‹ Les Hémiplégies HomolatéralesChapitre 13 sur 46 · DD · texte numérisé non relu

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L'enfant entre en avril 1908 dans le service de M. Duret (Hôpital de la Charité à Lille). En raison de ce fait que le traumatisme a porté sur le pariétal droit, la trépanation est faite en cette région.

L'opération ne décèle qu’un développement marqué des veines dure-mériennes. L’écorce cérébrale paraît saine.

Quelques jours après l’opération, signes d’infection (délire, fièvre). Un mois après, l'enfant quitte l'hôpital avec un léger degré de hernie de cerveau. *

12 juin. — La hernie a grossi; elle s'accompagne d’une hémiplégie droite. Le chatouillement de la plante des pieds amène l'extension du gros orteil. Le réflexe rotulien et le réflexe achilléen sont nettement exagérés; on obtient facilement le clonus du pied et celui L Va rotule. La sensibilité paraît normale.

En juillet, l'enfant meurt en quelques jours d’une méningite purulente septique {ouverture d'un abcès herniaire dans les ventricules). Pas d’autopsie.

HEMIPLÉGIES HOMOLATÉRALES DANS LES TUMEURS CÉRÉBRALES

OBSERVATION IX BABINSKI et CLUNET. — Hémiplégie siégeant du même côté que les tumeurs. (Revue Neurol., 1908.)

C..., âgé de quarante-trois ans, entre le 9 avril 1908 à la Pitié; il est atteint d’une paralysie qui occupe tout le

- côté droit du corps.

La face est légèrement parésiée. Le membre supérieur au contraire est presque inerte ; le membre inférieur est un peu moins paralysé que le membre supérieur. Le malade, il est vrai, est incapable de se tenir debout sans appui, mais quand il est soutenu de chaque côté, il peut faire quelques pas. Les réflexes tendineux sont faibles des deux côtés, et à peine plus forts à droite qu’à gauche.

On constate le signe de l’orteil et celui du peaucier.

Les membres du côté de l’hémiplégie ont conservé de la souplesse et on ne note aucune tendance à la contracture.

Le malade se plaint d’une céphalée vive et permanente; il n'existe pas de trouble appréciable de la sensibilité.

Le 3 mai, le malade est dans le même état, si ce n’est que la céphalée a augmenté. Une ponction lombaire donne alors issue à du liquide céphalo-rachidien qui sort en jet et à l'examen cytologique on constate une lymphocytose pure et très marquée. ;

Le malade qui a contracté la syphilis à l’âge de vingt ans est soumis à des frictions mercurielles quotidiennes et on lui pratique une injection intramusculaire de 5 centigr. de calomel. Huit jours après le début de ce traitement le

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malade sort de son état de demi-prostration; il se lève et marche sans soutien.

L'amélioration est de courte durée.

Le 17 mai, il est dans l’impossibilité de se tenir debout etmême assis sans être soutenu. On décide une intervention chirurgicale. |

Le 1* Jun, craniectomie gauche pratiquée par M. Gosset; mise à nu de la dure-mère sur une surface de 15 cem.? environ, répondant à la face externe de l'hémisphère gauche. La dure-mère extrêmement tendue fait une légère hernie à travers le cadre osseux.

On réapplique le lambeau ostéo-cutané.

Mort le 3 juillet dans le coma.

Autopsie le 4 juillet.

Hémisphère gauche : au niveau des bords de la hernie cérébrale qui fait saillie de plus d’un travers de doigt sur toute l'étendue de l’orifice cranien, on constate une petite hémorragie méningée. Le reste de l'hémisphère paraît indemne ; pas de tumeur.

Hémisphère droit : on constate la présence de trois tumeurs méningées, unelatérale, deux inférieures, toutes trois indépendantes de la dure-mère. u

La tumeur latérale presque sphérique, lisse, du volume d’une grosse noix est enclavée dans la vallée sylvienne.

Les deux tumeurs inférieures ont le même aspect macroscopique : l’antérieure grosse comme une amande est accolée au lobe orbitaire: l’autre, qui atteint le volume d'une noix, occupe la partie antérieure de la première circonvolution temporo-occipitale. Si on pratique une coupe horizontale des deux hémisphères, passant par la capsule interne, on est frappé de ce fait que la scissure inter-hémisphérique est fortement rejetée à gauche du plan sagittal médian du corps. L’hémisphère droit auquel sont appendues les tumeurs parait ainsi un tiers plus large que l'hémisphère gauche qu'il refoule. La

moitié droite de l’encéphale est tout entière comme distendue par un œdème qui se serait développé progressivement et aurait comprimé la moitié gauche. :

En résumé cette observation montre que dans les néoplasmes intra-craniens avec hémiplégie, la paralysie peut siéger du même côté que le néoplasme. Elle semble montrer enfin que ces hémiplégies paradoxales, dont on a rapporté un certain nombre de cas, peuvent être dues à une compression qu'exerce l'hémisphère du côté de la lésion sur l'hémisphère du côté sain.

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