Etymologie du mot « hyhksos
- pr gwrs c<être» et bien d'autres. Le passage du F égyptien à s grec . est la règle générale, les Grecs n'ayant pas le # Ainsi $esonk est devenu
L Zécwyyus (Sesac}, $abaka YaBdxov, etc.
À Ærksos signifie donc à l’origine « chef de tribu », « chef de caravane ». C'était quelque chose comme le cheikh des Bédouins actuels. Il s’est en-
suite appliqué à la tribu elle-même et aux Orientaux en général (!). C'est aussi, en partie du moins, l’étymologie donnée par Manéthon: Voici son texte conservé par Josèphe (?):
On nommaït tout ce peuple «hyksôs >» dxouwg, ce qui signifie «rois pasteurs ». Car k4y#,
dans la langue sacrée, veut dire «roi», et sôs, en dialecte vulgaire, signifie «pasteur» et « pasteurs », d’où le composé 4y#sôs.
La première partie est bien Zz4 <chef, prince». Dans le second élément de Manéthon, on veut généralement voir le mot fason « nomade », fréquent au Nouvel Empire. Pourquoi? Il est bien plus probable que c’est le Zosif ancien prononcé alors $os. Manéthon distingue entre langue sacrée et dialecte vulgaire, c’est-à-dire langue des livres et langue parlée. En fait, de son temps, il existait un mot Sos signifiant « pasteur » qui s'est conservé en copte sous la forme quwc. Mais ce mot peut aussi bien dériver de Zoszf « tribu » que de Sason « nomade », puisque ces Orientaux étaient tous des pasteurs. | Après avoir cité Manéthon, Josèphe donne une autre interprétation du même mot empruntée à des auteurs qu'il ne nomme pas:
Quelques-uns les considèrent comme Arabes, prétendant que d’après un autre manuscrit le préfixe 4y£ ne veut pas dire «rois», mais au contraire, « bergers captifs >»; et en effet, en épyptien, y ou Aak, avec une aspirée, veut dire « captifs ». Et cela me parait plus vraisemblable et plus d'accord avec l’histoire ancienne.
Il existe, de fait, un verbe /Zaf « faire prisonnier ». Un peu plus loin, Josèphe revient sur la même étymologie et explique plus amplement sa pensée:
Dans un autre livre des Aegyprliaca, Manéthon dit que ce peuple appelé « les pasteurs » est plutôt nommé «les captifs» dans les livres sacrés. Et c’est exact, car nos premiers ancêtres menaient la vie pastorale et nomade, d’où leur nom de «pasteurs ». En outre, ce n’était pas sans raison qu'ils étaient appelés « captifs» par les Egyptiens, puisque notre ancêtre Joseph dit au roi d'Egypte qu’il était lui-même captif, et fit venir ses frères en Egypte par la permission du roi, (Contra Apion. 1, 91.92).
(t) Cette étymologie est proposée par GRIFFITH, 7e KXhyan group of kings dans P.S. B. À., 19 (1897), p. 294-298; par W. M. MüôLLer, Die Hyksôs etc. dans Witt. d. Vorderas. Ges., (1895). p. 46 et 61; par STEINDORFF, dans Zetéschrift für aegyphische Sprache, 47, p. 84. Je ne sais pas pourquoi MEYER dit «qu’il est difficile de leur donner raison » (Æis£. de l’ Ant. II, trad. Morer, p. 349). Dans le bel article, L'’expulsion des Hyksos (Journ. of eg. arch. V, 1918, p. 38), les auteurs, B. GUNN et A. GARDINER citent les opinions sans prendre parti.
La variante dxovoows donnée par EusÈBEe (CAron. I, 157) correspondrait à un pluriel higou-hosit «les chefs de tribu», forme qu’on trouve dans les inscriptions de Thoutmès I et d’'Aménophis | (/ourn. of eg. arch. 5, 1918, p. 39 note 3). Cfr. Wertr, Za fin du Moyen Empire, I, p. 80. 181.
@) Contra Abpion. 1, 82, MdLzer-Dipor II 567. Edition N1EsE 1889, V, 14. WEILL (Za fin du Moyen Empire, 72-73) analyse tout le passage.
188 | Appendices
Comme on le fait justement remarquer, cette seconde étymologie avec ak «prisonnier », n'est pas de Manéthon. Il faut plutôt l’attribuer aux Juifs qui cherchaïent une concordance plus étroite avec l'histoire du Patriarche Joseph (‘). Car, pour l'historien Flavius Josèphe et pour les Juifs de cette époque, il n'est pas de doute, les Hyksos sont les Hébreux.