‹ Les hébreux en EgypteChapitre 91 sur 149 · Ramsès biblique · texte numérisé non relu

Ramsès biblique

quelle était distincte de l’autre, et maintenir l'opizion courante qui la place à Z'ell Artabr dans le Ouadi Toumilat. Mais on voit combien difficultueuse serait une pareille position. Reposant sur la supposition gratuite que ce site porta autrefois le nom de Ramsès, elle se trouve privée de son appui principal, que ce pars était la terre de Gessen. Dès lors que les Hébreux vivaient autour de Pi-Ramessé pharaonique, il est naturel de voir en cette ville celle que les maitres impérieux les obligèrent à bâtir. On ne saurait arguer non plus du voisinage de 7/7 Artabt et de Tell elgWas- Ækhouta. Dans l'ancien système, cette proximité constituait plutôt un motif de doute. Etait-il vraisemblable que Pharaon eût construit deux cités-magasins en des points si rapprochés et sur une même route? Si ces magasins- devaient servir au ravitaillement des armées partant pour la Palestine ou plutôt pour le Sinaï, était-il besoin de les diviser et n'était-il pas plus prudent de centraliser les dépôts et de les placer sous une même garde ? Et la remarque ne se retourne pas contre nous, car dans la nouvelle solution, Pithom est la base pour les expéditions au Sinaï, et Pi Ramessé, pour les expéditions en Palestine. Ainsi nous évitons le double emploi.

D'autre part. au point de vue historique, l'unification de ces trois Ramsès prend une importance inattendue. Voilà, apparemment, résolu par le fait même le problème du pharaon persécuteur et de la date de l'Exode. Nous l'avons vu plus haut, Ramsès IT est bien le fondateur de la fameuse métropole qui porta son nom. Ce serait donc sous son long règne que les Hébreux auraient construit à la corvée ces temples et ces magasins de Pi-Ramessé que célèbrent les scribes enthousiasmés. Gardons-nous pourtant d'arriver dès maintenant à cette conclusion et réservons pour un chapitre spécial la question historique.

On pourra objecter encore que cette solution nuit au récit de l'exode et qu'il est plus facile de faire partir les Hébreux du Ouadi Toumilat que des régions lontaines de Tanis et de Péluse. Le voyage eût été un peu plus court pour eux, en effet. Mais, franchement, qu'était ce petit trajet à côté des quarante ans qu'ils avaient à errer dans les déserts? Et puis, il nous faut les prendre là où ils étaient, et non là où il nous plairait de les mettre.

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