‹ Les Hébreux en EgyptChapitre 57 sur 150 · V. Les Hébreux. Joseph · texte numérisé non relu

V. Les Hébreux. Joseph

ef'onh ('). Ils apparaissent à la XX' dynastie et deviennent fréquents à la XXIP. La seule objection élevée contre la reconstruction proposée, est que l'on insère, non pas un nom propre de dieu, comme dans tous les cas connus mais le nom de Dieu tout court. Et l'on prétend que jamais les Eg3'ptiens ne parlaient ainsi. Non, c'est faux. Voici quelques e.Kemples du contraire: « Une génération d'hommes passe, et Dieu qui discerne les caractères, reste caché » ; « travaille pour Dieu afin ( [u'il fasse de même pour toi » ; « Dieu est reconnaissant pour qui travaille pour lui (") ». Il faut plutôt admirer l'extrême délicatesse de Pharaon. En bon Hébreu qu'il était, [oseph n'adorait pas les divinités égyptiennes et son nouveau nom était une mar(jue de respect pour sa religion monothéiste.

Les autres explications sont tout à fait fantaisistes et ne reposent sur aucun fondement sérieux (^). Il ne suffit pas d'inventer des noms, il faut encore établir qu'ils étaient portés, car, assurément, on ne donna pas à ce nouveau ministre un nom complètement inconnu dans le ro\-aume.

2. Le nom de la femme de Joseph, .Aseneth, rijDH 'AoeveO ou 'AoewéO

(Gen. 41, 45) est l'égyptien O >> P ^cn J| As-Net ow As-en-Xct-2i\ftcn d'apposition les deux formes étaient également en usage . * appartenant à Neith » (*).

Les mots de cette formation, Af-en-Amon, Af-Klumsu. etc. sont très nombreux. Ils apparaissent déjà à la XVIII'' d\-nastie ('').

(') LiEBLEiN, Dict. des noms hiérogl. II, 2397. 2376. 2388. 2290.

C'j Gardiner, New litterary works from Ancient Egypt dans le Journ. of Eg.Arch. I, 1914, p. 33. 34. Ce.s phrases sont empruntées à V Instruction du roi Akhthoi à son fils Mêrikéré composition littéraire du I\Ioyen Empire que nous avons décrite plus haut.

(^) Telle, en particulier, l'hypothèse de quelques anciens égyptologues mentionnée par Vigouroux, La Bible et les déc. mod., II p. 132, note 2, et reproduite par Lévesque, Rezme Biblique 1899, p. 414, sans être approuvée, d'ailleurs. Il s'agit du nom d'Horus du Pharaon Kamès dont nous avons parlé plus haut. Il se lit s-def-towi « approvisionnant les deux pays » (la Haute et la Basse Egypte). — Autre composé analogue, s-her-towi « réjouissant les deux pays >, de la même époque et probablement du même roi. On voit que nous sommes loin du nom biblique.

Voici l'explication proposée par Naville {Archéologie de l'Ane. Test., p. 93): «La seconde partie, Paenéach, est la transcription littérale d'un mot signifiant: l'école des hiérogrammates, le collège sacré .. Tsaphnath n'est qu'une légère altération due à la prononciation sémitique d'un mot égyptien voulant dire chef de, maître de. Tsaphnath-Paenéach signifie donc le chef de l'école des hiérogrammates, du collège sacré. Ce titre se trouve dans des inscriptions égyptiennes ».

On lit, en effet, au décret de Canope (lig. 18. 32.36. \V. Bldgk, The decrecs of Memphis and Canopus, III, '58. 77. 83), sah n pi- on h < écriture de la maison de vie» c'est-à-dire apparemment « de l'école de l'académie ». L'explication de Naville dériverait de tsu n pi-onh « chef du Pi 'onh ». On voit que la philologie aurait peine à s'en accommoder. En outre, existait il un pi- onh «une école» des scribes au temps de Joseph? Naville veut que Joseph ait porté un nom en relation avec sa fonction. Or, Joseph n'avait rien à voir avec les scribes, il était chargé de gouverner l'Egypte, non de diriger une école.

(') Spiegelberg dans Zeilschrift fur aeg. Sprache, XLII, 1905, p. 84-85.

(^) LiEBLEiN, Dict. des noms hiérogl., I, 577. 578. 1355, etc. C'est l'explication la phis probable, les autres offrent de sérieuses difficultés pour l'équivalence philologique. Lieblein

Page 1