‹ Les hébreux en EgypteChapitre 25 sur 149 · LA PALESTINE ET SES HABITANTS · texte numérisé non relu

LA PALESTINE ET SES HABITANTS

C'est une belle description qu'il faut citer : Parle ainsi, en outre, des Barbares.

Voici le malheureux Aamou, pénible est le pays où rl est,

(1) C’est un des exemples assez rares où un auteur égyptien parle de Dieu comme nous en parlons, nous Chrétiens. Il ne dit pas /es dieux, au pluriel, avec article. Il dit, Drew, tout court, au singulier et sans article Et il en parle admirablement bien. Dieu est le Créateur et Maitre des hommes et des choses. Tous les hommes, même les rois, doivent le servir. C’est le plus pur monothéisme.

28 II. Pénétration asiatique en Egypte

coupé d'eau,

rendu difficile par beaucoup d'arbres,

ses chemins sont pénibles à cause des montagnes (). Îl n'habite pas à la même place,

ses jambes sont toujours en marche.

Îl guerroie depuis le lemps d'Horus,

il ne conquiert pas, ni 1l n'est conquis,

il n'annonce pas un jour pour combattre.

Et un peu plus loin, après avoir raconté ses triomphes :

Abomination est l'Aamou en Egypte, ne l'inquièle pas à Son Sujet.

C'est un Aamou… sur sa côte.

{2 pille un poste séparé,

mais 1? n'altaque pas une ville populeuse.

Après ces textes littéraires où l’amplification poétique est évidente, abordons une autre série de petits documents plus secs et plus précis au point de vue historique. Il projetteront une nouvelle lumière sur notre sujet et nous montreront que tout n’est pas fiction dans les discours précédents.

B. INSCRIPTIONS, 5. Stèle de Nessoumontou.

C’est une stèle mortuaire datée du règne d Amenemhat I (*). Comme tous les monuments de ce genre, elle porte des textes et des symboles religieux, mais dans un coin se trouve une petite note historique sur la vie de Nessoumontou. On y lit qu'il dirigea des expéditions contre les « gens des sables » et autres Asiatiques. Voici ce texte :

(4) C’est la description de la Bible (Deut. 11, 11). « Le pays où tu vas entrer pour le posséder n’est pas comme le pays d'Egypte que tu ensemencçais et que tu arrosais avec ton pied comme un jardin potager. Mais le pays où vous allez passer pour le posséder est un pays de montagnes et de vallées, qui est arrosé par la pluie du ciel». Sur arrosage par le pied, voir Vigouroux, Dict. de la Bible, art. /rrigation par Lesêtre. M. Lesêtre donne à la fin la bonne explication. Il n’existe en Egypte aucune machine hydraulique mue par les pieds. Les saguieh, quelle que soit leur forme, tournent par traction animale. Le ckadouf s’actionne à force de bras. Celui qu’on appelle chadouf monté, sur lequel un enfant est monté pour faciliter le mouvement, ne s'emploie qu’en Haute Egypte aux endroits où l’eau est profonde. Le texte Biblique veut dire qu’en Egypte il était facile aux Hébreux d’arroser leurs champs, tandis qu’en Palestine, ils devront attendre la pluie du ciel. La conclusion est qu’ils doivent se confier en Dieu. « Arroser par le pied » signifie donc simplement, comme l’insinye M. Lesêtre, ouvrir et fermer les rigoles avec le pied, sans même se donner la peine de se baisser. C’est ce que font nombre de jardiniers et de fellahs en Egypte.

(2) Au musée du Louvre à Paris. Texte et traduction dans MAsPERO, Ætudes de mythologie IT, p. 153 (P101. égyplologique, 7), traduction de la note historique dans BREASTED, Æ7is4. Doc. I, 469-471. e.

Re SE do à

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