Palestine sont basées non seulement sur le voisinage de ces deux pa}s mais aussi et avant tout sur leurs conditions économiques. L'Egypte, bien arrosée par le Nil, est un pa\s au sol fécond, aux produits variés et riches. Aussi ses plaines indéfiniment fertiles ont-elles toujours excité la convoitise de ses voisins moins fortunés de IT^st et de l'Ouest. En S^rie et en Palestine, les terres sont, en général, maigres et légères, les montagnes arides et escarpées, et la vie v est âpre et coûteuse. En revanche, il y a des ressources qui manquent à l'EgA'pte, le bois en particulier. De là des relations commerciales qui ont existe de tout temps. La trace la plus ancienne que nous en trouvons dans l'histoire nous reporte aux premières dynasties égvptiennes.

La Pierre de Palertne mentionne, pour le règne de -Snefrou, premier roi de la IV" dynastie (vers 4000 av. Jésus-Christ), une expédition de 40 bateaux pour apporter du bois de cèdre (')• Le document n'indique pas le terme de l'expédition, mais il ne saurait être autre (]ue le Liban, le pa3's des cèdres. On lit aussi sur la même pierre : « Construction d'une salle de 100 coudées en bois de cèdre », et l'année suivante: • Fabrication du palais royal en bois de cèdre (■) ». Tout ceci se passe sous le règne de Snefrou.

.Ainsi, longtemps avant Salomon, les Eg3^ptiens avaient reconnu l'excellence du cèdre. Ils en faisaient les boiseries de leurs palais. Ils en faisaient aussi un meuble qui, dans leur idée, devait durer pour l'éternité, la boîte de momie, la maison éternelle. Le musée du Caire possède plusieurs cercueils en bois de cèdre, de toutes les époques, même

(') La Pierre dite de Palerme parce qu'elle est conservée dans le musée de cette ville est un dts documents les plus anciens et les plus remarquables. C'est une grande plaque en diorite, malheuresement brisée et incomplète, qui était couverte d'une longue inscription en hiéroglyphes contenant les annales des premières dynasties. Elle fut gravée sous la V" dynastie (vers .S500). Pour les temps les plus anciens, ces annales ne donnent que des noms propres; pour ceux qui sont plus rapprochés, elles procèdent par années, indiquant pour chaiiine l'événement ou les événements les plus importants. Breasted, Ancienl Records, Historiial Documents, I, Chicago 19ij6, 146, p. 66. Henri Gauthier, La Pierre de Palerme dans ].,■ musée ézyptien, III. 2. Le Caire 1915.

(-1 Breasted. Mist. Doc. 1-17. 148.

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de l'Ancien Empire. Après la pierre, granit, albâtre, calcaire, c'était la sépulture la plus riche et au temps de crise économiciue et de révolution.

Fiji;. 1. La « Pierre de Palerme ».

:mÛTs rois d'Egypte depuis les temps préhistoriques jusqu'A I.i V* dyi (D'après nRBASTKR, Hist. d'E^.. fig. 28t.

(juanil les bateaux n'apportaient plus les précieuses planches du Liban, c'était une privation très sentie. Un poème du Moyen Empire dont nous parlerons plus loin, décrivant le triste état de la société dans un temps de

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perturbation générale, émet cette plainte parmi bien d'autres : On ne va plus en bateau à Bihbs aujourdliui. Que ferons-nous pour As cidres t/e nos vioniies ? (') C'était donc un commerce assez régulier <]ui s'était etal)li entre l'EgN'pte et la côte S3'rienne (").

Une autre série de documents, malheureusement bien trustes, nous est fournie par le temple funéraire du Pharaon .Sahoura (V° dynastie) à Abousir. Sur une des parois conservée au milieu des ruines, est un fort beau basrelief représentant un bateau ([ui revient en ligvpte et arrive devant le l'haraon. 11 est monté par des Egyptiens qui s'inclinent devant leur maître en s'écriant: Salut à toi, Sahoura, dieu des vivants t]ui co?ite»iplent ta beauté I

Fig. 2. Bateau égyptien revenant de la côte syrienne.

Uas-relief du temple Ar Sah.iura à Abnusir. Egyptiens et Asiatiques lèvent les bras pour saluer Pharaon. (^rusée lie Berlin)

iD'.iprès Hrrastf.d, Hist. d'E:;., tig. 74 A

A bord, sont des prisonniers ou étrangers Asiatiijues que les Egyptiens obligent à se prosterner devant le roi.

Tout porte à croire que ce bateau revient d'une expédition au.x ports de Syrie (^').

('; (i.ARi)iNKK, The Admonitions 0/ ait Egyplian Sa^ire. Leipzig 1909, 3, 6.

(2) Dans tous les textes précités, le bois en question est appelé 'as en égyptien. Quelques ants, à la fois égyptologues et botanistes, prétendent que ce mot ne désigne pas le cèdre .aais une espèce de sapin qui pousse au Lil)an (Mies cilicica). On voit que cela n'importe pas à notre question. Cèdre, pin ou sapin, c'«st toujours en -Syrie que les Egyptiens vont chercher ce bois qu'ils estiment à juste titre (Loret, Quelques notes sur l'arbre àch dans Annales du Service des Antiquités de l'Egypte, XVI, p. 3.S; cfr. XIV, 191-1, p. I s(|q.; XVII, 1917, p 25-28).

(•'J Hugo GRESSSfA.NN, Altorienlalishe Texte und Bilder zum Allen Testamcnte, Tiibinjien 1909, Il p. 123, fig. 247.

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Un autre bas-relief du même temple montre trois ours attachés par des cordes et, à côté, des vases roug-es allongés, au col très haut, tels qu'on en fabriquait en Phénicie ('). Les ours viennent sans doute du Liban. Ce n'est qu'une supposition, le tableau est incomplet, l'inscription manque, mais elle est suggérée par l'ensemble de la décoration de ce temple, toute constituée par des scènes de guerre en Libye et en Asie antérieure.

Les relations commerciales dont nous venons de parier se faisaient par mer et n'amenaient les Egyptiens que sur les côtes. Ils pénétrèrent aussi en Palestine par le désert. Pourtant aucun document de 1' .Ancien ou du Moyen Empire ne nous les montre allant loin dans cette direction. Avant l'expulsion des H3'ksos. ils ne semblent avoir eu aucun désir de concjuète. Ils étaient bien chez eux et n'avaient rien à envier aux montagnes de Syrie. Ils se tournèrent vers le Sinaï oii ils avaient trouvé de précieux gisements. Du côté du Nord et de l'Est, ils se tinrent sur la défensive et se contentèrent de refouler les Bédouins qui commençaient à les menacer.

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