‹ Les hébreux en EgypteChapitre 116 sur 149 · X. Route de l'exode · texte numérisé non relu

X. Route de l'exode

à long terme, avec ses privations et ses souffrances. Alors, aurait-il hésité

un instant à retourner en Egypte, dans cette Egypte qui était là tout

près derrière lui, où il avait peiné sans doute, maïs où du moins il avait du pain, des oignons et du poisson à volonté! (Num. 11,6). Et l'œuvre de Moïse était réduite à néant.

Disposition providentielle, avant d'engager les Hébreux dans de durs

combats pour l'occupation de la Terre Promise, il fallait les mener loin

des plaines égyptiennes, il fallait leur rendre le retour impossible et fer-

mer la voie derrière eux, il fallait les aguerrir et former des générations

nouvelles et fortes qui auraient tous les ressorts de leur âme tendus en

avant, vers les conquêtes entrevues. Telles sont, sans doute, les motifs des longues pérégrinations que Dieu imposa à son peuple.

Avec Pi-Ramessé comme point de départ, Israël prend dès le début le chemin du désert, vers la Mer Rouge. Et tous comprennent aussitôt que le voyage durera longtemps. Au point de vue psychologique, c'est un nouvel avantage. Le plan est net et clair. Moïse l’a exposé aux chefs, le peuple en est informé. Il sera suivi. Il n’y aura pas de déception. Et, au bout de quelques jours, quand la fatigue commencera à se faire sentir et les murmures à s'élever, Dieu accomplira un nouveau et plus éclatant miracle pour briser les dernières hésitations.

Le second texte « qu'ils changent de direction » (14, 2), indique un fait bien différent. C’est un léger écart sur le chemin du désert, dans la grande pérégrination du Sinaï. Ecart de capitale importance, car il prépare le prodige qui va surpasser tous les autres, le passage de la Mer Rouge. On le voit, tout autre est ici le motif du détour. Il a un but immédiat, imprévu du peuple et de Moïse lui-même. Ce sera le coup de barre qui détachera définitivement Israël du sol égyptien et le lancera sans merci vers des horizons nouveaux.

Cette distinction des deux sens et des deux faits n'est-elle pas une amélioration dans l’exégèse de l’Exode?

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