Les scarabées « hyksos
< h} ksos » (XIII'-XVII° d3-nastie). Ils sont caractérisés par une recherclie exagérée de rornementation, par la multiplication et la complication des signes ('). Les trois empreintes que nous rej)roduisons ici en donneront une idée.
La première (stéatite) est de style nettement « hyksos ». Comme c'était l'usage à cette épociue, les signes sont multipliés à profusion. Ici, ils sont disposés sur trois colonnes. Les colonnes de droite et de gauche sont symétriques; tous les signes de ces colonnes sont purement décoratifs. .A.U centre, devrait être le nom du propriétaire du sceau, comme c'est le cas ordinaire pour ce genre de scarabées. Il se lirait alors oîias ka kha fieferoui. Mais il n'est pas du tout sûr qu'il y ait ici un nom propre. Il se peut que tous ces signes, sur le présent scarabée, soient s\mboliques ou décoratifs comme ceu.\ des colonnes latérales. Il se peut aussi que le nom
Fig. 14. Scarabées de l'époque « hyksos ».
(Musée de l'Institut Biblique Pontifical).
propre soit formé seulement f)ar les trois premiers mots ou par les trois derniers. La question n"a aucune importance. Le propriétaire de ce sceau n'était ni roi ni prince, c'était un simple particulier, un Asiatique, sans doute.
Ce qui est intéressant à noter, ce sont les traits distinctifs du « style hyksos » sur cette empreinte, choix, facture, disposition symétrique, profusion des hiérogh-phes, grand nombre de signes du Delta où vivaient les Orientaux. Comme signes du Nord, nous avons ici les couronnes (colonnes latérales, deuxième signe, c'est la couronne rouge de la Basse Eg\pte). les deux touffes de pap\Tus sur corbeille (colonnes latérales, troisième signe, c'est le nom du Delta), les deux abeilles (emblème héraldique de la royauté de la Basse Eg3'pte). Ces trois signes sont symétriques par rapport au centre. Les deux yeux ouzait du sommet et les deux avantcorps de lion du fond sont aussi fréquents sur les scarabées « hyksos ».
La facture des signes est un indice de première valeur. C'est la tendance générale à com[)liquer, à surcharger, d'une manière grossière et barbare, les beaux hiérogl}'phes classiques, spécialement en striant des surfaces qui devraient rester lisses (voyez la chevelure des 3'eux ouzait au sommet, du klia au milieu, les stries du papxrus sur corbeille), en
(') Nkwbkrrv, Scarabs, pi. 22. 23. 24. 25. R. Weim,, Im fin du Moyen Empire égyptien, I, p. 234-252; II, p. 729-766.
///. Les Asiatiques établis en Egypte
Fig. 15. Horus (droite) et Set
ibleaa symbolique de l'union de la Haute Egi-pte, Bas-relief du siège de Sésostri: (Musée du Caire).