‹ Les Hébreux en EgyptChapitre 58 sur 150 · Les twms propres · texte numérisé non relu

Les twms propres

On trouve aussi des composés en 7iis-Akt de même sens, mais ils sont plus rares et s'eloig^nent d'avantage de la forme biblique-

3. On s'accorde à regarder comme identiques le nom du chef des gardes de Pharaon, Putiphar. iD'CD (Gen. 37, 36), et celui du grand prêtre d'Héliopolis riS '213 (Gen. 41, 45) ('). Le grec et le copte donnent d'ailleurs les mêmes formes pour les deux cas : neteqjyfi, copte, neTec|>pH n6Xc|>pH. 11 est manifeste que nous avons là l'égyptien ^ ^ /^ O Pa-di-pa-Râ

« Celui que donne Phra (ou Ra) >. On connaît un très grand nombre de noms composés de manière analogue ("), Pa-di-Amon, Pa-di-Bastit neTof-idaTiç, Pa-di-hit IlfTEfioiç Pa-di-Klumsn IlgTextùvoi;, Pa-di-Asar IIetooîqiç, etc. etc. Ils se rencontrent à la XX° d\nastie et se multiplient sous la XX!!" et après.

Deux scarabées de la XV'IP dvnastie appartiennent à un certain Pitdi-Râ (').

On objecte que dans Pa-di-pa-Ra nous intercalons l'article devant le nom du dieu, ce qui n'a pas lieu ailleurs. L'objection est nulle car on n'ignore pas que le nom de Ra, « le soleil », prenait souvent l'article. Les exemples abondent pour la XV'IIP et la XIX° d\-nastie {*). On a essa3é d'accréditer d'autres interprétations, mais c'est résister à l'évidence et abandonner im terrain ferme pour le sable mouvant des h\pothèses ('M.

propose 5'»/, nom de femme assez fréquent de la XY" à la X\'III= dynastie, mais ce mot aurait donné quelque chose comme Sent ou Sonet. D'après Lévesque i^ B, 1899, p. 415), ce serait Asneth « demeure de Neith ».

(') D'après les critiques, la première forme est du lahviste, la seconde plus savante est de l'Elohiste. Dans le Grec. \' Alexandrinus lit ;ii-Tee(}:îi. Il est manifeste qu'il y a là une métathèse pour n;sTS(poTi lu par le Bodleianus Geneseos.

(-) Lieblein, Ibid. passim ; Gkenfeli. and Hunt, The Hibeh papyri, parti, 1906; Spie- GELBERG, Aeg. und griech. Eigennamen aus Mumienetiketten der rômischen Kaiser zeit, 1901.

p) Pétrie, Scarabs and Cylinders wilh liantes, London 1917, pi. LVII, OP. G. 90. l.a lecture offre pourtant quelque incertitude, car le nom est suivi du faucon et c'était peut être Pa-di-Hor.

(*) V'oir entre autres, Gardiner, The Delta Résidence of the Ramessides dans le Journ. of eg. arch., V, 1918, p. 257: «le temple de Phra» — < les eaux de Phra », et p. 259. «la fondation de Phra ». Toutes ces citations concernent précisément le Delta Oriental.

(») Voir ViGOURODX, Dict. de la Bible, art. Putiphar par G. Lagier. Les interprétations différentes sont de Naville et de Lieblein.

Naville a résumé sa pensée dans un de ses deniiers ouvrages, Archéologie de l'Ancien Testament (trad. Segond), p. 97. Il n'admet pas une étymologie identique pour les deu.x noms Potiphar (Gen. 37, 36) et Potiphera' (Gen. 41, 45). Voici son texte: « La syllabe finale est le nom d'un dieu différent. Potiphar est en égyptien P hotep Har, le don ou l'offrande d'Horus, et Poti-phera, P hotep Ra le don ou l'offrande de Ra. Ra est la grande divinité d'Héliopolis (On) et il est naturel que le grand prêtre ' j)orte un nom contenant celui de son dieu. Hotep Ra, sans l'article P, se rencontre dans diverses occasions comme le nom du grand prêtre d'On par e.xemple, sur la magnifique statue trouvée à Meidoum, que l'on suppose appartenir à la troisième ou au début de la quatrième dynastie et où le grand prêtre est représenté assis à côté de sa femme >

Cts étymologies ont contre elles /les difficultés insurmontables. On ne connaît pas de

78 V. Les Hébreux. Joseph

En résumé, les trois noms propres qui se groupent autour de Joseph. Safnat Paaneh, Asenat et Pôtïp/iera' so it composés suivant les lois de la plus pure morphologie égyptienne. Ils entrent dans des cadras qui s'affirment surtout à partir du Xl^ et du X° siècle avant Jésus-Christ, assez longtemps donc après les H3ksos. A-t-on le droit d'en tirer une conclusion ferme pour la date de la rédaction du texte sacré? Ce serait une exagération évidente et un accroc manifeste à la saine logique. Ainsi pensent

noms propres composés sur le modèle que propose Naville. Hotep entre dans un grand nombre de vocables à la XVIII' dynastie et avant, mais alors il n'y a pas d'article et le nom de dieu est en tête, tels : Amen-Hotep 'A|iEva){hiç, Ra-Hotep, Har-Hotep, Ah-Hotep, Nefer-Hotep Sebek-Hotep, etc. A l'époque Hyksos on trouve le nom divin à la fin mais avec n du génitif et toujours sans article : Hetep-n-Ra (Nevvberrv, Scar. XXIV, 6. 8. 27), Di-n-Ra {Ibid. 1. 20), Ousir-n-Ra {Ibid. 35). C'est ce que reconnaît Naville lui-même. Alors comment expliquer la présence de cet article qui est une faute manifeste contre la grammaire ég>-ptienne? C'est la principale objection, il y en a d'autres. Comme le montrent les mots Amenôthès, Amenôphis, dans ces composés, l'accent tonique était sur le second élément et le premier s'abrégeait. On aurait donc un nom comme « Hetep-Ra », « Hetep-Hor », cfr. Hathor.

Voici comment Naville explique la forme grecque n:eTE(})oi"i : < Les Septante ne font aucune différence entre les deux noms. Ils doivent avoir été semblables dans le document araméen duquel ils furent traduits . . . Evidemment à l'époque des Septante, il n'y avait plus un Hotep Ra comme grand prêtre, et les traducteurs donnèrent au.x deux personnages un nom d'une forme alors usitée, qui se lirait Héliodore (p. 97) ». C'est donc par une série de suppositions qu'on arrive à jiExetpQfj. Mais le moins qu'on puisse dire est que la base, le document araméen, clé de tout le système, est une pure invention de l'auteur.

Sur ce libre de Naville et la théorie étrange qu'il développe, voir un excellent résumé et une courtoise réfutation par Sébastien Ronzevalue dans Recherches de Science Religieuse, 1917, p. 353-417.

LiEBLKîN, Mots égyptiens de la Bible dans Proceediiigs XX, 1898, p. 208, et, L'Exode

des Hébreux, ibid, XXI, 1899, p. 58, veut retrouver Potiphar dans „ ^ J ^__^ , nom

d'un individu qui, selon toute vraisemblance, vivait au temps des Hyksos et était préposé aux scribes d'Amon. Pierret, Etudes Egyptologiques, 1874, pp. 50-55, stèle 50 du Louvre. Pour Lieblein, ce nom est composé comme ceux dont nous avons parlé, du préfixe /"fZ-^a-rfî et de Ba'ar=Ra'al, «celui que donne Baal ».

Disons, dès l'abord, que cette composition, si elle était sûre, rendrait impossible toute assimilation avec Potiphar, aussi bien qu'avec Potiphera' . Car, l'auteur Sémite aurait reconnu de suite le nom sémite, Ba'al, du dieu si célèbre en Palestine et si fréquemment mentionné dans la Bible. 11 l'aurait transcrit lettre par lettre en Potiba'al.

Mais il n'y a aucune probabilité que Petbâr soit à lire Pa-di-Ba'al. La stèle qui a conservé le nom de ce personnage est dédiée à un de ses descendants qui était contemporain d'Aménophis I, le successeur du vainqueur des Hyksos, Ahmosis. La généalogie fait remonter Petbâr à la sixième génération en ligne directe, près de deux cents ans avant .Xniénophis I. donc aux premières années des Hyksos, ou peut-être même avant.

Quel était donc l'Egj-ptien qui songeait alors à prendre Baal pour dieu protecteur? 1-t notre homme est Egyptien, et Egyptien de Thèbes puisqu'il était préposé aux scribes d'.Xincm. Sa femme Aberkar, son fils Atou n'ont rien d'oriental.

En outre, la première partie du mot Pelh n'est pas l'équivalent de pa-di, car il n'y a aucun exemple, à ma connaissance, montrant que le verbe di «donner» était «parfois écrit avec le th tout seul.

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