HORS
Les moyens indirects consistent à dessécher le sol au prix de travaux souvent considérables ou à empêcher l’eau de s’y accumuler et par conséquent à enlever aux larves d'An0pheles l'élément nécessaire à leur existence. Je citerai seulement quelques-uns des procédés employés depuis fortlongtemps, bien avant qu’on connaisse le rôle des Moustiques dans la propagation de la maladie. Ce sont le drainage du sol, l’endiguement des fleuves pour empêcher les inondations périodiques, le désséchement des marais et des étangs. Il arrive parfois que les marais sontsitués au-dessous du niveau de la mer ; c’est ce qui a lieu dans la campagne romaine, auxenvirons d'Ostie et de Fiumicino. Il a fallu exécuter des travaux très importants, établir des canaux d'écoulement et des réservoirs, d’où l’eau estrejetée dans la mer par des pompes puissantes. Mais ces travaux n’ont pas donné les résultats qu’on en attendait et le desséchement n’a jamais pu être obtenu complètement. Par un procédé analogue, on est parvenu en Hollande à dessécher le lac Harlem et de nombreux marais situés également au-dessous du niveau de Ia mer.
La culture du sol et les plantations de Pins et d’Æucalyp- {us peuvent rendre quelques services et l’on a vu des pays humides et malsains, tels que la région landaise en France, assainis par des plantations de Pins, qui aspirent une partie de l’eau du sol. Il ne faut pas croire cependant à l’action spéciale de certaines vapeurs essentielles, qui s’exhaleraient des Æucalypltus et seraient nocives pour les Moustiques. Ces plantations ont rendu bien peu de services dans la campagne romaine et les £ucalyplus abritent trop souvent de nombreux Anopheles. Dans les pays chauds, on peut planter des Filaos et des Bambous, qui ont une action asséchante bien connue.
Ce qu’il faut éviter avant tout, c’est d'entretenir, au voisinage des habitations, des mares, des bassins, des puisards,
Fer
des tonneaux d'arrosage, etc. C’est dans ces eaux stagnantes que fourmillent les larves d’Anopleles, qui, aussitôt écloses, envahissent la maison voisine. Pour la même raison on devra éviter de laisser l’eau séjourner dans les ruisseaux des villes malsaines et il faudra paver les rues pour empécher la formation de dépressions, où l’eau s’accumule après chaque pluie.
Les moyens directs consistent à détruire les larves dans l’eau. Dans les lacs ou les grands étangs, l'élevage du Poisson doit être préconisé. Les Poissons vivent aux dépens d'un grand nombre de larves d’Insectes, entre autres de larves de Moustiques. On a aussi proposé de favoriser le développement des Libellules. Ces Insectes, très carnassiers et aquatiques pendant leur phase larvaire, se nourrissent, à l’état adulte, des Moustiques adultes, et à l’état larvaire de leurs larves, dont ils peuvent détruire une grande quantité.
Quand il s’agit d’une masse d’eau moins considérable, d’une mare, d’un réservoir, d’un bassin, d’un petit étang on peut employer l'huile de pétrole, que l’on répand en couche mince à la surface de l’eau. J'ai fait quelques expériences avec des larves de Culex, et au bout de trois heures, toutes avaient succombé. En effet le pétrole forme une barrière infranchissable entre l'air atmosphérique et l’eau. Quand les larves viennent respirer, une gouttelette de pétrole s’attache aux poils qui entourent leurs stigmates, y adhère, même quand l'animal gagne le fond de l’eau et ferme ainsi complètement les orifices respiratoires. La larve fait de grands efforts pour s’en débarrasser, sans y parvenir, et meurt rapidement. On peut reprocher à cette méthode de contaminer Peau, mais les bestiaux, qui, au début, éprouvent une certaine répugnance à la boire, s’y habituent, paraît-il, assez vite. Ce procédé ne présente pas d’inconvénients sérieux et me semble préférable à ceux qui consistent à faire dissoudre dans l’eau
des substances antiseptiques telles que : permanganale de potassium, vert de malachite, larycithe, etc. |