‹ Les hébreux en EgypteChapitre 26 sur 149 · Stèle de Nessoumontou · texte numérisé non relu

Stèle de Nessoumontou

Pour chaque mot de cette stèle, - c'est la vérilé ce qui à eu lieu par mon bras, cela s'est fait en vérité, point de vanterie, point de mensonge en elle.

J'at écrasé les Anou Asiatiques ( Anu Mentiu) (*) et Les « gens des sables ».

J'at renversé leurs forteresses comme st elles n'élaient pas.

J'ai couru dans les champs, J'ai bondi en avant, (comme 1ls étaient) derrière leurs défenses.

{E n'y avait pas mon égal, (ainsi) commandait Monthou.

Il est donc bien certain qu'au début de la XII dynastie et sous le

règne d'Amenembhat I, les Egyptiens durent prendre les armes pour re-

pousser les Orientaux et qu'ils dirigèrent une expédition assez loin vers la Palestine méridionale. On se souvient du grand lecteur Neferrohou discourant devant Amenembhat I et chantant ses victoires sur les Asiatiques. Son panégyrique était bien basé sur les faits.

(£) Voici deux nouvelles appellations. Les Anou Mentiou étaient une peuplade des régions voisines de la frontière orientale d'Egypte, et spécialement du Sinaï. Le terme Anow se trouve déjà sur la pierre de Palerme (p. 7) dans l'expression stéréotypée « la fête de frapper les Anou ». Cette phrase contient toute une histoire. Elle nous laisse entendre que les Anou occupaient à l’origine la vallée du Nil et qu’ils furent vaincus par des nouveaux venus que nous appelons les Egyptiens. On leur attribue généralement, et à bon droit, la fondation de deux villes très anciennes qui portent leur nom: ©» (Héliopolis) et Owif (Dendéra).

Vaincus, les Anou se disloquèrent en trois tronçons : 1. Les Anou Satit, en Nubie et dans la région des cataractes ; 2. Les Anou Tehenou, à l'Ouest de la vallée, de la Méditerranée jusqu’en Nubie, donc les Lybiens anciens, appelés aussi Timtihou; 3. Les Anou Mentiou, à l'Est et au Nord-Est, surtout au Sinaï. Cette peuplade asiatique est signalée dans les inscriptions de Snéfrou (p. 12). Elle est différente des Âamou (p. 15) qui vinrent après. On ne trouve jamais le nom des Anou accolé à celui des Âamou. Le terme Mentiou semble être plutôt un nom commun signifiant « pasteurs, bédouins ». Voir Ep. NAVILLE, Xec. de Trav. KXXIT pp} 52.

On a rapproché les Anou des Anamim de la Bible (Gen. 10, 13; 1 Par. 1, 11). Voir ViGOUROUXx, Dict. de la Bible, art. Anamim. Les Anamim, fils de Misraim, apparaissent, en effet, comme une peuplade primitive de l'Egypte et le rapprochement est extrêmement tentant. Il se recommande même des grands noms de Maspero, de Lenormant et de Rougé

- (voir références dans Drcé. de la Bible). Quel que soit le poids de ces autorités, il faut pour-

tant remarquer que, du point de vue philologique, l'identification offre de sérieuses difficultés. Le terme Anamim, est loin de l’égyptien ’aww, avec un alif.

En réalité, ces deux mots diffèrent par deux radicales et n’en ont qu’une seule de commune %. C’est donc une base très fragile à l'identification et celle ci reste tout à fait problématique. Au reste, observons que Maspero la donne comme telle, et nullement comme cer-

taine (Æist. Anc., 1905, p. 16).

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