OBSERVATION II
Bonora. — Contributo allo studio dell’ emiplegia omolaterale. (Bullettino delle Scienze Mediche, août 1916.)
Ci... F., âgé de vingt-deux ans, eut dans son enfance la fièvre typhoïde et une broncho-pneumonie, ensuite sa santé fut bonne. Pas d’alcoolisme, pas de syphilis, mère sujette à des crises convulsives d’origine hystérique.
Il était soldat au ...® Génie quand, le 11 décembre, il fut atteint par un éclat de shrapnell qui alla s'implanter dans l'épaisseur de l’os frontal gauche.
À peine blessé il tomba et fut pris d’une crise convulsive, avec perte totale de conscience, qui dura quelques minutes. Cet accès, au dire du malade, fut précédé d’une sensation de tiraillement diffus dans les membres supérieurs.
Un médecin retira l'éclat de shrapnell inclus dans l'os frontal, mais aussitôt après l'opération le malade fut pris subitement d’un accès convulsif semblable au premier.
Le jour suivant, transporté dans un hôpital de campagne, il eut encore deux accès convulsifs, mais plus faibles que les précédents, toujours accompagnés d’une perte totale de conscience.
Le 25 décembre 1915, il fut envoyé à l’hôpital Marguerite de Savoie, où au bout de quelques jours on constata que la plaie du frontal était tout à fait cicatrisée. Mais bientôt
le blessé présenta une céphalée violente, pulsatile, presque
continuelle et localisée surtout dans la région frontale droite (côté opposé à la blessure) avec de fréquents ver-
tiges et une diminution de l’acuité visuelle surtout à gauche.
A cause des signes d’hypertension intracranienne persistante, on lui conseilla une intervention chirurgicale qui fut pratiquée par le professeur Gamberini, le24janvier, et qui fit voir que la face externe du frontal présentait un enfoncement de la dimension d’une pièce de 20 centimes, formant une grosse esquille à contours déchiquetés, adhérant fortement à la dure-mère. Celle-ci apparaissait complète, mais granuleuse et un peu déprimée au niveau de l’esquille. |
Les suites de l'opération furent bonnes, maïs quelques jours après, le malade fut frappé brusquement d’hémiplégie gauche. On constata alors que les réflexes ostéotendineux des membres supérieur et inférieur gauches, spécialement les réflexes rotulien et achilléen étaient manifestement exagérés. Le réflexe cutané était normal, sauf le plantaire gauche qui présentait le phénomène de l'éventail. Le malade quitta l'hôpital le 15 mars, très faible et paralysé du côté gauche. Il revint, pour être examiné, le 20 avril.
A cette date on constata que la céphalée avait disparu et que la blessure opératoire s'était normalement cicatrisée.
Le malade, en marchant, fauchait légèrement. Il put rester debout les yeux fermés.
Les réflexes ostéo-tendineux étaient pour le membre supérieur, normaux à droite, un peu exagérés à gauche. Pour le membre inférieur le rotulien et l’achilléen étaient plus forts à gauche qu’à droite. Il y avait-du clonus du pied gauche.
Quant aux réflexes cutanés, ils étaient normaux des deux côtés pour les abdominaux supérieur et inférieur, le
plantaire droit donnait la flexion, à gauche signe de Babinski.
Aucun symptôme cérébral.
La sensibilité superficielle était troublée : il existait une kypoesthésie à gauche pour le toucher, la douleur, le chaud et le froid, marquée surtout à l'extrémité des membres. Il en était de même pour la sensibilité profonde ; la sensation de pression était diminuée dans toute la moitié gauche du corps.
En terminant cette étude, je ferai remarquer que l’'hémiplégie homolatérale, survenue après l’acte opératoire, avait tous les caractères d’une hémiplégie d’origine corticale; que le trauma violent supporté par le malade du fait de sa blessure (éclat de shrapnell implanté dans l’os frontal gauche) n'avait pas déterminé de signes d’hémiplégie homolatérale ou controlatérale immédiats ou tardifs; et que l’hémiplégie homolatérale, dont le malade est atteint actuellement, s'était développée par la suite après la craniectomie, 43 jours après la date de la blessure.
Pour rendre rationnelle la pathogénie de l’hémiplégie homolatérale survenue à notre sujet, nous pouvons supposer avec un certain fondement que le trauma opératoire subi par C... au niveau du frontal gauche, avait exercé une action sur l'hémisphère du côté opposé, précisément sur la zone rolandique droite et déterminé une secousse qui avait dû occasionner un état congestil et un point de ramollissement ecchymotique suflisants pour expliquer l'apparition du syndrome hémiplégique.