INTRODUCTION I
marquer les formes douteuses, préciser les caractères, et les courtes pages dans lesquelles SCHAUDIXN a résumé tout ce travail sont les meilleures que nous ayons encore pour la détermination. Mais l'auteur n'a sans doute vu personnellement qu'une partie assez restreinte des organismes qu'il est appelé à décrire; il a dû s'en rapporter à des diagnoses, fréquemment incomplètes et quelquefois fautives, et son traité, tout en introduisant dans le sujet la clarté dont le besoin se faisait vivement sentir, reste encore insuffisant.
Ce qu'il a manqué, semble-t-il, jusqu'ici, c'est un travail d'ensemble, dû à un seul observateur qui aurait été à luéme d'observer de ses propres yeux toutes ou presque toutes les espèces connues, et par là de démêler avec plus d'assurance l'écbeveau si embrouillé des affinités, des synonymes, des observations superficielles ou défectueuses.
C'est un peu là ce que j'ai essayé de faire, et pendant les deux années qui viennent de s'écouler, mon temps a été entièrement consacré à ces seuls organismes. L'examen systématique des marécages, des étangs, des lacs, des tourbières, m'a permis de retrouver presque toutes les espèces d'eau douce jusqu'ici décrites, et de les soumettre à une étude détaillée et à des contrôles répétés, puis d'examiner un certain nombre de formes tout à fait nouvelles. Les résultats acquis sont aujourd'hui, j'ose l'espérer, suffisants pour permettre de dresser un catalogue assez précis pour la détermination de la plus grande partie au moins des héliozoaires que l'on rencontrera. Il y a sans doute encore bien à faire, mais je crois ne pas me tromper en avançant que la plupart des héliozoaires qu'il reste encore à trouver dans les eaux douces seront, ou bien des formes extrêmement petites et que pour le moment on doit renoncer à vouloir caractériser, ou bien des espèces rares, ou très localisées, comme il s'en trouve quelques-unes parmi ces organismes pourtant essentiellement cosmopolites.
Cet ouvrage ne traitera que des héliozoaires d'eau douce, les seuls qu'il m'ait été donné d'étudier. C'est là une lacune sans doute, mais peut-être moins regrettable qu'on ne serait au premier abord tenté de le croire. Les espèces marines jus(iu'ici décrites sont en fort petit nombre, et presque toutes, en outre, présentent dans leur structure des traits particuliers qui en font des organismes quelque peu distincts des héliozoaires typiques. Plusieurs pourraient être catalogués parmi ceux que j'appellerai les « Pseudo-héliozoaires », auxquels un chapitre sera consacré plus loin.
Il m'a paru convenable de diviser cet ouvrage en quatre parties distinctes : la pre-
mière sera affectée à des considérations générales, systématiques et biologiques; puis viendra, dans un second cliapitre, et après une table analytique destinée à faciliter les recherches d'identification, la description détaillée de chaque espèce. Un troisième chapitre concernera quelques organismes, ([ui tout en présentant certains caractères suffisamment rapprochés de ceux des héliozoaires pour qu'on soit porté à première vue à les réunir à ces derniers, s'en distinguent cependant par différents traits, qui obligent h les en séparer. Ce sera alors ce que j'appellerai les « Pseudo-héliozoaires», organismes à affinités parfois douteuses, mais en tout cas toujours voisins des héliozoaires vrais'.
Quelques pages enfin seront consacrées aux synonymes, aux espèces insuffisamment étudiées, ou douteuses, ou méconnaissables, ou bien aussi qui, décrites comme héliozoaires, représentent en réalité tout autre chose.
Ces études auraient pu porter comme titre : « Les Héliozoaires des environs de Genève », car c'est là le seul territoire que je me sois appliqué à étudier. Mais comme ce territoire m'a fourni la presque totalité des espèces d'eau douce jusqu'ici connues, il m'a paru plus utile de joindre à mon catalogue la description des espèces qui semblent encore manquer à la région, et d'établir ainsi une monographie générale des HéHozoaires d'eau douce.
Je serais heureux si cette monographie, destinée à attirer l'attention sur ces organismes qui mériteraient d'être mieux connus, pouvait rendre quelques services réels et contribuait, elle aussi, pour une part, si modeste soit-elle, au progrès scientifique.
Genève, novembre 1903.
' Ce chapitre n'aura d'aillpurs. jo me hAte de le dire, pas la pr»'tention d'être cniii[)let, et ne concernera que des formes qu'il m'a ét«'' possible d'examiner de mes propres yeux.