‹ Les Hébreux en EgyptChapitre 65 sur 150 · V. Les Hébreux. Joseph · texte numérisé non relu

V. Les Hébreux. Joseph

une peinture authenticjue où se reflète le récit de la Genèse. Améni est un prince d'un heureux caractère, une figure sympathique. Par sa douceur, sa bonté à l'égard des faibles, sa iîdélité à son Souverain, sa prévoyance, son activité au.x mauvais jours, il ressemble à Joseph. Il fut son précurseur.

Joseph n'introduisit pas en Egypte des méthodes nouvelles, il ne créa pas de toute pièce un s\stème économique. Il avait eu d'heureux et sages devanciers, il ne fit que les imiter. Son mérite, son grand mérite est d'avoir prévu la longue sécheresse qui allait affliger le pays, et de l'avoir prévue assez tôt pour en prévenir les redoutables conséquences. La Pro\idence ra\ait choisi pour jouer ce rôle de bienfaiteur de ses contemporains. Une grâce spéciale de lumière et de prudence l'accompagnait, c'est son honneur d'\' avoir été toujours fidèle.

Une grande abondance marqua les débuts de son administration, les plaines se couvrirent de moissons dorées (Gen. 41. 47-50). C'était alors le blé. le beau blé qui plus tard remplit les greniers de Rome. En ces derniers temps, depuis Méhémet-Ali, de nouvelles cultures, plus riches, la canne à sucre, le coton, surtout le coton toujours plus recherché, ont été acclimatées en Eg\pte et ont singulièrement accru la prospérité du pa\"s. Les anciens ne co/inaissaient pas tout ce luxe.

Joseph fit emmagasiner l'excédent des moissons dans les greniers pul)lics. Chaque ville, chaque village constitua ainsi d'immenses dépots de grains, les tenant en réserve pour les mauvaises années (')•

Il \- a au musée égyptien du Caire (salle V , N". 3274. 3275 et 4 autres sans numéro), quelques greniers en réduction (•). C'étaient des greniers funéraires (|u"on a retrouvés dans les tombeaux ((]uelques-uns à Saqqara. Ancien Empire) oîi ils avaient été déposés avec les mille autres objets (jui formaient le mobilier du défunt. Bans l'un d'eux gisaient encore les débris de divers grains.

Ils sont faits de pièces de bois retenues par des chevilles. Ils représentent une construction l)ien simple: quatre murs élevés, avec des pignons aux (juatre coins, déterminant une cour rectangulaire; une porte sur un angle. L'enceinte est partagée en deux dans la longueur, la première partie reste vide, sur la seconde sont construits les greniers adossés au mur. simples chambres, avec de minces séparations et couvertes en terrasse. Dans un coin de la cour, une rampe monte et mène à la terrasse. Là une

(') Sur un rucher île l'ile <le Seliel près d'Assouan, on a lu une inscription parlant d'une famine de sept ans survenue au.x temps éloignés du roi Zoser de la troisième dynastie. Il a été reconnu que l'inscription est un faux de l'époque des Ptolémées et qu'elle ne présente .îuicun caractère historique. On y dit, en effet, que le roi voyant le pays réduit à toute e.xtreniité, s'adressa au dieu Chnoum, patron de la région, que le dieu l'exauça et mit fin au fléau. <-t qu'en reconnaissance, Zoser donna au temple la dixième partie des produits de la contrée. C'est le stratagème d'un sacerdoce avide et peu scrupuleux pour se créer un titre à percevoir la (lime, Hhyes, Ribel iind Aegypten. 280-281.

i-) Un au Musée du Louvre à Paris, reproduit dans Vk.ouroux, I.a Bible et /es de\ . wod.. Il, p. 169; et Dic(. de la Bible, III, 345 art. !;,enier.

Page 1