‹ Les hébreux en EgypteChapitre 115 sur 149 · Ramsès (Pi-Ramessé · texte numérisé non relu

Ramsès (Pi-Ramessé

des régions plus lointaines de Tanis, c'était un rendez-vous. Mais cela ne ressort pas du tout du texte et c’est un point faible dans l’ancien système. Le départ de Ramsès était donc un faux départ et autant valait dire qu'ils partirent de Tanis.

Pi-Ramessé ne présente aucun de ces inconvénients. Assurément, tous les Israélites ne se trouvaient pas dans cette ville. L'auteur la nomme —, de même qu'à l’arrivée il avait nommé la terre de Ramsès — parce qu'elle marquait le centre des régions habitées par les Hébreux, et parce que les chefs y étaient réunis autour de Moïse et d'Aaron.

On objectera peut-être qu’en se rendant de Pi-Ramessé à la Mer Rouge, Israël ne s'éloignait pas de l'Egypte dont il suivait la frontière et qu'il ne prenait guère le chemin de la Terre Promise. C'est précisément ce que nous dit le texte sacré, et l'avantage est encore ici au nouvel itinéraire. « Lorsque Pharaon laissa aller le peuple, Dieu ne le conduisit point par le chemin du pays des Philistins, quoique le plus court; car Dieu dit: Le peuple pourrait se repentir en voyant la guerre, et retourner en Egypte. Mais Dieu fit faire au peuple un détour par le chemin du désert, vers la Mer Rouge » (Ex. 13, 17-19). Ce passage est de souveraine importance. Il confirme de manière éclatante le parcours indiqué ailleurs par les noms propres. Il s'explique admirablement dans le système que nous proposons.

Avec Vigouroux, on faisait marcher les Hébreux dans le Ouadi Toumilat, de Tell Artabi à Tell el-Maskhouta, puis jusqu'à Etham qu'on plaçait au Nord du lac Timsah. C'est alors seulement quon leur faisait changer de direction, d’après le texte du chapitre 14: « Parle aux enfants d'Israël, qu'ils changent de direction », et on ramenait à ce verset, l’appliquant ainsi au éme fait, le passage essentiel cité plus haut (Ex. 13. 17-19). C’étaient donc deux étapes sur la route de Philistie. Interprétation possible à la rigueur, mais qui ne cadre pas sans peine ni sans heurt avec l'ensemble des textes. Nous en obtenons une meilleure avec Pi-Ramessé.

D'abord, comme le suppose le récit sacré, les deux péricopes en question gardent leurs significations respectives et indépendantes et annoncent deux faits différents. La première (13, 17-19) entre en jeu dès le départ. « lorsque Pharaon laissa aller le peuple » (*). Elle s'étend d'une manière générale à tout l'itinéraire. En effet, Pi-Ramessé était tête de ligne pour la route de Palestine le long de la Méditerranée. En quelques jours, les Hébreux étaient à Rafa et à Gaza. C'était la voie tout indiquée, et on comprend que l’auteur sénte le besoin d'expliquer pourquoi elle ne fut pas suivie. Et quel puissant relief prennent ici les raisons alléguées? Qu'aurait trouvé Israël en arrivant aux collines de Bersabée ou aux plaines de Gaza? Des ennemis, et donc ou une nouvelle servitude, ou la guerre, la guerre

(:) Dans l’enchaînement des textes, ces mots sont inscrits après la mention du départ de Ramsès. Mais l’auteur ne pouvait tout dire à la fois et les termes employés montrent à l'évidence qu’ils se réfèrent au début du voyage. L'ancienne hypothèse les déplaçait d’une manière malheureuse en les appliquant seulement après le départ d’Etham, alors que deux étapes avaient déjà été faites.

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