Les Egyptiens au Sinaï
Il nentre pas dans notre plan de décrire les expéditions et travaux des Égyptiens au Sinaï. Si nous en faisons une rapide mention, c'est pour fixer dès à présent nos regards sur cette frontière orientale de l'Egypte où se dérouleront tous les événements qui sont l'objet de ces pages. Région mitoyenne, elle tient à l'Ouest à des plaines fertiles où vit une population. agricole, et, à l'Est, au désert ondulé où circulent des tribus errantes. Et le passage d'un côté à l'autre n'est pas large, il est resserré entre les lacs formés au Nord par la Méditerranée, et, au Sud, par la Mer Rouge qui enfonce un bras bien loin dans les terres. C’est la voie des communications. Car autant que nous le sachions, pour aller au Sinaï, les Egyptiens ne franchissaient pas la mer, comme il eût été facile, mais ils prenaïent la voie de terre et venaient contourner la pointe nord du golfe Arabique. Ainsi, ils se heurtèrent de très bonne heure aux tribus nomades qui -arrivaient d'Asie et descendaient du Neweb. Au reste, c'étaient leurs frères, car un jour, eux aussi, longtemps auparavant, ils avaient suivi la même route, quand, traversant des pays vierges, ils étaient allés occuper la riche vallée du Nil
C'est, sans doute, par les marchands asiatiques que les Esyptiens connurent les trésors du Sinaï. Toujours est-il qu'ils sont à la péninsule dès la première dynastie. Et dès lors ils s'attribuent le monopole de l'exploitation des mines précieuses. Ce qu'ils cherchaient surtout c'est une pierre qu'ils appelaient a/fkat, et qui est la turquoise. Ils en exploitèrent deux gisements, un qui n'était pas très loin du rivage, dans la vallée nommée
(4) GRESSMANN, ibid. p. 122, fig. 248. Les figures 230. 232. 233 sont aussi du temple de Sahoura. .