LENS
Culex, les palpes maxillaires sont plus longs que la trompe ; chez les Anopheles, ils ne dépassent guère la longueur de la trompe. Les femelles au contraire ont peu de poils aux an-
tennes et encore moins aux palpes. Ceux-ci sont beaucoup plus petits que la trompe chez les Culex (fig.
41) et de la même longueur que la trompe chez les Anopheles (fig. 12), de sorte que, à première vue, il est facile de distinguerun Culex femelle d’un Anopheles du même sexe. La tête des Culexæ porte un seul appendice, qui est la trompe, car les deux palpes se voient à
peine; la tête des Anopheles porte trois appendices d’égale longueur , celui du milieu est la trompe, les latéraux sont les palpes maxillaires. On peut encore les distinguer à la manière
Fig. 12. — Pièces buccales d'Anopheles
claviger femelle, vue d’en haut (d’après Grassi). Les stylets sont sortis de la gaine et écartés les uns des autres. h, hypopharynx; {/, labre; ma, mandibules; mx, mâchoires; p, palpes maxillaires ; #, labium ou gaine de la trompe.
dont ils se tiennent à l’état de repos sur une surface plane telle qu’une fenêtre ou un mur par exemple. Généralement, chez les Culeæ, le corps estsensiblement parallèle au plan qui les supporte; chez les À nopheles, il forme avec ce plan un angle très aigu ayant pour sommet la trompe de l’Insecte.
Mais, comme l'ont fait remarquer Grass, Saumon et Low (136), cette position est loin d’être constante; elle varie dans des limites assez étendues selon que la paroi plane est verticale, horizontale ou que les Insectes sont suspendus au
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plafond d’une chambre. Néanmoins, avec un peu d’habitude, on peut reconnaître immédiatement un Cu/ex d’un Anopheles, car ils diffèrent non seulement par la manière dont ils se posent, mais encore par la forme de leur corps. Si l’on fait passer une ligne droite par la tête et le thorax de l’Insecte et une autre par l’abdomen, ces deux lignes se rencontrent en formant un angle beaucoup plus aigu chez les Culex que chez les Anopheles; en d’autres termes, l’abdomen est infléchi sur le thorax chez les Culexæ, tandis qu’il se continue presque directement avec lui chez les Anopheles.
. Les Anopheles sont désignés vulgairement comme tous les autres représentants de la famille des Culicidés, sous les noms de Moustiques, Cousins et Mosquitos ou Maringouins en Amérique. leur genre de vie est à peu près le même que celui des autres Moustiques.
Ils pondent leurs œufs à la surface des eaux stagnantes des mares ou des étangs. Ceux-ci surnagent, disposés soit en rubans (A. Claviger), soit en étoiles (A. bifurcatus). Ils sont probablement orientés de différentes manières chez les autres espèces, mais la disposition particulière à chacune d’elles est encore inconnue.
Au bout de deux jours, la larve éclot et grandit rapidement, après une série de mues successives. Elle a un aspect vermiforme, une tête distincte, mobile et plus large que longue. Le premier anneau thoracique est plus large que le reste du corps. Le septième et dernier anneau de l’abdomen se termine par une touffe de soies natatoires. Entre le dernier et l’avant-dernier anneau se trouvent à la face dorsale, deux orifices à chacun desquels aboutit un gros tronc trachéen; ce sont les stigmates (fig. 9). Nous avons déjà indiqué la position que prennent les larves d'Anopheles quand elles viennent respirer à la surface de l’eau. Dès qu’on l’agite, elles regagnent le fond avec une grande célérité et par une série
Des de soubresauts, et reviennent à la surface quand toute agitation a cessé. La bouche de la larve est munie d'organes rotatoires, qui lui permettent de se nourrir aux dépens des particules alimentaires en suspension dans l’eau.
Environ quinze jours après l’éclosion, la larve se transforme en nymphe. Celle-ci est également aquatique, mais ne prend plus aucune nourri- | ture. Sa tête est volumineuse et infléchie sur la face ventrale ce qui lui donne l’aspect d’un point d’interrogation. Sur le sommet de la tête se trouvent deux gros tubes respiratoires, qui aboutissent aux stigmates (fig. 13). Les nymphes respirent également l'air atmosphérique, elles se lais-
sent monter verticalement Fig. 43.— Nymphe d'Anopheles Claviger = 5 d’après Mer . 8, tube sti tifère.
dans l’eau jusqu’à la surface Sep Se CNET
et quand les stigmates ont été un certain temps en rapport
Fig. 14, — Commencement del’éclosion du Moustique (d’après J. Guranrt).
avec l’air,elles agitent brusquement leurs palettes natatoires et s’enfoncent de nouveau dans l’eau.