‹ Les Hématozoaires du PaludismeChapitre 56 sur 63 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — Les Hématozoaires sont des Sporozoaires de l'ordre des Hémosporidies, vivant généralement en parasites dans les hématies des Vertébrés; on peut donner le nom d’Aémosvoridiose aux manifestations morbides qu’ils provoquent.

IT, — Il existe trois espèces d'Hématozoaires pathogènes pour l'Homme et spécifiques du paludisme; elles peuvent se trouver isolées ou associées chez le même malade ; elles n’ont jamais étérencontrées chez les animaux. Cesont: P/asmodium malariæ (LaAvErAN, 1881), Plasmodium vivax (Grassi et Fe-

cer, 1890) et Laverania malariæ Grass et FeLern, 1890.

IT. — Ces trois espèces appartiennent à deux genres distincts, caractérisés par la forme tout à fait différente des gamètes. Ces gamètes sont sphériques dans le genre ?/asmodium eten forme de croissant dans le genre Laverantia.KElles sont ovalaires dans le genre Hæmamæba, voisin des précédents et composant avec eux la famille des Z/æmamæbide. Ce dernier genre n’est pathogène ni pour lHomme ni pour les Mammifères, mais seulement pour certains Oiseaux.

IV. — Les Hématozoaires appartenant aux trois genres précédents passent une phase de leur existence (schizogonie) dans le sang de l'Homme (P/asmodiumet Laverania)ou des Oiseaux (Ææmamæba) et une autre phase (sporogonie) dans le corps de certains Moustiques du genre Anopheles (Plasmodium et Laverania) ou du genre Culex (Hæmamæba).

V. — Dans l’état actuel de nos connaissances, ce sont toujours et seulement les Anopheles femelles qui servent d’hôtes intermédiaires aux trois espèces d’Hématozoaires du paludisme. Les œufs, les larves, les nymphes et les mâles ne renferment jamais de parasites.

VI. — Cest en piquant un individu atteint de paludisme que l’Anopheles s'infecte; c’est en piquant un individu sain que l’Anopheles infecté transmet la maladie.

VIL — Les Hématozoaires du paludisme passant toute leur vie soit dans le sang de l'Homme, soit dans le corps de l'Anopheles, il en résulte qu’on ne les trouvera jamais libres dans la nature, ni dans le sol, ni dans l’eau, ni dans l'air. Les théories tellurique, hydrique, miasmatique disparaissent; seuls, les Anopheles inoculent le paludisme à l'Homme.

VIT. — La prophylaxie du paludisme doit donc consister à détruire les Anopheles à l’état adulte ou larvaire et à se garantir de leur piqüre.

IX. — La cure des paludiques au moyen de la quinine est également très importante au point de vue de la prophylaxie générale, car elle prévient l'infection de nouveaux Anopheles.

X. — D’autres Hémosporidies, vivant dans le sang des Vertébrés, doivent évoluer d’une façon analogue aux Hématozoaires du paludisme et de certains Oiseaux et passer une partie de leur existence chez un hôte intermédiaire, qui sert à la dissémination du parasite. Il y a là un sujet de recherches zoologiques du plus haut intérêt. Enfin il existe probablement des maladies tropicales, dont l’étiologie est encore fort obscure et qui sont peut-être produites par des organismes se rapprochant plus ou moins des Hématozoaires.

Vu : Le Président, R. BLancHaRD Vu : Le Doyen P, BROUARDEL.

Vu et permis d'imprimer, Le Vice-lecteur de l'Académie de Paris, GRÉARD.

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