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OBSERVATION XXIV

F. GrANNULI. — Paralysie homolatérale par hémorragie du lobe temporal. (Revista di Patholog. nervosa e mentale, vol. XXIIT, 1918.)

Notre observation porte sur une femme âgée de cinquante-neuf ans. De nombreux apoplectiques sont à noter parmi ses ascendants; rien à noter dans ses antécédents personnels. Trois ans avant son internement, elle commença à se plaindre de vagues troubles neurasthéniques qui furent considérés comme des phénomènes d’artériosclérose. Ces troubles, aux approches de la 60° année, dégénérèrent en une véritable forme psychopathique, prélude certain de démence.

Un certain jour la malade se leva de son lit en se plaignant à l'infirmière d’un malaise insolite. Peu après le diner, alors qu’elle était assise, elle se leva brusquement et, en proie à un vertige rotatoire (tournant à gauche sur elle-même), elle alla avec violence tomber au pied d'un escalier qui donnait dans sa chambre, se heurtant lourdement la tête aux marches, où elle resta inanimée. Elle présenta alors du strabisme convergent, une déviation peu accentuée du globe oculaire gauche, une mydriase bilatérale, de l’immobilité de la pupille, une abolition du

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LÉ réflexe conjonctival, de l’hyperextension des membres du côté gauche, une respiration stertoreuse, un pouls plein, tendu, un peu de bradycardie, un visage congestionné avec émission d’un peu de bave, des réflexes superficiels abolis, une perte de connaissance.

Transportée dans son lit, elle conserva le décubitus dorsal qui lui fut donné et resta dans le coma. Aùü bout d'environ 24 heures, la température s’éleva à 39° et dans la nuit qui suivit, la malade fut en proie à des accès convulsifs, de type nettement jacksonien avec secousses cloniques convergentes des globes oculaires et contraction de la moitié du visage et des membres homolatéraux, accès de durée prolongée qui se répétèrent en série.

Ensuite les phénomènes aigus, que nous avons décrits, disparurent peu à peu, mais on nota une tendance manifeste au vomissement ; les accès jacksoniens se montrèrent à intervalles irréguliers; le pouls et la respiration redevinrent normaux, la température s’éleva toujours de 5 dixièmes vers le soir et cet aspect général se maiïntint Jusqu'à la mort de la malade qui survint deux mois après l’ictus.

Récapitulons ici les symptômes permanents qui se manifestèrent après le coma : la paupière gauche tombait plus

que la droïte; la langue tirée au dehors était déviée

légèrement à droite et ne présentait ni tremblement fibrillaire, ni secousses. La force musculaire était diminuée à gauche; les réflexes supérieurs étaient très vifs des deux ‘côtés ; le réflexe rotulien et l’achilléen étaient plus exagérés à gauche; le Babinski n'existait ni à droite ni à gauche. Les deux pupilles réagissaient d’une façon paresseuse aussi bien à la lumière qu’à l’accommodation; la sensibilité tactile n’était ni diminuée ni limitée; quant à la sensibilité à la douleur, on observait que sur les membres il fallait pratiquer un fort pincement pour obtenir des mouvements de défense de la part de la

malade, tandis que de légères douleurs provoquées sur le thorax et l'abdomen la faisaient sursauter.

Quant au langage de la malade, il consistait en un ensemble de phrases brèves et de paroles assemblées sans aucune liaison logique. Cette femme mourut dans une des séries d'attaques qui lui étaient coutumières.

Autopsie : la dure-mère se détachait facilement de la calotte à laquelle elle n’était pas adhérente. La pie-mère était œdématiée, rouge.

Les circonvolutions n'étaient pas amincies et les sillons pas élargis. On pratiqua dix coupes frontales, sur lesquelles on constata que la substance corticale était un peu diminuée, mais aucune lésion ne fut trouvée dans la région de la capsule ou des noyaux de la base, rien non plus dans le cervelet ni dans le bulbe.

Dans la substance blanche de la 2° circonvolution temporale gauche on trouva une cavité longue de 3 cm., remplie d’un caillot de sang noir qui, à la périphérie, présentait une mince couche de liquide gris-jaunâtre. Pour éclairer davantage le tableau clinique, le bulbe fut durei dans du liquide de Müller et des coupes faites au niveau du croisement des voies pyramidales -furent colorées au Weigert-Pal; on put ainsi se rendre compte du croisement complet de ces dites voies.

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