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HISTORIQUE

On sait depuis Galien que les lésions des hémisphères cérébraux ont un effet croisé et se révèlent cliniquement par la perte de la motilité et des forces musculaires du côté opposé à la lésion cérébrale.

« Telle est la loi, disaient Charcot et Pitres, elle est établie sur d'innombrables observations et trouve son explication naturelle dans le fait de la décussation des faisceaux pyramidaux au niveau de l’entrecroisement de Mistichelli. » Et ils ajoutaient : « Gette loi n’est pas absolue; il existe dans la science quelques observations d’hémiplégies d’un côté du corps provoquées par des lésions de l'hémisphère cérébral du même côté. »

Depuis que Mistichelli en 1809 a découvert et décrit l’entrecroisement des pyramides au niveau du bulbe, ces sortes d’hémiplégies ont souvent attiré l'attention des médecins. Nasse le premier en 1845 les aurait étudiées; après lui, Forestus, Morgagni, Dechambre, Wood, Wirchow, Vulpian, Charcot, Brown-Séquard, Brissaud, Dejerinée, P. Marie, Monakow, Morselli, Bonola, etc... se sont aussi occupés de la question. Bien que cgs nombreuses études aient contribué à la connaissance de l’hémiplégie homolatérale, elle est bien incomplète encore, puisque nous ignorons tout de sa pathogénie.

Tandis que Brown-Séquard prétend posséder plus de 200 cas d’hémiplégies homolatérales (dont la majorité n'est pas suivie d'autopsie et dont quelquesunes présentent une étude anatomo-pathologique tout à fait insuffisante), Charcot affirme qu’elles sont beaucoup moins fréquentes qu’on a voulu le prétendre. Bonola, dans le « Bullettino delle Cliniche » de janvier 1917, en cite 4l cas qui ont été observés dans les différents pays et suivis d’autopsie, et Morselli dans les « Quaderni de Psichiatria » (N° 5 et 6 de 1919) sept cas qu'il a étudiés lui-même sur des blessés de guerre, mais malheureusement nous n'avons pu les rapporter dans le cours de notre travail car il nous a été impossible de nous procurer en Italie ces journaux qui sont totalement épuisés.

Le professeur P. Marie les appelle hémiplégies collatérales; le professeur Dejerine leur donne le nom d’hémiplégies directes; MM. Dupré, Camus, Oppenheim, celui d'hémiplégies homolatérales. Le professeur Dejerine nous apprend que les cas d'hémiplégies directes sont exceptionnels et que parmi le petit nombre d'observations rapportées, toutes ne sont pas à l'abri de la critique.

Le professeur P. Marie fait remarquer que c’est surtout dans les cas de pachyméningite hémorragique que l'on rencontre des paralysies collatérales.

Il existe des cas très rares, mais authentiques, où l'hémiplégie du même côté que la lésion résulte d’un défaut de décussation des faisceaux pyramidaux. Mais en dehors de ces cas, on a signalé des hémiplégies

homolatérales, très rares du reste, avec décussation normale des faisceaux pyramidaux. Celles-ci sont observées à la suite de : traumatismes ou fractures du crâne, tumeurs cérébrales et méningées, abcès cérébraux, hémorragies de la dure-mère, hémorragies méningées, hémorragies cérébrales et cérébro-méningées, hémiplégie infantile.

C’est à leur étude que nous allons consacrer notre travail, en rapportant un cas inédit, suivi d’autopsie, qui a été observé dans le service de M. le docteur Aubertin, à l'hôpital Saint-Louis et 27 autres cas résumés, tirés de la littérature médicale.

SENUME

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