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Après sa déhiscence, le follicule subit des modifications qui le transforment en corps jaune.
Ces modifications sont au début si rapides et si intenses que les stades initiaux du corps jaune sont très difficiles à préciser.
Pour Ro8erT MEYER, avant d'arriver à sa période d'état, le corps jaune passe par deux phases :
— une phase de prolifération cellulaire,
— une phase de prolifération vasculaire.
La période de prolifération est caractérisée par la multiplication et l’hypertrophie des cellules granuleuses qui gonflent et s’allongent. Elle s'accompagne d’une vasodilatation des vaisseaux de la thèque interne mais ceux-ci ne franchissent pas la membrane de Slavjansky.
Elle durerait vingt-quatre heures.
La période de vascularisation correspond à l’infiltration de la totalité des parois du corps jaune par des néo-capillaires.
Les uns partent du réseau périthécal, les autres résultent de la prolifération de lendothélium des capillaires déchirés de la thèque interne.
Notre Maître, M. MouLonGuer-DoLéRis, qui a consacré des travaux très importants à l’étude du corps jaune n’admet pas ces deux phases dans la constitution du corps jaune.
Il a pu préciser celle-ci grâce à quelques pièces, dont une correspond justement à une hémorragie intrapéritonéale, grâce surtout à la rencontre d’un foillicule dont une moitié était restée au stade folliculaire, tandis que lPautre avait subi la transformation lutéinique.
C’est d'emblée que la membrane de Slavjansky est traversée par des néo-capillaires graciles dont on trouve la lumière béante au milieu des cellules de la couche interne.
La prolifération ceilulaire pure ne s’observe donc pas dans la métamorphose lutéinique, elle appartient soit aux derniers stades de la maturation folliculaire, soit à l’évolution astrétique.
La prolifération cellulaire marche de pair avec la prolifération vasculaire, elle intéresse les deux couches de cellules du follicule maïs surtout sa couche interne.
En même temps une modification essentielle se produit dans ces cellules internes : dans le protoplasma qui entoure
un gros noyau contracté et chromophile apparaissent des grains lipidiques.
Deux caractères différencient donc le corps jaune jeune du follicule :
— la charge lipidique des cellules internes,
— l’irruption des vaisseaux à travers la membrane de Slavjansky.
Ce qui le différencie du corps jaune définitivement constitué, c’est l’aspect de la couche interne qui rappelle selon la comparaison de MouLONGuET celui d’une culture de tissus : les cellules très mitotiques ont des limites indistinctes et paraissent anastomosées en réseau.
A la période d’état, le corps jaune se présente sous la forme d’une cavité centrée par un caillot et limitée par une paroi godronnée et plissée, d’une couleur variant du blanc jaune à l’ocre pâle.
Une membrane conjonctive sépare les cellules lutéiniques du caillot central.
Les cellules lutéiniques ont maintenant des limites nettes. Elles forment une couche épaisse. Elles renferment un noyau nucléolé volumineux et souvent concentrique avec un protoplasma abondant et éosinophile. Il n’y a presque plus de chondriocontes mais de nombreuses mitochondries vésiculaires. Elles contiennent des petites gouttes très fines de lipoïdes en majeure partie isotropes et stabiles, c’est-à-dire ne s’éclaircissant pas lorsqu'on traite par le xylol une coupe osmiquée (réaction de Bernard et Bigart).
La couche périphérique, beaucoup plus mince que la couche interne, est formée de cellules appelées par les Allemands, cellules thécales. Elles se trouvent groupées en alvéoles séparées par des émanations de la thèque externe.
Elles sont cubiques, de faible dimension, avec un noyau rond granuleux.
Elles contiennent des lipoïdes en grande abondance rassemblés en grosses gouttes biréfringentes et labiles.
Les vaisseaux sanguins rampent à la surface du corps jaune et pénètrent dans sa paroi suivant une direction radiée. Ce sont de très fins capillaires où le sang circule entre deux rangées de cellules fusiformes très aplaties.
L'origine du caïllot qui centre la cavité du corps jaune a