‹ Les héliozoaires d'eau douceChapitre 1 sur 32 · OENEVE IMPRIMERIE W. KÛNDI6 4 FILS, RUE DU VIEUX-COLLÈGE · texte numérisé non relu

OENEVE IMPRIMERIE W. KÛNDI6 4 FILS, RUE DU VIEUX-COLLÈGE

Nos connaissances sur les héliozoaires sont de date relativement récente. Les travaux de JoBLOT (1754), 0. F. Muller (1773-5), EiCHHORN (1783) appartiennent il est vrai au dix-huitième siècle, mais ils ne nous donnent encore que des renseignements très vagues, et cela seulement sur les genres Aditiophrys et Actmosphœrhim, qui pendant bien longtemps restèrent les seuls connus. Plus tard arrivèrent les œuvres de Ehrenberg (1838), DuJARDiN (1841), Perty (1852), Stein (1854), Claparède et Lachmann (1858-61), d'une portée beaucoup plus considérable, et qui, à mesure que se perfectionnaient les instruments d'optique, nous faisaient connaître des faits plus précis. Mais ces travaux ne nous fournissaient encore que des indications générales, et il faut arriver aux études de Carter (1864), H^xkel (1866), Archer (1869), Cienkowsky(1867),Grenacher (1869), puis aux recherches plus minutieuses de Greeff (1873-75), F. E. Schulze (1874), Hertwig et Lesser (1874), Leidy (1879), pour nous permettre de regarder ces organismes comme connus dans leurs détails les plus importants. Grâce à ces grands travaux, qui se succédèrent coup sur coup pendant une période de quelques années seulement, les Héliozoaires se virent eniîn définitivement catalogués parmi les Rliizopodes comme formant une sous-classe bien nette, subdivisée elle-même en quatre ordres distincts.

En 1880 BûTSCHLi, dans son œuvre capitale sur les Protozoaires, récapitulait d'une main magistrale tout ce que l'on connaissait alors sur ces organismes, et les chapitres consacrés par le professeur de Heidelberg aux Héliozoaires, en montrant tout l'intérêt qui

s'attache à ces êtres si curieux dans leur structure en même temps que si élégants dans leur forme, semblaient devoir inviter les observateurs à une étude toujours plus approfondie du sujet.

Et cependant il n'en a pas été tout à fait ainsi. Il a paru, il est vrai, depuis cette époque un certain nombre de travaux de valeur, mais qui presque tous ont trait à l'étude approfondie de quelques espèces privilégiées et plus particulièrement répandues. On peut citer par exemple les belles recherches de Brandt, Brauer, R. Hertwig sur VÂctinosphœrium Eichhorni, et celles de Schaudinn sur le grain central des Héliozoaires. Quant aux études systématiques, elles en sont restées jusqu'ici à peu près au point qu'elles avaient atteint en 1880; de temps en temps quelque description nouvelle, et souvent trop vague; plus fréquemment quelque brève notice sur un détail physiologique ou morphologique, et c'est tout.

La systématique n'offre sans doute pas dans la science les mêmes attraits, et n"a pas la même importance, que les études biologiques ou que les grands problèmes concernant le développement des êtres ; mais seule une description exacte des espèces permet d'établir une classification précise qui servira de base pour toute étude ultérieure.

Or il faut avouer que chez les Héliozoaires la systématique est encore très confuse; on peut avancer hardiment que plus des deux tiers des espèces que l'on peut être appelé à rencontrer sont encore indéterminables ; ou plutôt, serait-il plus exact de dire, que la plus grande partie des déterminations n'arrivent forcément qu'à un à peu près, sans fournir à l'investigateur le sentiment d'une sécurité véritable quant à l'identitication qu'il a faite.

Il existe, il est vrai, des ouvrages consultatifs : Bûtschli est d'une grande utilité, mais pour les genres seulement; Blochmann (1895) a sa valeur également, mais il ne fournit que des renseignements très succincts, et pour une partie seulement des espèces connues. Quant au petit traité analytique de Schaudinn, paru en 18f)(), et qui sous une forme claire et concise donne la diagnose de tous les héliozoaires connus à cette époque, il est d'un secours précieux ; mais il s'en faut de beaucoup qu'il nous permette d'identifier tout ce que nous trouverons. L'œuvre de Schaudinn est un travail avant tout de compilation, où l'auteur a courageusement réuni les indications éparses de tous les cotés; il a fallu faire un triage laborieux, éliminer les mauvaises espèces, distinguer les synonymes.

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