‹ Les hébreux en EgypteChapitre 34 sur 149 · RARES ASIATIQUES ETABETS EN EGYPTE · texte numérisé non relu

RARES ASIATIQUES ETABETS EN EGYPTE

Les documents qui précèdent nous donnent une idée du mouvement qui eut lieu à la frontière orientale du Delta durant toute la XII dynastie. C’est une pression constante des Asiatiques. Des tribus descendent du Nord, chassées par d’autres ou pressées par la faim, en quête de terres plus riches. Ce n'est pas une marche armée, une invasion violente, c'est le mouvement lent et irrésistible qui entraîne les hommes vers les sources du bien-être.

Ces nomades ont sans cesse les yeux fixés sur la vallée du Nil, parce qu'il y a de l’eau et de bonnes herbes pour leurs troupeaux. Ils y pénètrent parfois. Mais ces hôtes sont incommodes. Les pharaons construisent une muraille pour les arrêter. Peine inutile. Au temps d’Amenemhat I, le grand lecteur Neferrohou, le scribe aux belles paroles, se plaint que son pays, l'Egypte orientale, est livré aux mains des Asiatiques. Heureusement, le grand roi y met bon ordre et expulse ces indésirables. Quelque temps après, les choses sont revenues au même point et l’auteur des Admonitions attribue la même gloire au Pharaon de son temps. L’znséruction du rot Akhthot décrit les deux mêmes alternatives, afflux et reflux de nomades dévastateurs. On dirait un thème à amplification pour les écrivains de l’époque. Et pourtant, tout n'est pas invention, il y a un fond historique. À plusieurs reprises, les Égyptiens sont obligés de recourir aux armes pour repousser les étrangers, et Sésostris III les ramène jusque dans leurs montagnes.

Cette répression violente nous invite à introduire une distinction parmi ces Orientaux. Il y avait tribus et tribus. Il y avait de pacifiques pasteurs qui ne demandaient qu'un coin de verdure et il y avait les tribus guerrières et pillardes. Et les excès de celles-ci nuisaient à celles-là.

En fait donc, il y a pénétration durant toute la XII dynastie, mais elle est ralentie par la réaction égyptienne. Les grands pharaons qui s’ap-

(1) I1 s’agit bien de Ménephtah, successeur de Ramsès IT, et non de Séti I Meremptah. Le pap. Anastasi V, 20, 1, mentionne aussi une forteresse (#kefem) qui semble être celle de Thekou, dont il est question immédiatement avant (19, 8).

36 III. Les Asiatiques établis en, Egypte ee ee res

pellent Amenemhat et Sésostris sont actifs et puissants. Ils maintiennent » l'ordre dans leur empire et ils en dilatent les frontières. S'ils admettent dans leur belle vallée les Cananéens immigrants, s'ils leur concèdent des … terres, ils savent au besoin employer la force pour réprimer leurs désor- … dres et ils ne reculent pas devant la mesure extrême de l’éxpulsion.

Il n'en fut pas de même sous les dynasties suivantes. Avec les Sebek-hotep et les Nefer-hotep (XII, XIV® dyn.), toutes les barrières tom-. bent. La puissance égyptienne marche vers la décadence et bientôt nest plus qu’un souvenir. Le pays revient à sa division primitive: Faute Esgy-. pte et Basse Egypte. C'est l’'émiettement du pouvoir et le régime de la féo-. dalité. | ;

Alors l'entrée est libre aux Cananéens. Et ils en profitent. L'une après l'autre, pacifiquement, des tribus s'installent dans le Delta oriental, elles s y fortifient et s à multiplient, ce sont les Hyksos. Parmi ces tribus, une des dernières arrivées est celle du Patriarche Jacob.

Il nous faut maintenant mettre sous les yeux du lecteur les documents qui appuyent ces conclusions.

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