Les canaux
Jusqu'où arrivait la Mer Rouge au temps de l'Exode? Atteignait-elle les Lacs Amers? Les dépassait-elle ? C’est la question capitale dans notre matière. Et, à vrai dire, il est difficile de le déterminer avec quelque cer- « titude. La géologie est une science prodigue en siècles. Pour elle, les temps historiques sont si peu de chose!
Quelque lumière Jjaillirait-elle de l'étude des canaux anciens ? On admet généralement en égyptologie que déjà au Moyen Empire, un canal, se détachant du Nil vers Bubaste, traversait le Ouadi Toumilat et dé: bouchait dans les lacs. Pure hypothèse qui a d’ailleurs quelque vraisemblance. Il y avait, en effet, alors dans cette vallée des villes considérables à Tell el-Maskhouta, à Tell Artabi et ailleurs. Sans l'eau du Nil à proxi mité, avec les seules saguiehs, auraient-elles joui de quelque prospérité ?
La même raison devient plus pressante au Nouvel Empire, alors que les pharaons firent accomplir de grands travaux dans les localités mentionnées. Peut-être même entreprit-on de prolonger le canal jusqu'à la Mer Rouge, pour ouvrir une voie navigable au commerce avec les régions enchantées d'Orient d'où venaient les parfums et les métaux précieux. Cette assertion est assez commune, elle n'est pourtant appuyée d'aucun docur ment précis.
Peut-on faire fond sur les dires de quelques anciens ne à qui attribuent l'honneur de cette entreprise à Sésostris ? (‘). Dans Île style de cette époque, Sésostris c'était Ramsès IT. De toute l'antiquité on ne connaissait guère que Sésostris et c'est à lui qu’on faisait remonter la plupart des monuments. Mais ces auteurs sont trop loin des faits pour que leurs paroles aient quelque chance de nous livrer la vérité. En outre, Hérodote, qui écrivait bien avant eux, ne parle pas de Sésostris et dit expressément que ce fut Nékao qui le premzter conçut le plan de creuser le canal ei . mer (7.
On ne peut, non plus, s'appuyer sur les documents concernant les navigations des Égyptiens sur les côtes de la mer Erythrée. La plus célèbre de ces expéditions, et, sans doute, la première en importance, a été peinte. en vives couleurs au temple de Deir el-bahri, à Thèbes. Elle eut lieu aû… temps de la reine Hatschepsit et cette orgueilleuse fille des Pharaons voulut « en immortaliser le souvenir dans le sanctuaire de la déesse Hathor. On y voit les villages de Pount avec leurs arbres à résine, les navires égyptiens
Notons surtout la forme Serapto donné par un manuscrit (C des auteurs, Paris, 2564 Nat. 4848, <
XII° siècle). I1 est donc bien plus probable que le mot primitif est Serapéum. Ainsi, S'éva-
nouirait le mirage du vieil Osiris. Ainsi, serait définitivement différencié Serapiu (Seraptum)
de Pi-kerehet et l’on aurait toute liberté de localiser celui-ci où indiqueraient les monuments
égyptiens. Nous venons de voir qu’il se trouvait peut-être au Gebel Mariam. (Appendice). ({) STRABON, 17, 1,25; PLINE, sé. Naf. 6, 33. Noir les textes en sie III, 4, 6. (2) HÉRoDOTE, 2, 158. Texte en appendice III, 1.