‹ Les Hématozoaires du PaludismeChapitre 15 sur 63 · ESSAIS DE CULTURE DU PARASITE; INOCULATIONS EXPÉRIMENTALES · texte numérisé non relu

ESSAIS DE CULTURE DU PARASITE; INOCULATIONS EXPÉRIMENTALES

Tous les essais de culture des Hématozoaires sur les milieux habituels, solides ou liquides (gélose, pomme de terre, bouillon), ont échoué, et cela se comprend puisqu'il s’agit d’un organisme animal, tout différent des Bactéries. On a aussi essayé en vain de les cultiver daus Peau ou la terre stérilisée. Laveran recueillit avec pureté une goutte de sang palustre sur une lamelle couvre-objet, l’étala légèrement et la plaça sur une de ces lames excavées, qui permettent d’étudier les Microbes en goutte suspendue. Il interposa de la vaseline entre les bords des lamelles, pour empècher la dessiccation, mais ne put pas conserver les parasites, au milieu des hématies altérées, pendant plus de dix jours.

A. ANGELINI ne réussit pas davantage, en employantcomme milieu de culture le liquide ascitique additionné d’'hémoglobine ou le sang humain rendu incoagulable par la peptone.

SAkHarov et Rosexgac tentent de conserver lorganisme dans le tube digestif des sangsues. Rosensacn expérimente avec le parasite de la fièvre tierce, mais ne peut lereconnaître au delà de quarante-huit heures. Sakuarov place des Sangsues ayant sucé du sang de paludique sur la glace et trouve des corps amiboïdes dans les globules rouges, absorbés par la Sangsue, sept jours après le début de l’expérience. Il s’inocule lui-même avec le sang pris dans l’une de ces Sangsues

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et parvient le quatrièmejour à se donner la fèvre. Il retrouve dans son sang des parasites semblables à ceux qu’il y a introduits, mais seulement jusqu’au douzième jour. BLumer répète ces expériences et conserve ainsi les parasites de la fièvre estivo-automnale pendantune semaine. HameurGer obtient les mêmes résultats et voit même le parasite se charger de pigment. Tiayer (148) a pu contrôler cette expérience, qui démontre pour la première fois la possibilité de la croissance du parasite et de la formation de pigmenten dehors du corps de l’Homme. Mircuezz place une Sangsue sur un individu souffrant de fièvre estivo-automnale combinée à une doubleüerce et retrouve dans son tube digestif les deux espèces de parasites, ceux de la fièvre tierce et quelques corps en croissant et ovoïdes.-Il n’observe pas de flagelles. Coronapo, de la Havane, prétend être parvenu à cultiver le parasite, mais tous ceux qui ont repris ses expériences n’ont obtenu que des résultats négatifs.

Les tentatives d’inoculations aux animaux de laboratoire ne furent pas plus heureuses.

Laveran expérimenta sur le Lapin, E. Ricuarp sur le Singe, Guarniert sur le Chien, mais aucun d’eux ne parvint à provoquer chez ces animaux des troubles morbides. Cezzr et San- FELICE essayèrent en vain d'inoculer le paludisme au Cheval, au Mulet, à la Souris, au Pigeon, à la Tourterelle, à la Chouette. Les expériences de Ben, AnGeunt et Fiscuer ne furent pas plus fructueuses. Enfin Dr Marrer inocula la plupart des animaux précédents et de plus des Cobayes, des Chats et même un Loup, sans arriver à aucun résultat.

Il n’en est pas de même des inoculations expérimentales qui ont été faites d'Homme à Homme, soit par voie sous-cutanée, soit par voie veineuse. Elles semblent démontrer que les Hématozoaires du paludisme sont bien spéciaux à l’espèce humaine.

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GerHanpr, à une époque où le parasite n’était pas encore universellement reconnu, trouve le premier que le paludisme peut être transmis à un individu sain par l’inoculation de sang infesté. En 1884, Mariorri et Ciarrocni, puis MarcHIAFAvA et CeLut montrent que la fièvre qui suit de telles inoculations est produite par des parasites du même type que ceux qui se trouvent dans le sang inoculé. Ces expériences furent répétées par un grand nombre d’observateurs : Guaznt et Anrouiser, ANGELINI, Di Marre, CaLanpruccio, BEN, Bacceuu, SAKHAROV et Bastranezzt et Bicnamr. Tous ont démontré que l'injection intraveineuse ou sous-cutanée de sang de paludique chez un individu bien portant reproduit la maladie. De plus, l’inoculation d’une espèce de parasite a toujours été suivie du développement d’une espèce semblable dans le sang de l'individu inoculé, avec les mêmes manifestations cliniques, sauf dans les deux premières expériences de Guazni et Anrouset. Mais il semble démontré que, dans ces deux cas, le sang injecté provenait de malades souffrant d’une infection mixte.

La régularité avec laquelle on trouve les parasites de la fièvre tierce et de la quarte pendant les premiers mois de l’année et ceux de la fièvre estivo-automnale à la fin de l’été et au commencement de l’automne a fait croire cependant à quelques observateurs qu’il s’agissait peut-être des différentes variétés d’un même parasite. Mais Grassr, Koca, Ross, Manson, Tuayer et la grande majorité des auteurs affirment n'avoir jamais vu une variété se transformer en une autre. Ils prétendent avec raison que le simple examen de la courbe de température suffit souvent pour connaître l’espèce de parasite qui provoque l'accès et que l'inspection de l'Hématozoaire dans le sang permet toujours de diagnostiquer le type de la fièvre.

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