Phihahirot et Baalséphon
Où épingler ces noms sur la carte? Tout ce qu'on peut dire est qu'ils sont attirés par Migdol et ne sauraient être trop éloignés. Nous sommes donc réduits à la philologie.
(!) Pour le nom, il y a lieu de craindre une adaptation biblique. Notons pourtant un indice favorable. Si les guides avaient fictivement appliqué ce nom de Magdalum, ainsi qu’ils avaient fait de « Belsefon » et d'Epauleum, — »am et Epauleum ostensum est nobis, de contra tamen — ils l’auraient situé près de la Mer Rouge, à l’endroit où ils #ontraient le Passage, comme le texte biblique le leur suggérait.
Quant au fait que Magdalum était un relais, une wansio, sur la route d’Arabia, c’est ce qui ressort avec évidence du texte (appendice III, 9). De Clysma à Arabia, il y avait quatre relais, #ansiones quattuor, et dans chaque relais se trouvaient un préposé et des soldats. Quels étaient ces relais ? :
A lire attentivement le texte (4-8), on reconnaît sans trop de peine que c'était: 1. Magdalum, #am castrum est ibi; 2. un autre castrum dont Ethérie ne donne pas le nom parce qu'il n’était pas biblique, et qui, selon toute vraisemblance, était Sérapiu; 3. Pithona, #am et ipsud Pithona nunc castrum est; 4. Hero où elle s'arrête longuement et d'où elle parvient à Arabia.
172 X. Route de l’exode
Phihahirot. Trois étymologies sont en présence: Pr-£erehet «le temple du serpent », Pz-/Aathor «le temple d'Hathor », P#ri-ha-herôt « l'entrée des
gouffres ». | Pi-kerehet est le nom d’un temple connu par la stèle de Ptolémée Philadelphe, découverte par Naville à Tell el-Maskhouta (*). À cette identification deux difficultés s'opposent. D'abord, rien n'indique que ce Pz-kerehet était une localité dans le voisinage de la Mer Rouge, ni même à l'Est de Thékou. Les paroles de la stèle: « Osiris, seioneur de Ro-1ebt, dans Pr kerechet », ne nous mènent ni d'un côté ni de l’autre de lhékou (Sforecrty, pl. 8). Ao-zebt « porte de l'Orient » désignait toute la région et Pi-Toum est aussi dans Æo-tebt. En outre, ce temple mentionné seulement dans les textes ptolémaïques existait-il aux temps lointains du Nouvel Empire ? Mais la principale objection est d'ordre philologique. Comment trouver
Phihalirot dans Pr-kerehet? (Telle est l'orthographe ordinaire, la lecture
Pé-keherel pour quelques endroits est tout à fait hypothétique). La vocalisation du mot nous est inconnue, mais d’après les lois communes de la phonétique égyptienne, ce devait être quelque chose comme P2-£orhet ou Pr-kar het où mieux avec chute normale du # final, Pékorhe, Pikarhe. La déformation en PArhahirot reste inexplicable et nous n’avons pas le droit de l’attribuer, sans preuves certaines, à l’auteur sacré qui est si fidèle dans ses autres transcriptions. Le passage du gaf au Lé est chose inouïe dans les langues orientales (?).
Pr-Hathor est le nom que Clédat attribue au petit sanctuaire d’ÆA6ow- Æasa (voir plus haut p. 161), et, nous l'avons vu, cette appellation ne peut qu'être approuvée. Il ne s'ensuit pas que P7-Æ/athor soit Phihalnrot ():
Comment expliquer un pareil avatar? Notons, en effet, que le nom égyptien …
de la déesse est vocalisé en copte 2aewp. La transcription 2:-Æathor est donc légitime.
Enfin, pour mémoire, mentionnons l’explication 24i-ka-herot « entrée des gouffres » ou < demeure des marais », proposée par Daressy (‘. Toutes ces interprétations ne sont que des essais et laissent le champ ouvert à de nouvelles recherches. Elles n'apportent aucune lumière à la question géographique.
Paalséphon. Le mot est sémitique et signifie Faal du Nord. C'était, ap-
(2) Sore-city of Pithom, passim, pl. 8-10.
(°) Pour l'identification, NAvILLE, Store-city of Phithom, p. 30; LAGIER dans le Dicé. de la Bible de ViGouROUX, au mot Phihahirot. Contre, CLéDAT. Notes sur l’isthme dans le Bulletin, 16, p. 219:
(5) CLÉDAT, oc. cif. On voit les altérations qu’il faut imposer au mot pour arriver à
Phi-hahirot: chute du # de kaf, ce qui n’a pas lieu en copte, le même k égyptien dans 44 et dans %or transcrit par M et par M, vocalisation différente, accentuation de la dernière syllabe et adjonction d’un £. Le £ final qui paraît dans le mot égyptien est purement déterminatif. 5
(*) Bulletin de l’Inst. Egyptien, 5 (1911), p. 6. Le premier mot serait l’hébreu #44 « bouche », le second l’article, et le troisième, le mot égyptien ##erer, pl. £#herot « maraiïs, fondrière ». Composition hybride, il est vrai, mais #heret avait pu passer en hébreu.
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