OUNI À LA TÊTE DE L ARMÉE
Sa Majesté m'envoya à la tête de cette année. Il y avait des princes, il y avait des chambellans,
il y avait des commandants de places fortes, des amis préférés, il y avait des goiivermiirs, les chefs des villes du Sud et du Nord, les amis dures, les chefs des pi'ophètes dji Sud et du Nord, les intendants des temples.
à la tête de leur contingent,, du Sud et du Nord, des places, des villes de leur gouvernement, des Nègres de ces pays.
Et c'est moi qid pris leur direction, alors que ma fonction n'était que celle de surintendant des bois de pliaraon, et tout fut bien organisé,
il n'arriva pas que quelqu'un moleste son compagnoti, il n'arriva pas que quelqu'un vote du pain, des sandales sur le chemin, il n'arriva pas que quelqu'tm enlevé des provisions de ville quelconqtie, il 71 arriva pas que quelqu'un dérobe chèvre quelconqtie à personne quelconque.
Je les place à l'île du Nord, « à la porte d l7nhotep >, à « IVdarit d'fforus, seigneur de vérité » (').
La marche victorieuse.
Cette armée' alla en paix, elle hacha le pays des « habitants du désert »,
cette armée alla en paix, elle écrasa le pays des « habitants du désert »,
cette armée alla en paix, elle démolit ses forteresses,
cette armée alla en paix, elle coupa ses figuiers et ses vignes,
cette armée alla en paix, elle sema la flamme dans toutes ses moissons,
cette armée alla efi paix, elle massacra ses troupes par myriades,
cette armée alla en paix, elle emmena priso?miers ses gens en grande multitude.
Sa Majesté me loua de cela au-dessus de toute chose.
Sa Majesté m'envoya pour organiser cette armée cinq fois, pour soumettre le pays des « habitants du désert", chaque fois qu'ils se révoltaient, avec ces armées.
Pour ces exploits, tne loua Sa Majesté au-dessus de totite chose (').
J'ai transcrit en entier ce texte remarquable, en le traduisant directement de rég\ptien, parce qu'il peut servir de prologue aux études qui vont suivre. Il nous fait faire connaissance avec ces tribus de la Palestine
(') Trois places fortes comme l'indique le déterminatif. Elles étaient à la frontièrt? dn Nord-Est. 11 se peut que ce Wa'aril d'Horus soit A varis An^<ra'rtf;V des Hyksos. Nous avons ici, il est vrai, 7va'arit et non hat-wa'arit « le château de la fuite », mais ce dernier mot est une allusion au mythe d'Horus poursuivant Set en fuite après le meurtre d'Osiris, et l'expression tva'arit d'Horus semble contenir la même allusion. Cette place forte aurait donc été au sile de Péluse.
(') Sur cette expédition et la carrière d'Ouni, cfr. .M.vspkro, Histoire yhicie/tne des Peu(>les d'Orient. Paris, 1909, p. 96-98